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Recrutement : Parfait pour ce job privilégie les « soft skills » aux diplômes

Demain
mercredi 13 avril 2022

Miguel Munoz et Camille Berteau ont lancé la plateforme le 31 janvier dernier, et se concentrent sur les métiers en tension. Crédits : Parfait pour ce job

La plateforme Parfait pour ce job met en avant les compétences transverses des demandeurs d’emploi, pour faire matcher leurs profils avec les besoins des recruteurs. Un outil qui cible les métiers en tension, demandant peu de qualifications ou une formation en interne.

Camille Berteau et Miguel Munoz se connaissent depuis 9 ans. Elle, a monté une entreprise de services du numérique (ESN) il y a 10 ans, lui est développeur web. Ensemble, ils viennent de lancer la plateforme Parfait pour ce job, qui met en relation les personnes en recherche d’emploi et les recruteurs. Une plateforme qui semble à première vue similaire à plein d’autres, à ceci près qu’ici, les candidats ne transmettent pas de CV… Mais doivent répondre à une série de questions pour déterminer leurs « soft skills », ou compétences transverses. À l’origine de ce projet, qui compte déjà 7.000 candidats sur toute la France et près de 100 entreprises, un constat : certains métiers, en tension, le sont en partie car ils sont méconnus du grand public.

Pour comprendre la genèse du projet, il faut remonter quatre ans en arrière. Nous sommes en 2018, et le duo a des envies de nouveauté, « de sortir du bureau et faire des choses plus créatives ». Ensemble, Camille et Miguel lancent une chaîne YouTube, baptisée Maintenant j’aime le lundi. Ils y réalisent des reportages sur des métiers, « psychologue, maçon, éleveur de volailles », développe Camille Berteau. « Au départ ce n’était pas pour faire du business, reprend la jeune femme. Miguel est le genre de personne qui a une vocation depuis tout petit, alors que moi, c’est tout le contraire. Je change de passion tous les six mois, tout m’intéresse. Je trouvais ça fou, au lycée, de devoir choisir une seule voie. »

Un QCM pour identifier les compétences

Après trois ans de vidéos postées régulièrement en ligne, le binôme se rapproche de Cap Métiers Nouvelle-Aquitaine, la branche orientation de la Région. « Ils nous ont dit qu’ils voulaient bien nous acheter nos vidéos, si on se concentrait sur les métiers en tension », rejoue Camille Berteau. Là, son acolyte et elle constatent que beaucoup de métiers ne trouvent pas preneurs, faute de notoriété. « Par exemple, nous sommes allés tourner une vidéo sur le métier de façadier, dans une PME du Bassin d‘Arcachon, Iso&Face. Le dirigeant nous a dit qu’il avait tellement de difficultés pour recruter, qu’il formait lui-même les personnes. Les salaires, sans être mirobolants, n’étaient pas équivalent au SMIC, et les horaires adaptées… Donc une personne qui aime travailler de ses mains en extérieur, en équipe et qui est véhiculée, a le profil potentiel pour être façadier. Mais dans un système d’annonces "à l’ancienne" le patron et les candidats ne se rencontrent pas ! C’est là qu’est venue l’idée de la plateforme. »

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Le 31 janvier dernier, après 4 mois de développement, Parfait pour ce job est officiellement lancée. Lorsqu’un candidat souhaite s’inscrire, il doit d’abord répondre à des questions basiques : en recherche de CDD, de CDI, détenteur du permis de conduire, zone géographique… Puis un QCM lui est proposé. Aime-t-il travailler de ses mains ? Quelles sont ses valeurs ? (écologie, argent, liberté…) Ou encore, apprécie-t-il les personnes âgées ? Se sent-il à l’aise avec des animaux ? « Tout cela permet de qualifier les profils selon les "soft skills". La conséquence de ce fonctionnement, c’est que notre plateforme cible exclusivement des métiers pas ou peu qualifiés, ou ceux dont la formation est assurée en interne », précise la cofondatrice.


Les recruteurs peuvent entrer plusieurs critères pour trouver des profils correspondant à leurs besoins. Capture d'écran : Parfait pour ce job

Réfléchir à une monétisation

Deux mois et demi après le démarrage, notre interlocutrice assure que plus de 500 propositions d’emploi ont été formulées via l’outil numérique. Pour combien de postes décrochés ? « On ne peut pas connaître cette donnée, reconnaît Camille Berteau. Nous modérons les premiers échanges pour vérifier qu’il s’agisse de vraies propositions d’emploi, la suite des échanges se fait directement entre le candidat et le recruteur. » Des PME, des TPE locales mais aussi des entreprises nationales comme la Banque Populaire, le Club Med ou Leroy Merlin ont d’ores et déjà essayé la plateforme. « Nous comptons énormément d’agence d'intérim, aussi, comme Adecco », complète notre interlocutrice.

L’inscription est entièrement gratuite. Si elle le restera pour les candidats, ses fondateurs réfléchissent à un système de monétisation pour les sociétés. « Pour l’instant, nous devons constituer une solide base de candidats. Demain, lorsque nous aurons un volume intéressant, nous déploierons des abonnements pour les entreprises de moyenne et grande taille. Mais elle restera gratuite pour les TPE et les structures ayant de petits besoins. » L’abonnement permettra un accès premium à la recherche de candidats, avec des critères plus précis ou pour contacter des profils de manière groupée. « Le calendrier dépendra de la vitesse à laquelle on réussit – si on réussit – à faire grossir la base de candidats, réfléchit Camille Berteau. La question de la monétisation se posera à partir de 20.000 ou 30.000 candidats, car en dessous ça n’a pas de sens de faire payer des entreprises, si une poignée de profils seulement correspond à leurs recherches. »

Parfait pour ce job
Basée à Bordeaux

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