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Mobilité régionale : un car express en projet de Niort à La Rochelle

Écosystème
lundi 08 avril 2024

Une partie des élus qui composent le Pôle métropolitain centre Atlantique lors de leur dernière réunion à Rochefort, le 5 avril 2024. Photo : C.C-S.

Les présidents des 10 intercommunalités composant le Pôle Métropolitain Centre Atlantique étaient réunis à Rochefort le 5 avril pour évoquer ensemble les points d’actualité de cette structure de coopération territoriale. La mobilité était notamment à l'ordre du jour avec un projet de création d'un service de car express pour relier Niort à La Rochelle.

Projet de création du Parc Naturel Régional « Marais littoraux charentais », échanges sur la prise en charge des catastrophes naturelles (séisme, sécheresse, inondations…), révision des consommations foncières dans les documents d’urbanisme ou encore mobilités étaient au programme de la réunion du Pôle métropolitain centre Atlantique*, le 5 avril, à Rochefort. « Nous ne sommes pas une structure juridique organisée, nous sommes en entente entre nos collectivités, avec nos agents et directeurs, il y a une synergie de compétences mais pas de syndicat. Il s’agit de porter ensemble, avec plus de poids différents sujets », a rappelé Hervé Blanché, président de la Communauté d’agglomération Rochefort Océan. En effet, son fonctionnement associatif est régi par une charte de projet signée par les représentants des 10 intercommunalités membres qui leur permet de partager de nombreux enjeux et perspectives ouvrant sur des projets structurants dans les domaines de l’emploi, l’économie, la formation, la santé, les transports…).

La mobilité : sujet prégnant

La mobilité est un des sujets toujours très prégnants (TER, bus et car) des réunions du Pôle métropolitain centre Atlantique. Déjà en décembre dernier, les élus tiraient la sonnette d’alarme pour améliorer l’offre ferroviaire (lire notre article). Leur démarche a été d'abord d'exprimer collectivement leurs besoins dans un livre blanc. « Les régions Pays de la Loire et Nouvelle-Aquitaine n'ont pas exactement le même regard sur le sujet… Mais la bonne nouvelle aujourd'hui, c'est que la région Nouvelle Aquitaine est en train de traduire en plan d’action, en fiches projets l’ensemble de notre dossier du Pôle métropolitain », explique Jean-François Fountaine, président de la Communauté d’agglomération de La Rochelle avant de poursuivre : « Ligne par ligne, ce sont à la fois des investissements sur lesquels nous nous battons et une offre de service. La Région nous dit que si on veut faire mieux, il va falloir mettre la main à la poche. Oui, pourquoi pas, mais la position que l’on a défendue ce matin est de dire qu'il nous faut d’abord une offre socle de qualité. Si on a un TER toutes les demi-heures sur les lignes les plus fréquentées aux heures de pointe, c'est déjà une étape mais ce n’est pas à nous de le financer. Si par contre, on veut une offre encore plus complète, nous examinons sujet par sujet, collectivité par collectivité, ce que l'on peut faire de mieux. Donc on passe maintenant d'une phase projet à une dimension de mise en œuvre de ce projet ».

Forte attente sur les TER

En effet, les élus ont constaté une forte attente de la population sur les TER. Entre La Rochelle et Rochefort, une gare comme Châtelaillon est passée de 80.000 à 120.000 passagers par an. Sur la ligne qui va vers Niort, la gare d’Aigrefeuille-le-Thou a vu sa fréquentation augmenter de 54%. La Rochelle est passée de 2 millions, il y a quatre ans, à 3 millions de passagers aujourd'hui. L'essentiel de l'accroissement est donc sur les TER qui sont bondés. « Sur la ligne La Rochelle-Rochefort-Saintes, le cadencement n'est pas satisfaisant donc il y a des études de l'ordre de 400.000 euros qui vont être financées par les Agglomérations, le Département et la Région. Elles vont nous permettre de passer éventuellement le cap des travaux qui sont de 35 à 50 millions d’euros », précise Hervé Blanché. Parmi les autres sujets abordés par le Pôle métropolitain centre Atlantique : la question de la réouverture de la gare de Marans pour aller vers la Vendée mais aussi l’ouverture d’une deuxième voie entre La Roche-sur-Yon et La Rochelle dont l’étude est inscrite dans le contrat plan État Région.

« On est une métropole multipolaire »

« Il y a une grande métropole nantaise, une grande métropole bordelaise et nous, on est une métropole multipolaire qui représente un bassin de population considérable avec des besoins de mobilité que l’on doit gérer par des TER », souligne Jean-François Fountaine. Un projet de service express régional métropolitain a donc été évoqué pour desservir les endroits qui ne sont pas couverts par le ferroviaire pour aller de Niort à La Rochelle. « Les habitants qui habitent Ferrières et veulent aller à Niort ou La Rochelle n’ont pas de TER. D'où l'idée d'un car rapide avec très peu d'arrêts dont un dans la zone économique de Périgny avant de se rendre à la gare de La Rochelle. Il y a encore des ajustements à faire. La Région sera partenaire et il y a des répartitions à finaliser entre nous », indique Jean-François Fountaine. Un test devrait être lancé prochainement pour s’assurer qu’il y a un public.

Un foncier contraint par le SRADDET

« Dans le SRADDET tel qu'il est en révision, il y a des caractéristiques par territoire. A Rochefort, on n'est pas bien lotis car on devait réduire de 50% mais comme on est classifié dans le périmètre littoral et rétro littoral, on est passé à -55%. Ces 5 % qui représentent 12 hectares vont nous poser problème », déplore Hervé Blanché. Du côté de La Rochelle, la réduction est de -53%. « C'est une décision nationale positive qui amène une complexité locale avec des contraintes sur les zones économiques et le logement. On partage donc nos expériences sur comment intelligemment réduire la consommation d'espaces agricoles. Nous avons l’exemple de Zeiss à Périgny qui construit sa future usine de manière totalement verticale », ajoute Jean-François Fountaine. 

La prochaine réunion du Pôle métropolitain sera sur le thème du logement afin de confronter les expériences des différents territoires.

*Le Pôle métropolitain centre Atlantique rassemble 10 EPCI situées sur les régions Nouvelle-Aquitaine et Pays de la Loire (Communautés d’agglomération de La Rochelle, du Niortais, Rochefort Océan, Pays de Fontenay Vendée, Sud-Vendée Littoral, ainsi que les Communautés de communes Aunis Sud, Haut-Val-de-Sèvres, Aunis Atlantique, Val-de-Gâtine et Vendée-Sèvre-Autise). Cela représente une population de plus de 580 000 habitants.

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