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Gastronomie : Beryola veut réinventer la consommation du chanvre

Demain
lundi 22 janvier 2024

Jeanne Bibette, cofondatrice et dirigeante de la startup. Crédits : Beryola

La startup girondo-landaise Beryola travaille à l’encapsulation d’extraits de chanvre. Une façon innovante de travailler le produit, avec une gamme dédiée, d’abord, à la gastronomie. D’ici la fin de l’année, elle entend élargir son activité au secteur du bien-être en intégrant des parapharmacies. Explications.

Depuis trois ans, la jeune pousse Beryola travaille à l’élaboration de produits à base de chanvre. Comme bon nombre de startups françaises ? Oui et non. Car si le produit est en vogue, sa transformation semble sortir du lot. « Tout est parti d’une envie de cultiver du chanvre sur nos terres familiales, dans les Landes, rembobine d’abord Jeanne Bibette, fondatrice de Beryola. Après une première récolte, nous nous sommes demandé ce que l’on pouvait inventer de nouveau sur le marché - il n’y avait rien de très innovant à part la fleur et l’huile. » Ce « nous », c’est la dirigeante mais aussi son père, Jérôme Bibette, physicien, directeur scientifique de Beryola… et fondateur de Kapsera, startup girondine spécialisée dans la micro-encapsulation. Car Beryola commercialise du « caviar de chanvre » : de petites billes dédiées à la gastronomie et aux cocktails, contenant des assemblages d’extraits de chanvre, mélangés à des huiles de bouche comme l’amande de prune produite à Agen, ou l’huile de pépin de courge.

« Aujourd’hui, on gère toute la production de la graine à l’encapsulation, reprend Jeanne Bibette. Pour cette étape, on utilise les technologies de deux entreprises - Kapsera, sur la micro-encapsulation, et Cookal [ndlr, basée dans le 54] qui réalise des perles de chanvre plus grosses. » Et comme l’union fait la force, l’extraction des extraits de chanvre repose sur le partenariat de deux autres entreprises du territoire : Biolandes, spécialisée dans les extraits naturels, et La Ferme Médicale, positionnée sur l’huile de CBD. Trois « caviars » sont aujourd’hui commercialisés, fabriqués grâce à la technologie de Cookal - Kapsera n’étant pas encore en phase de production. « On a voulu axer cette première gamme sur le goût, avec un marketing autour de la gastronomie et non sur le bien-être », précise la dirigeante. Si les premières précommandes ont été lancées juste avant Noël, Beryola a depuis peu ouvert sa propre boutique en ligne. Et cherche activement des distributeurs, ciblant les épiceries fines, de grands magasins comme le Bon Marché à Paris, ou des magasins de CBD.

Elargir aux parapharmacies

Mais Beryola, pleine d’ambition, planche déjà sur une ouverture du marché, pour toucher notamment la santé et le domaine de la nutrition grâce à Kapsera. « Jusqu’à présent nous nous sommes développés en fonds propres, et nous cherchons des subventions pour développer cette gamme de produits. Ensuite, nous lèverons des fonds », esquisse l’entrepreneuse, qui précise chercher 60.000 à 70.000 euros d’aide. « La levée permettra ensuite d’activer le côté BtoC, la vente directe, et je n’ai pas encore de chiffre à avancer. » Objectif 2024 : prototyper ces futures micro-perles, et commencer à intégrer le marché en ciblant les parapharmacies. Et pour éviter toute confusion avec Maison Beryola et son focus gastronomie, l’entreprise créera une marque dédiée. Mais les champs de la famille Bibette ne sont pas extensibles. Et assurer une production suffisante pour attaquer le marché du bien-être nécessitera de fédérer des agriculteurs français, « toujours bio ». D’ici là, Beryola devrait lancer au printemps prochain une gamme gastronomique plus accessible, avec des saveurs comme « gingembre yuzu citron », ou « mangue passion ».

Beryola
Basée à Bordeaux
Fondée en 2022
1 salarié à temps plein

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