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Pour l'UNPI 33, « les loyers n’augmentent pas à Bordeaux Métropole »

Écosystème
mardi 05 janvier 2021

Denis Jacques, président de l'UNPI - Photo UNPI

L'observatoire des loyers de Bordeaux constate une hausse, en 2019, de ces derniers sur la métropole. L’Union nationale des propriétaires immobiliers de Gironde (UNPI) tient à tempérer ce constat, et s'oppose à l'encadrement des loyers voulus par la Ville. Selon elle cette hausse reste inférieure à l’inflation, ce qui conduit à une perte financière pour les propriétaires.

« Nous sommes une association qui représente les propriétaires auprès des pouvoirs publics, rappelle en premier lieu Denis Jacques, président de l’Union nationale des propriétaires immobiliers de Gironde. Nous apportons aussi un soutien aux propriétaires le souhaitant. »

Chaque année, l’UNPI 33 scrute avec attention les résultats de l’enquête sur les loyers de la métropole bordelaise, produite par l’observatoire des loyers. Cet organisme, mis en place comme partout en France, s’est appuyé sur 13.607 logements de la métropole pour réaliser son enquête.

Une légère hausse des loyers

Les résultats produits par l’observatoire concernent l’année 2019. On y apprend que le prix moyen au m² est de 11 euros, contre 10,7 euros en 2018. Le loyer moyen hors charges, lui, est de 655 euros, soit 9 euros de plus que l’année précédente. Un constat qui semble contraster avec d’autres études, pointant du doigt la flambée des prix sur la métropole.

Si l’UNPI 33 reconnaît une légère hausse, son président précise que selon lui, « cette augmentation est inférieure à l’inflation. Cela conduit à une diminution des loyers en euros constants. » Pour connaître la tendance 2020, l’UNPI a décidé de réaliser sa propre étude en se basant sur les annonces de location de logements, recensées sur Leboncoin. « Nous avons pris les mêmes proportions, et les résultats confirment ceux de 2019 : il n’y a pas d’augmentation de loyers sur Bordeaux Métropole ».

Opposés à l’encadrement des loyers

Pour étayer ses propos, Denis Jacques se réfère à la loi. « Il y a ce que l’on appelle l’IRL, indice de référence des loyers. Ce dernier est un indice permettant de limiter l’augmentation maximum des loyers chaque année, en zone tendue. Ce qui est le cas sur la métropole. » Cet IRL est calculé à partir de l’inflation, hors tabac et hors loyer.

« Cela signifie que le propriétaire bailleur, s’il décide une année de ne pas revaloriser le loyer, ne peut l’augmenter trop brutalement l’année suivante ! Partant de ce constat, nous sommes opposés à l’encadrement des loyers car la loi suffit aujourd’hui à empêcher des abus de la part de bailleurs. » Allant plus loin, l’UNPI 33 affirme que sur les quatre critères requis pour expérimenter cet encadrement, Bordeaux n’en remplit que deux. « Le taux de logements commencés par rapport au taux de logements existants doit être faible, stipule la loi sur l’encadrement des loyers. Or, Bordeaux est la ville française dans laquelle on construit le plus. Le second critère que Bordeaux ne remplit par concerne le loyer médian qui doit être élevé. »

Prêts à aller au tribunal ?

Appuyant ses propos, le président de l'UNPI 33 va plus loin. « Je rappelle que l’expérimentation, à Paris, a été annulée par le tribunal administratif en 2017. Si le dossier de candidature de Bordeaux est validé, et que la ville expérimente ce système, nous irons au tribunal. » 

Selon lui il est plus important de se concentrer sur la rénovation énergétique des habitations, « car c'est un vrai enjeu environnemental. » Surtout, le problème viendrait du manque de logements. « La Gironde est le département accueillant le plus de nouveaux habitants chaque année, soit 20.000 par an. Or il n’y a pas assez de logements ! » 

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