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Métier 2030 : l’université de Bordeaux veut se positionner sur la santé numérique - Premium

Écosystème
vendredi 03 juin 2022

L'université de Bordeaux se positionne sur les filières de demain. Photo d'illustration : Oceanprod

Quels métiers recruteront, d’ici à 2030 ? C’est une question à laquelle la direction de l’animation, de la recherche, des études et des statistiques (Dares) tente de répondre, dans une étude publiée au trimestre dernier. Un panorama qui souligne que deux secteurs recruteront particulièrement : l’informatique et la santé. Et à l’université de Bordeaux, les équipes en charge des formations réfléchissent d’ores et déjà aux cursus de demain.

Initialement prévu pour le printemps 2020, puis repoussé pour prendre en compte les conséquences de la crise sanitaire, le rapport « s’appuie sur plusieurs scénarios macroéconomiques post-crise, qui tiennent compte à la fois des changements de comportement induits par la crise sanitaire, et des efforts de lutte contre le réchauffement climatique qui seront déployés à horizon 2030 », présente la Dares. Selon elle, un million d’emplois seraient créés entre 2019 et 2030, dont deux-tiers dans les services marchands. « Avec la poursuite de la tertiarisation de l’économie, la croissance de l’emploi dans les services serait équivalente à celle de l’emploi d’ici 2030 », détaille la Dares. Si les services généraux de l’administration continueraient de se replier, tout comme l’emploi agricole, les métiers industriels pourraient connaître une reprise de croissance.


Les secteurs qui recruteront en 2030. Crédits : Dares

Pour pourvoir ces futurs postes, les universités sont, entre autres, en première ligne. « Aujourd’hui, elles sont confrontées à des situations budgétaires compliquées, recontextualise Pascal Lecroart, vice-président de l’université de Bordeaux en charge de la formation. Forcément, notre marge de manœuvre pour réorienter le recrutement d’enseignants-chercheurs et développer des formations est plus faible qu’à certaines périodes. C’est conjoncturel, mais ça ne nous empêche pas de travailler et de nous projeter vers l’avant. »

Quand l’informatique rencontre la médecine

La santé, comme l’informatique, seront deux secteurs fortement pourvoyeurs d’emplois. « À l’université de Bordeaux, on souhaite se positionner sur la dynamique de la santé numérique, reprend Pascal Lecroart. Ce sont des métiers qui apporteront des plus-values aux professionnels de la santé comme aux citoyens, notamment avec la médecine prédictive, sur l’informatique au service du diagnostic, sans remplacer l’expertise des médecins qui est fondamentale. » En parallèle, la question du stockage et de la protection des données est également un enjeu de taille ; tout comme le besoin de formations des professionnels de santé sur l’usage de ces outils numériques. « Il y a une forte mobilisation de notre communauté pour renforcer la formation dans ces domaines-là, affirme notre interlocuteur. Dans le cursus initial des futurs professionnels – médecins, infirmiers ou professions paramédicales -, mais aussi pour trouver des solutions pour les professionnels actuellement en poste. » L’université de Bordeaux va ainsi répondre, prochainement, à un appel à manifestation d’intérêt (AMI) en collaboration avec le CHU et des entreprises girondines spécialisées dans la santé. Cet AMI, porté par l’Agence national recherche (ANR) et baptisé « Compétences et métiers d’avenir », a pour objectif de « favoriser l’émergence de solutions innovantes, porteuses d’approches scientifiques pluridisciplinaires et de modèles médico-économiques ambitieux, pour conquérir le marché de la santé numérique en plein essor ».

Plus généralement dans le domaine informatique comme l’intelligence artificielle, de l’aveu de Pascal Lecroart, « le plus difficile est de trouver des bras pour former les étudiants ». « Ce sont des formations qui ont beaucoup de succès, explique-t-il. Il faut trouver des ressources pour monter à l’échelle, c’est tout le travail que l’on aura à faire à l’échéance 2025 ou 2026, pour former les cadres niveau bac+5 ou bac+6. » Selon la Dares, le métier d’ingénieur de l’informatique est celui qui enregistrerait la plus forte expansion d’ici à 2030 : il y aurait ainsi 115.000 postes supplémentaires, soit 26% de plus qu’en 2019. Pour répondre à cette demande, l’université travaille aujourd’hui sous deux angles. « La formation initiale, en licence ou master, mais aussi la formation continue avec la mise en place d’un master par bloc de compétences, déroule Pascal Lecroart. Nous travaillons avec les entreprises du secteur qui veulent faire monter en compétences leurs salariés pas encore cadres. » Une formation continue pas assez exploitée, aujourd’hui, selon notre interlocuteur. Le vice-président de l’université voudrait proposer différents « blocs » de formation, pour une validation progressive des acquis selon les possibilités de formation de salariés. « Cela ne va pas forcément bouleverser nos formations, mais on va revoir la manière de s’organiser pour les rendre plus accessibles. C’est en quelques sortes un travail d’ingénierie, ce n’est pas simple, mais il faut mettre en avant les briques élémentaires de nos formations pour venir cibler les besoins de ces nouveaux métiers », conclut Pascal Lecroart.

À lire également : Métiers 2030 - vers « une demande croissante de métiers plus qualifiés » dans l’industrie

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