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Le CHU de Bordeaux veut réduire sa consommation énergétique de 10% en deux ans

Écosystème
vendredi 21 octobre 2022

Parmi les actions du CHU, déployer des "unités durables" et travailler sur les dispositifs à usage unique. Crédits : CHU de Bordeaux

Les équipes du CHU de Bordeaux viennent de dévoiler un plan de transformation écologique. À court terme, plusieurs actions seront déployées comme l’intégration d’éco-critères dans les marchés de l’hôpital, ou un volet sur l’économie circulaire, pour faire évoluer l’utilisation des produits à usage unique.

Le CHU de Bordeaux veut entamer une transformation écologique profonde. Un enjeu de taille, présenté par les équipes de l’hôpital. « Le CHU, c’est 15.000 professionnels, l’équivalent de la consommation énergétique d’une ville de 25.000 habitants, 5.500 tonnes de déchets par an », recontextualise Yann Bubien, directeur général de la structure. Six grandes priorités ont été définies, parmi lesquelles « ancrer la transformation écologique du CHU dans un projet médical et de santé publique », « adapter le fonctionnement du CHU pour le rendre plus vertueux et résilient face aux crises », ou encore, « inventer un nouveau CHU plus écologique »« C’est avant une transformation de l’organisation, et le cœur de l’organisation ce sont les pratiques médicales, les pratiques de soin. On a bien sûr, derrière, toute une logistique de services techniques en appui et en support, qui doivent également contribuer à cette transformation », présente Raphaël Yven, secrétaire général en charge de la transformation écologique.

À très court terme, d’ici deux ans, l’hôpital entend réduire sa consommation énergétique de 10%. Pour atteindre cet objectif, plusieurs actions seront déployées : la mise en place d’une politique de gestion des températures de chauffage et de climatisation, des actions de maintenance pour optimiser les installations et la distribution d’énergies et d’eau, le déploiement d’un système d’eau chaude solaire et d’éclairage solaire, ou encore, l’équipement des blocs opératoires de systèmes de veille (dont 75% sont déjà équipés).

Faire évoluer les usages et le recyclage

« Aujourd’hui, la plus forte production de gaz à effet de serre dans le domaine de la santé, ce ne sont pas les transports, mais les médicaments et les dispositifs médicaux à hauteur de 50%, présente Nicolas Grenier, président de la Commission médicale d’établissement. Cela veut dire que l’on va devoir changer nos pratiques, et malheureusement cela ne pourra avoir un très fort impact qu’au niveau national. » En cause, de nombreux produits devenus à usage unique, comme les cathéters d’ablation cardiaque, pouvant coûter entre 3.000 et 5.000 euros. Hormis l’impact environnemental et économique, ces produits contiennent des terres rares, aujourd’hui en pénurie à l’échelle mondiale. « Certains pays ont adopté la réutilisation de ces produits, il faudra que l’on fasse du lobbying au niveau national, pour changer ces pratiques-là en France », martèle Nicolas Grenier.

À l’échelle du CHU de Bordeaux, plusieurs actions seront mises en place comme la diminution du taux des déchets à risques infectieux (DASRI) sous les 20% d'ici un an, ou encore des projets de nouvelles filières de déchets et de recyclage pour les cathéters, le formol ou le gadolinium (utilisé dans les produits de contraste pour les IRM). « Concernant l’économie circulaire, on ne dit pas qu’on va revenir à la seringue réutilisable, ironise Noëlle Bernard, copilote du groupe de transformation écologique du CHU. Mais, par exemple, les lames de laryngoscope peuvent être réutilisables. C’est une économie de matières, de déchets. »

Former et sensibiliser les professionnels

D’ici douze mois, les équipes du CHU souhaitent déployer au moins une « unité durable » dans chaque pôle. Il s’agit d’unités « modèles », qui mutualisent et amplifient les bonnes pratiques existant déjà dans certains services. 50 professionnels ont ainsi travaillé à l’élaboration d’un guide, contenant une quarantaine d’expériences partagées ou une boîte à outils, « sur les éco-soins, la santé environnementale, les économies d’eau et d’énergie et la sobriété énergique », commente Noëlle Bernard. Pour illustrer ses propos, elle cite en exemple le cas des gants à usage unique. « On en consomme trop, et on ne fait pas mieux avec ça car il vaut mieux des mains propres que des gants sales. Avec l’aide de notre médecin hygiéniste, on a repris les règles, on les partage, on les diffuse, pour utiliser les gants dans les bonnes indications. »

Concernant les achats de produits et de prestations par le CHU de Bordeaux, ce dernier intégrera sous un an des critères écoresponsables dans l’intégralité des marchés qu’il passe. Si Raphaël Yven rappelle que la réglementation européenne interdit d’indiquer des préférences géographiques, l’établissement pourrait intégrer des questions sur les emballages, les modalités de transport, ou encore, demander un bilan carbone à l’entreprise fournisseur, concernant les produits ou prestations vendues. « Mais on sait tous qu’il y a un sujet de filières de productions et de distribution, précise le secrétaire général. Et qu’on est beaucoup, en France, sur une production mondialisée. »

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