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Après une année solide, la CEAPC se projette vers 2024 - Premium

Stratégie
mardi 03 mai 2022

Dominique Goursolle-Nouhaud, présidente du conseil d’orientation et de surveillance, et Jérôme Terpereau, président du directoire de la CEAPC - photo Frédéric Guy

Au terme d’une année 2021 marquée par une activité et des résultats en hausse, la Caisse d’Epargne Aquitaine Poitou-Charentes engage la mise en œuvre de son plan stratégique à horizon 2024, avec la volonté affichée de renforcer son accompagnement à l’activité économique régionale, tous secteurs confondus, ainsi qu’aux transitions sociétales. La banque régionale vise par ailleurs une labellisation B-Corp dès 2023.

Forte de ses 2450 collaborateurs, 345 agences et 1,3 million de clients, la Caisse d’Epargne Aquitaine Poitou-Charentes (CEAPC) a bouclé 2021 sur une série d’indicateurs en hausse, avec un produit net bancaire (équivalent du chiffre d’affaires) qui ressort à 493 millions d’euros, en hausse de 2,7% sur un an, et des encours d’épargne et de crédit en croissance respective de 6%, à 37 milliards d’euros, et 2,7%, à 22,8 milliards d’euros. Résultat des courses, le résultat net s’établit à 102 millions d’euros, en hausse de 21% sur un an, avec des capitaux propres consolidés de 2,9 milliards d’euros et un ration de solvabilité de 20,82%. « La croissance du résultat est corrélée à notre bonne dynamique commerciale, ainsi qu’à la reprise économique, mais elle découle aussi de notre approche très vertueuse de la gestion des charges, avec des dépenses en baisse de 1,4% sur un an, ainsi que de la baisse des coûts du risque, à -9% », précise Jérôme Terpereau, président du directoire de la CEAPC, qui cèdera le 1er juin prochain son fauteuil à une nouvelle présidente, Frédérique Destailleur.

Sur le volet de l’épargne, la CEAPC indique avoir collecté 1,1 milliard d’euros en 2021, un deuxième plus haut historique après le record de 2020 (2,2 milliards d’euros), année marquée par le début de la crise sanitaire. L’activité financement représente quant à elle une enveloppe totale de 5 milliards d’euros, portée au premier chef par le crédit immobilier, avec plus de 18.000 projets de particuliers financés pour 3,5 milliards d’euros. Là aussi, un deuxième plus haut historique avec une croissance de l’ordre de 10% qui pour la banque régionale confirme un réel dynamisme du marché, au-delà de la hausse des prix de l’immobilier. « Le monde économique avait également beaucoup de projets à financer cette année », commente Jérôme Terpereau. La CEAPC a ainsi adressé 280 millions d’euros de crédits à sa clientèle professionnelle, produit 900 millions d’euros en direction des TPE et PME de son territoire, prêté 300 millions d’euros au secteur public et fléché 150 millions d’euros vers les acteurs du logement social, secteur régional sur lequel elle revendique la position de numéro un parmi les banques privées.

2022, année incertaine

Impossible, à ce stade, de tirer des conjectures précises sur l’exercice en cours. « Le contexte géostratégique va pas mal compliquer l’année 2022, tout comme l’inflation, la hausse du livret A n’étant d’ailleurs pas sans conséquence puisqu’il pèse tout de même quelques milliards d’euros dans nos encours de collectes », explique le président du directoire. La banque régionale anticipe par ailleurs l’éventuel « mur des défaillances » attendues au niveau des entreprises en difficulté suite à la fin du quoi qu’il en coûte. « Nous avions provisionné 25 millions d’euros pour ces défaillances non avérées en 2020, et nous avons continué à provisionner en 2021, à des niveaux toutefois moins élevés. Pour l’instant, nous sommes toujours en dotation », éclaire Jérôme Terpereau.

Autre zone d’ombre, le recrutement, avec un turn-over qui conduit la banque régionale – à l’instar de ses concurrentes - à intensifier ses efforts, le recours à l’alternance, la formation et les mécaniques de promotion interne. « Nous avons recruté 83 alternants en 2021, c’est 34% de plus qu’en 2020, et nous prévoyons d’en recruter 90 cette année », illustre Dominique Goursolle-Nouhaud, présidente du conseil d’orientation et de surveillance. « On ne doit négliger aucun canal de recrutement », abonde Jérôme Terpereau, pour qui les difficultés se concentrent principalement dans les zones rurales, sur des postes de conseiller ou responsable commercial. Entre 600 et 700 recrutements sont ainsi envisagés sur les trois prochaines années, avec déjà une soixantaine de postes à pourvoir sur le site dédié.

Un plan stratégique à horizon 2024

Les difficultés conjoncturelles n’ont pas empêché la CEAPC de plancher sur son avenir : après une année 2020 considérée comme un exercice de transition, la banque régionale indique avoir mis à profit 2021 pour élaborer son plan stratégique à horizon 2024, « investir l’avenir ». Elaboré avec l’ensemble des parties prenantes, des sociétaires aux administrateurs des 14 sociétés locales, il se compose d’une trentaine de chantiers qui doivent permettre à la CEAPC d’accélérer son développement, et renforcer sa position vis-à-vis de l’écosystème régional. « Sur le plan précédent, nous étions dans une optique de transformation. Maintenant que cette transformation est achevée, il faut voir comment on accélère tout en accompagnant au mieux les mutations de la société, qu’elles soient structurelles ou conjoncturelles. Prenez un simple exemple : aujourd’hui, 5% de nos rendez-vous client sont réalisés en visio, je ne serais pas surpris si on atteignait un jour 20% », complète Jérôme Terpereau.

Parmi ces chantiers, la CEAPC indique avoir déjà mené à bien la restructuration de son organisation dédiée au marché des professionnels. La banque entend par ailleurs poursuivre la rénovation de son parc d’agences, avec 30 millions d’investissements en 2022 pour une trentaine d’enseignes, et un effort de l’ordre de 15 millions d’euros par an jusqu’en 2024 pour la suite. Au-delà des 400 millions d’euros d’encours affichés dans le domaine des énergies renouvelables, la transition écologique figure également au chapitre des priorités, avec un objectif de réduction de 15% de ses émissions de CO2 à horizon 2024 par rapport à 2019. « Fin 2021, nous étions déjà à -10%, mais les 5% suivants sont plus délicats à aller chercher », glisse le président régional. Le fonds de dotation de la CEAPC, qui accompagne des associations actives dans les secteurs de la transition et de l’aide aux jeunes, profitera quant à lui d’une enveloppe portée à 1,8 million d’euros à l’échelle de ce plan stratégique.

La CEAPC, qui a nommé des référents philanthropie et RSE parmi ses administrateurs, s’apprête enfin à matérialiser ses engagements au travers d’une labellisation B-Corp, visée aux alentours de juin 2023, comme l’a fait la Caisse d’Epargne Normandie en 2020. « L’ambition générale est de rendre notre Caisse d’Epargne encore plus accessible, et de bien affirmer que nous sommes le seul acteur du territoire à travailler tous les marchés, et tous les segments de clientèle, tout en agissant comme le premier financeur autour de la transition environnementale », résume Jérôme Terpereau.

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