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CHR : 3.000 postes restent à pourvoir en Gironde

Écosystème
lundi 07 juin 2021

Employeurs et candidats ont pu échanger à la CCI - Crédits : MB

Tous les lundis de juin, la CCIBG organise, avec des partenaires de l’emploi, le Bistrot des employeurs. Une matinée de « job dating » spécialement dédiée aux métiers des CHR, pour tenter de pallier le manque de main d’œuvre saisonnière.

Dans la CCI Bordeaux Gironde, place de la Bourse, régnait ce matin une certaine effervescence. Et pour cause : c’était le retour du Bistrot des employeurs, organisé par la CCIBG et soutenu par plusieurs partenaires comme l’UMIH 33 ou Pôle Emploi. L’objectif de cette matinée de « job dating » était de faciliter le recrutement de salariés dans le secteur des CHR – cafés hôtels restaurants. « Nous organisions déjà cet événement avant la crise pour plusieurs secteurs d’activité, explique Philippe Loiseau, vice-président de la CCIBG. Avec la réouverture des CHR et le manque de main d’œuvre qui se fait sentir nous avons voulu nous tourner principalement vers ces métiers-là. »

De 9 h 30 à 12 h 30 une vingtaine d’employeurs étaient ainsi présents, recevant au fur et à mesure les candidats pour un entretien express et un dépôt de CV.

Entre 1.500 et 3.500 postes à pourvoir

Dans un coin de la salle, Vanessa, directrice des opérations pour le bar de la Marine, attend les premiers candidats. Cet été, il lui manque deux cuisiniers. « Je n’ai quasiment eu aucune candidature, se désole-t-elle. C’est assez rare, pourtant je m’y suis prise en avance… Soit ce sont des personnes sans expérience qui viennent me voir, soit elles souhaitent faire des horaires de bureau et ne pas travailler le week-end. »

D’après Nicolas Moreau, directeur départemental de Pôle Emploi, il manquerait pour la saison plus de 1.500 postes sur la Gironde en service et en cuisine, et plus de 6.000 sur toute l’année. Laurent Tournier, président de l’UMIH 33 (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie), pense lui qu’il manque deux fois plus de salariés, soit 3.000 ou 3.500. « Nous essayons de parler de nos métiers de manière plus positive, explique-t-il. Certes nous avons des horaires décalés, nous travaillons le week-end… Mais il y a aussi des avantages ! Par exemple, c'est un ascenseur social exceptionnel et un moyen assez rapide de se constituer un bon pécule. Surtout avec la pénurie, les salaires sont en train de grimper. »

Une saison sous surveillance

Selon la dernière enquête de la CCIBG, 79% des établissements interrogés rencontrent des difficultés pour trouver du personnel. Que ce soit en CDI, en CDD ou pour la saison. « Il y a aussi un vrai problème de logements ici, qui est directement lié au manque de personnel, reprend Laurent Tournier. Avant ce problème concernait plutôt le Bassin d’Arcachon, maintenant Bordeaux est également touché. Nous essayons de nous en occuper à l’UMIH 33, en travaillant localement avec des acteurs du logement comme Domofrance… Mais il faut que ce soit réglé au niveau national. »

Car sans équipe complète, les gérants de CHR sont obligés de fermer une partie de l’établissement. « Economiquement, ça risque d’être dévastateur », prévient Laurent Tournier. D’autant que depuis le 1er juin dernier c’est la fin du « quoi qu’il en coûte » du gouvernement. « Le jour où tout va s’arrêter, il risque d’y avoir une période de grande fragilité pour les entreprises. »


Le Bistrot des employeurs aura lieu tous les lundis du mois de juin, de 9 h 30 à 12 h 30. Inscriptions

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