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La Tiny Bordelaise veut démocratiser les micro-habitats

Demain
mardi 20 février 2024

La jeune pousse girondine La Tiny Bordelaise, basée à Pessac, a développé un modèle de « tiny house » de 20 m². Pour son fondateur, Gaëtan Pellat de Villedon, cette forme de micro-habitat pourrait en partie répondre aux difficultés de logement et d’accès à la propriété. Échanges.

Durant dix ans, Gaëtan Pellat de Villedon a évolué, avec son entreprise Make my Van, dans l’univers du véhicule aménagé. Une aventure lancée sur de bons rails, qui a pris fin il y a un an, faute d’approvisionnement suffisant. « Nous étions spécialisés sur un modèle de véhicule en particulier, un sprinter 4x4 de Mercedes, se remémore l’entrepreneur. Mais ils ont été dans l’incapacité, à un moment, de nous livrer le volume nécessaire au maintien de notre activité… Après trois ans très compliqués sur ce plan-là, l’inflation folle, etc… Je ne pouvais pas maintenir les 14 collaborateurs et j’ai dû stopper l’activité. » Placée en redressement judiciaire, l’entreprise a failli, un temps, se faire racheter, mais le projet n’aboutit pas. « On avait un vrai savoir-faire, j’avais une très belle équipe et un outil de travail, reprend Gaëtan Pellat de Villedon. C’est ce qu’on a essayé de valoriser, dans le projet de cession. » Quelques semaines après l’annonce de la liquidation, le cœur de l’équipe se réunit, avec une question : « Va-t-on vraiment tout mettre à la poubelle ? »

Les réflexions sont lancées, avec une volonté commune de monter un nouveau projet. Gaëtan Pellat de Villedon s’associe alors à six ex-salariés, « les anciens », qui réunissent à eux tous presque l’ensemble des métiers fondamentaux de l’aménagement. Désormais regroupés dans l’entreprise La Tiny Bordelaise, ils sont positionnés, comme le nom l’indique, sur la fabrication de « tiny houses ». Des micro-habitats compacts et optimisés, à l’aménagement bien plus soigné que certains appartements. « Pourquoi ce domaine d’activité ? Car nous nous sommes demandé dans quel marché nous pouvions recycler tous nos savoir-faire - sur l’ergonomie dans de petits espaces, sur l’agencement sur mesure d’espaces soumis à rude épreuve, mais aussi autour de l’autonomie énergétique. On a réfléchi, on suivait déjà le mouvement des tiny houses car il était assez proche de notre univers - et il est arrivé en France il y a une dizaine d’années. On s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire », déroule le dirigeant.

Accéder plus facilement à la propriété

Après plusieurs mois d’essais et de prototypage, La Tiny Bordelaise commercialise aujourd’hui son premier modèle. Une « maison » de 20 m², montée sur châssis, « simple et proche de ce que l’on faisait avant ». Et d’ici quelques mois, la jeune pousse devrait proposer un second modèle, de 37 m² cette fois, déplaçable mais fixe (non monté sur châssis). Avec un avantage : des fondations par pieux, ce qui permet de ne pas artificialiser les sols, seule la VRD (voirie et réseaux divers) nécessitant des travaux. « On sait qu’aujourd’hui, il y a de très gros problèmes d’habitat. L’univers des tiny houses est peut-être l’une des réponses aux problématiques que l’on rencontre, esquisse notre interlocuteur. 50% de la population est exclue de la propriété foncière immobilière, or, sur un foncier proche de la métropole bordelaise, dès 100.000 euros on peut être propriétaire d’une tiny, sur un terrain de 250 à 300 m². »

L’objectif 2024 de la startup est de commercialiser une trentaine de maisons réalisées au gré des commandes, ce qui lui assurerait une rentabilité financière. La Tiny Bordelaise est certes en capacité de livrer partout en France voire en Europe, mais entend se focaliser avant tout sur son territoire, la Gironde ou les Landes. Deux départements concernés par les problématiques de logement. Et pour assurer une croissance ? « Je reste ouvert aux différentes opportunités, esquisse le dirigeant à propos d’une éventuelle levée de fonds. Je suis convaincu de notre savoir-faire et de la solution que l’on propose, et je souhaite que le produit prenne son envol le plus vite possible. » Gaëtan Pellat de Villedon assure que ses tiny auront une durée de vie « entre 25 et 30 ans », pour un investissement initial de 75.000 euros.

La Tiny Bordelaise
Fondée en 2023
Basée à Pessac
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