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Girondins : quels sont les projets de reprise ?

Écosystème
vendredi 30 avril 2021

Les Girondins de Bordeaux sont en attente d'un repreneur - Crédits : Adobe Stock Oceanprod

Après l’annonce surprise de King Street, fonds d’investissement et actionnaire des Girondins de Bordeaux, de ne plus soutenir financièrement le club, plusieurs propositions de reprise émergent. Si le maire de la ville Pierre Hurmic souhaite un projet qui inclut les supporters, aucune décision n’a encore été prise, et les discussions se poursuivent. Tour d’horizon des forces en présence.

Bruno Fiévet, fervent supporter

L’homme d’affaires Bruno Fiévet s’est dit intéressé pour reprendre le FC Girondins de Bordeaux. « Concrètement, on va discuter avec le Tribunal pour savoir sous quelles conditions le club est à vendre », a-t-il déclaré le 22 avril dernier chez RMC. « Je ne veux pas vendre de rêve. Il faut savoir quelle est vraiment [la dette du club]. »

Lui qui avait déjà formulé une offre de rachat de 70 millions d’euros en septembre 2020, finalement refusée par King Street, a confié dans les colonnes de Sud Ouest être entourés de plusieurs investisseurs : de fonds d’investissement, de privés locaux et Suisses. Il a également dévoilé ses trois axes de développement pour le club : autour de la formation, d’une cellule de performance (préparateurs physiques par exemple), et d’une cellule de recrutement. Sur le plan financier, il prévoit une réduction de la masse salariale globale du club. « Avec une forte diminution du nombre de joueurs sous contrat et des salaires qui seront donnés », pour ramener le déficit structurel des Girondins à un « niveau acceptable ».

Bruno Fiévet est également en discussion avec Pascal Rigo, lui aussi possible candidat pour une reprise du club. Toujours à Sud Ouest, il a déclaré qu’il n’y a « pas de raison que l’on ne tombe pas d’accord » avec Pascal Rigo.

Pascal Rigo, entrepreneur bordelais

L’homme d’affaires bordelais s’était déjà rapproché de King Street en 2020, pour lui proposer de racheter 40% du capital pour 30 millions d’euros. A l'époque, le propriétaire des Girondins avait refusé. Qu’à cela ne tienne, Pascal Rigo est de nouveau candidat pour la reprise – totale cette fois – du club. Dans les colonnes de Sud Ouest, il déclare vouloir recréer la culture autour des Girondins, « la culture du maillot, de la gagne ». Entouré d’une quinzaine d’investisseurs dont l’ancien président du club de 2017 à 2018 Stéphane Martin, mais aussi de propriétaires viticoles et « de gens de la région et de tous les secteurs », il a, comme Bruno Fiévet, pris contact avec la Ville de Bordeaux. Il a confirmé l’implication du milliardaire américain qui le suivait déjà l’année dernière lors des discussions avec King Street. « On n’ouvrira pas le capital à des fonds d’investissement, ni à des private equity, qui viennent pour sortir dans cinq ou sept ans en ayant fait des profits ».

Concernant un possible rapprochement avec Bruno Fiévet, Pascal Rigo botte en touche. « Il a son projet, on a le nôtre. […] On verra. »

François Pinault, propriétaire de Rennes

Troisième personnalité intéressée par la reprise des Girondins, François Pinault. Dans une lettre ouverte qu’il a fait parvenir à Sud Ouest, il dit vouloir rassembler les propriétaires des grands crus bordelais pour racheter le club. Mais l’homme d’affaires est déjà propriétaire du Stade Rennais en tant qu’unique actionnaire, et il ne peut donc monter lui-même un projet de reprise. « En revanche, je suis prêt à apporter mon soutien à toute opération montée par les acteurs du vin et je le ferai avec enthousiasme », déclare-t-il. Egalement propriétaire du domaine viticole Château Latour, il surenchérit. « Quelle est la force économique qui, dans cette région, peut se donner l’objectif de sauvegarder les Girondins et de les développer ? Le monde du vin et en particulier les propriétaires de grands crus. »

Plusieurs grands noms du vin ont commencé à répondre favorablement à cet appel comme Bernard Magrez, Philippe Castéja (président du Conseil des grands crus classés en 1855) ou encore Fabrice Bernard (maison de négoce Millésima).

Les élus se mobilisent

De son côté, le maire de Bordeaux Pierre Hurmic plaide pour un actionnariat populaire au sein du club. Comme il l’affirmait cette semaine à nos confrères de France Bleu Gironde, « je pense qu’il faut inventer une nouvelle sorte de gouvernance à la tête du club. Il faut que le repreneur prenne en compte, par exemple via une association, l’avis des supporteurs »

Le 1er mai, Pierre Hurmic a annoncé la constitution d’un « comité de suivi et de vigilance » avec des acteurs politiques, économiques et sportifs pour s’assurer que les Girondins ne soient pas vendus « au plus offrant » et « peser sur le choix » du repreneur. Le comité souhaite notamment que le futur repreneur porte des « investissements éloignés d'une vision spéculative », s'appuie sur « d'anciens joueurs qui ont incarné l'histoire des Girondins » et développe « une culture territoriale irriguant aussi le football féminin et amateur ». Le maire de Bordeaux a confirmé que l’avenir des Girondins intéressait de nombreux repreneurs et qu’il avait reçu une dizaine d’appels, certaines personnes présentant des « projets farfelus ».

Les élus de Bordeaux Métropole, également mobilisés, se sont réunis lundi dernier pour parler du sujet. Une sorte de cahier des charges pourrait être mis en place et soumis aux différents repreneurs potentiels, pour assurer de sauver le club « de façon durable ».

Elie Simon apporte un projet démocratique

Mercredi 28 avril, un nouveau projet de reprise a été présenté à la mairie de Bordeaux. Ce dernier est composé d’entrepreneurs bordelais rassemblés derrière le palois Elie Simon, à la tête d’un groupe de FinTech suisse. Il propose, comme le souhaitait Pierre Hurmic, d’associer les socios (autrement dit les supporters) au rachat du club pour un projet démocratique.

Dans une interview accordée à France Bleu Gironde il explique vouloir d’abord négocier la dette de King Street, puis racheter les actifs (les joueurs) des Girondins. C’est à ce moment là qu’interviendraient les supporters, divisés en plusieurs cercles. « A commencer par la communauté, précise-t-il au micro de nos confrères. C’est-à-dire les supporters, les anciens joueurs, la municipalité, tous les acteurs et amoureux du projet. » Ensuite il souhaiterait ouvrir une distribution auprès de tous les souscripteurs intéressés par le projet, en Europe et à l’échelle mondiale. Sous forme d’actions numériques les participants aux projets pourraient désigner « un ou des représentants au conseil d’administration et participer activement au processus de décision du club ».

Désormais les potentiels repreneurs attendent de connaître la restructuration de la dette de King Street. Certains pourraient vouloir formaliser une offre dans le cadre d’un redressement judiciaire, et ainsi ne pas reprendre la dette. La balle est maintenant dans le camp du mandataire nommé par le Tribunal de commerce. 

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