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Nouvelle-Aquitaine : le Réseau Initiative a soutenu 1.717 entreprises en 2023

Engagement
mardi 14 mai 2024

Le Réseau Initiative Nouvelle-Aquitaine accompagne et finance des entrepreneurs dans la création ou la reprise d'entreprises. Crédits : Réseau Initiative Nouvelle-Aquitaine

Le Réseau Initiative Nouvelle-Aquitaine, antenne régionale de l’association nationale, soutient les entrepreneurs dans la création et la reprise de sociétés. La structure, qui publie ses résultats 2023, a accompagné 1.717 entreprises l’an passé. Et a permis, grâce à ses prêts d’honneur, de mobiliser 180 millions d’euros. Entretien avec Marie Guezennec, déléguée régionale de la structure.

L’année dernière, votre association a soutenu 1.717 entreprises régionales, pour 2.072 porteurs de projets. Qui fait appel à vous ?
D’abord, on accompagne les TPE. Notre réseau n’a pas vocation à accompagner les PME ou les grandes entreprises, car le montant moyen de nos prêts d’honneur oscille entre 5.000 et 10.000 euros. 55% des projets que l’on suit concernent des créations d’entreprises, 40 à 45% sont des reprises, et 2% sont des phases dites de primo-développement. Ce sont des sociétés qui ont entre trois et sept ans, et qui ont besoin d’un petit coup de pouce. Nous sommes en capacité de leur apporter un prêt d’honneur pour booster leur capital, et notre rôle est d’amener à la bancarisation de ces TPE. En 2023, ce sont 21 millions d’euros engagés sous la forme de ces prêts d’honneur - 15 millions issus de nos fonds, 5 millions issus de Bpifrance -, et qui ont permis d’aller chercher 180 millions d’euros de prêts bancaires.

Est-ce un bilan en hausse ? Voyez-vous une évolution concernant les secteurs d’activité des entrepreneurs vous sollicitant ?
Le nombre de porteurs de projet soutenus est en hausse depuis cinq ans. C’est notamment lié au fait qu’on entreprend plus, aujourd’hui en France, et que ces entrepreneurs ont conscience qu’ils ont besoin d’être accompagnés pour que leur projet soit une réussite, et franchisse la barre symbolique des trois ans d’activité. Concernant la typologie des projets, un quart des accompagnés sont sur du commerce, 19% sur des CHR, du service à la personne ou aux entreprises, 12% dans la construction et le BTP - plutôt le second œuvre d’ailleurs, puis vient l’artisanat, l’agriculture. Cette répartition est assez constante.

Accompagner au mieux pour éviter les défaillances

Vous mentionnez la pérennité à trois ans, qui est une donnée importante dans la vie d’une entreprise. Qu’en est-il de celles que vous soutenez ?
93% des sociétés que l’on finance et accompagne ont franchi ce cap. Ce chiffre est très encourageant, mais on constate des difficultés pour les entreprises. Certaines n’arrivent pas à rebondir après les différentes crises, et je pense que le cumul des trois - crise sanitaire, guerre en Ukraine et crise autour des énergies -, a été très difficile pour beaucoup de petites entreprises. Et puis il y a la question du pouvoir d’achat ! On touche au commerce, aux CHR, aux services à la personne, tout ça c’est un côté plus « plaisir ». On voit que les entreprises ont moins de consommateurs, leur chiffre d’affaires diminue et elles ne s’en sortent pas. Et ce premier trimestre 2024 est plutôt difficile pour certaines structures.

Comment essayez-vous de pallier ces difficultés, auprès de vos porteurs de projet ?
Tous les trois à six mois, les entrepreneurs nous envoient un tableau de bord qui présente les chiffres de leur activité. Cela nous permet d’avoir des indicateurs, et lorsqu’on constate qu’une entreprise est en alerte, on la contacte pour faire le point. Selon les associations de notre réseau, certaines vont activer un comité d’experts pour trouver des solutions. D’autres proposent une forme de parrainage, d’anciens chefs d’entreprise ou cadres sur le même secteur géographique et le même secteur d’activité. En Gironde par exemple, il y a un club qui se réunit tous les mois pour échanger sur des sujets spécifiques.

Accélérer sur la transition environnementale

Y a-t-il des actions particulières que vous souhaitez mettre en œuvre dans les mois à venir ? Quelle est votre feuille de route ?
Actuellement, nous poursuivons un travail sur la visibilité des femmes entrepreneures. On voudrait atteindre une forme de parité, et permettre à toutes les femmes qui le souhaitent de se lancer, d’être plus ambitieuses sur leur plan de financement… D’oser prendre des risques. Ensuite, il y a le sujet de la transition écologique aussi. Depuis octobre, nous poussons plus les entrepreneurs à prendre en compte ce facteur de transition, et ce dès le début. Nous ne sommes bien sûr pas des experts, mais sommes là pour inciter. C’est indispensable selon moi, les citoyens sont plus attentifs à ce qu’ils consomment et pour une entreprise, ça peut être un moyen d’attirer de nouveaux clients ou du moins de ne pas les perdre. Et puis, entre autres sujets, il y a la question des quartiers prioritaires. On n’accompagne pas encore énormément d’entreprises, en Nouvelle-Aquitaine, situées dans des quartiers en difficulté. Comme pour les femmes, ces entrepreneurs sont peut-être plus timides sur leurs ambitions financières…

Quelles sont vos ambitions 2024 en matière d’accompagnement ?
Notre objectif, c’est surtout d’apporter des réponses, et permettre aux entrepreneurs de monter des projets bien financés et finançables. Hors micro-entreprises, notre taux de pénétration régional est aujourd’hui de 7 à 8%. Notre ambition, c’est d’arriver à 10 ou 12%.

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