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Placéco Laüsa #3 : revivez l'interview du colonel Gilles Chanut

Écosystème
mercredi 06 mars 2024

Le colonel Gilles Chanut était l'invité de ce Laüsa #3. Crédits : Laura Barraqué

Ce mardi, Placéco Landes organisait son troisième événement réseau, en partenariat avec Landes Attractivité : Laüsa - qui signifie étincelle en gascon. Après Laurie Phipps, et Jean-Louis Rodrigues, c'est cette fois le colonel Gilles Chanut qui est venu raconter son parcours mais aussi évoquer ses nouvelles fonctions, à la tête de la base aérienne de Mont-de-Marsan. Un rôle clé pour lui qui est l'un des principaux employeurs ici dans les Landes.

Quel a été votre parcours professionnel ?
Je suis né à Avignon en 1977. A l'époque, j’étais admiratif des avions qui passaient au-dessus de chez mes parents. J’avais envie de servir mon pays et de faire quelque chose d’extraordinaire, au sens noble du mot. En 1998, je suis entré à l’École de l’air et j'ai fini ma formation de pilote en 2002. C'est là que j'ai appris à utiliser l'avion comme une arme, et qu'on m'a enseigné les bases du combat aérien. J’ai commencé comme pilote sur Mirage 2.000, à la BA 115 d’Orange, avant d’y gravir tous les échelons jusqu’à devenir commandant d’escadron. Dernièrement, j’étais à la BA 106 de Bordeaux-Mérignac, où j’étais adjoint opération du général qui commande l’aviation de chasse. J'ai fait des opérations en Afghanistan, au Mali, et en parallèle j'ai fait beaucoup de formations. J'ai été instructeur sur Mirage 2.000 pendant 15 ans. J'ai formé toute une génération de jeunes pilotes et par la suite, je suis retourné à l'École de l'air pour encadrer des jeunes militaires. Le 25 août dernier, j'ai pris mes fonctions à la tête de la base aérienne de Mont-de-Marsan, qui est un site relativement important.

Quels sont les défis que vous avez eu à relever depuis votre entrée en fonction ?
Sur la partie des opérations, nous avons un certain nombre de missions à l'extérieur et qui sont en lien avec l'actualité, notamment au Niger ou en Israël. Le second défi est pour moi celui des ressources humaines. Nous avons de gros besoins de recrutement et de fidélisation puisqu'il y a une dizaine d'années, l'Etat a décidé de mettre en place une révision générale des politiques publiques. Depuis, un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite n'est pas remplacé. Nous avons ainsi été fortement impactés, puisque nous avons perdu énormément de personnel. Or, aujourd'hui, nous avons besoin de monter en puissance puisque nous avons de plus en plus de missions. De ce fait, nous essayons d'attirer des jeunes, de leur expliquer ce qu'est l'Armée de l'air, et de leur donner envie de rester. Ensuite, il faut les former, les fidéliser et garder sur site les cadres qui sont capables de les former justement.

Vous l'aviez évoqué, vous êtes le premier employeur de la préfecture des Landes : qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?
Nous avons 3.500 ressortissants qui travaillent sur la base. Si vous comptez les familles, nous avoisinons les 17.000 personnes. A l'échelle de Mont-de-Marsan c'est assez important. Je dirais même que nous sommes le premier employeur du département avec des investissements importants qui ont été faits et qui sont faits au niveau des infrastructures mais aussi de l'alimentation et de l'hébergement. J'ai un budget d'environ 6 millions d'euros pour faire fonctionner la base aérienne ; budget qui est injecté dans l'économie locale aussi en grande partie. Nos militaires s'impliquent également beaucoup dans les milieux associatifs et la vie de la commune et sont donc très présents ici.

Comment faites-vous pour recruter ?
Nous faisons beaucoup de communication. Il y a une campagne de communication qui est diffusée sur nos réseaux sociaux pour donner envie à des jeunes de rejoindre l'Armée de l'air. Nous proposons aussi des primes d'engagement. Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'un jeune qui s'engage sera payé et formé. Il est nourri et logé pendant sa formation et ressort avec un diplôme. Il faut évidemment qu'il apprenne le sens de l'engagement et de la mission, deux valeurs essentielles à nos yeux. C'est ce qui nous fait avancer, avec cette idée que nous dépendons les uns des autres. Il y avait un slogan il y a quelques années : il faut toute une armée pour faire voler un avion. Et c'est vrai. Il faut une multitude de personnes pour que l'avion, mais aussi le pilote soient correctement équipés et prêts pour la mission.

Il y a donc un panel de métiers parmi les femmes et les hommes qui sont sous vos ordres ?
Ce qui est très particulier sur cette base, c'est que nous avons un centre d'expertise aérienne militaire où nous expérimentons tous les nouveaux matériels qui entrent dans l'armée de l'air. Nous avons ainsi tous les métiers de l'Armée de l'air qui sont représentés ici, justement pour pouvoir faire ces tests. Nous avons une cinquantaine de métiers, qui vont du commando, au pilote, en passant par le contrôleur ou encore le cuisinier. Il faut aussi savoir qu'il y a environ 300 personnes civiles sur les 3.500 que j'évoquais précédemment.

Ça ressemble à quoi une journée à la tête de la BA 118 ?
Il n'y a pas de journée type. Dans la base aérienne, il y a une soixantaine d'unités. Chaque unité à une mission différente. De ce fait, il faut imaginer que je suis en quelque sorte le maire d'un village de plusieurs milliers de personnes. J'ai un pouvoir décisionnaire et je fais aussi beaucoup de ressources humaines, de relations publiques, ainsi que des activités opérationnelles de la base. Et je vole encore quand je le peux.

Quelles sont les missions sur lesquelles vous êtes engagés actuellement ?
Évidemment, il y a la guerre en Ukraine et beaucoup de missions qui y sont liées. Il y en a eu, il y en a et il y en aura. Le 22 février 2022, la guerre a éclaté vers 4 ou 5 heures du matin. Six heures après, nos avions décollaient, armés, pour aller protéger la frontière Est de l'OTAN. Aujourd'hui nous continuons d'avoir des missions sur ce front-là. Nous allons aussi intervenir sur la sécurisation des Jeux olympiques. Nous allons nous occuper de la sécurisation aérienne en mettant en place une bulle de protection autour des sites, notamment à Paris et Marseille.

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