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Insolite : l'opticien Désir d'y Voir a créé un distributeur de lunettes

Stratégie
mardi 15 décembre 2020

A Bordeaux, l’opticien Désir d’y Voir propose un distributeur automatique de services opticiens pour ses clients. Une solution qui a permis d’accroître le chiffre d’affaires du magasin de 30% en 2020. Ambre Garcia, sa fondatrice, espère développer son innovation en 2021, notamment avec un réseau d’aires d’autoroutes.

Pour Ambre Garcia, bordelaise d’adoption, tout a démarré il y a neuf ans. L’entrepreneuse est alors âgée de 25 ans, et ouvre un premier magasin d’optique à Mérignac. « Il a fallu que je fasse ma place, se remémore la chef d’entreprise. Mais notre boutique a remporté un grand succès, et j’ai ouvert un deuxième point de vente à Bordeaux en 2013. » Très vite les demandes affluent, et en 2014 Ambre Garcia créer le groupe DYV, pour développer des franchises.

« Ce qui fait notre différence c’est que chaque opticien est aussi créateur, poursuit la jeune femme. Dans chaque boutique nous avons un atelier de création. Par exemple nous réalisons des montures à partir de vinyles récupérés, de Lego ou de planches de skate. »

Maintenir le service envers les clients

C’est un événement survenu quelques années plus tard qui inspirera à l’entrepreneuse son distributeur automatique. « Un jour je travaillais seule à ma boutique de Mérignac, se remémore la jeune femme. Pour résumer, je me suis fait agresser. J’aime rendre service aux gens mais après cet épisode je n’y arrivais plus. Alors j’ai commencé à imaginer "Eyes corner", mon distributeur automatique pour continuer d’aider tout en me protégeant. »

Un premier point est installé en 2017 à l’aéroport de Bordeaux. « Au départ j’ai vu ça comme une thérapie pour moi, et non comme un business à développer. » Le distributeur propose des accessoires en cas de casse, d’oubli ou de perte. Lunettes de soleil, de lecture, lentilles ou encore produits pour le nettoyage : c’est un petit succès que remporte cette innovation. « Je travaille avec un fournisseur français basé à Lille, ce qui je pense rassurait les consommateurs, reprend la fondatrice de Désir d’y Voir. »

Un business comme un autre

Malgré la grande utilisation de son invention, un désaccord avec l’aéroport pousse Ambre Garcia à retirer le distributeur. Nous sommes en octobre 2019, et la jeune femme décide d’implanter la deuxième version de son corner directement dans sa boutique bordelaise. « Cela a surpris les gens, qui ont très bien accueilli mon idée. Nous sommes dans un quartier où de nombreuses personnes travaillent, notamment au CHU. Ils n’ont pas forcément le temps de venir aux horaires d’ouverture, alors cela les arrange de pouvoir retirer leurs commandes selon leurs préférences. »

Car en plus des produits commercialisés dès la première version, cet "Eyes corner" 2.0 est doté de casiers, permettant aux gens de récupérer leurs commandes. « Bien sûr ils doivent préalablement venir en magasin pour que l’on prenne les mesures nécessaires, mais ensuite ils peuvent retirer leurs lunettes ou lentilles à leur convenance. »

« Je privilégie le qualitatif au quantitatif »

Grâce à son installation, Ambre Garcia a vu son chiffre d’affaires augmenter de 30% cette année. « La crise sanitaire a donné un coup de pouce au démarrage du distributeur. Surtout durant le premier confinement quand nous étions fermés. Les gens venaient déposer leurs lunettes cassées, et comme ça nous pouvions les réparer. »

Depuis septembre dernier un second distributeur a vu le jour dans la gare de Nice. Trois franchises sont aussi ouvertes, à Andernos, à Arcachon et à Toulouse, en plus du magasin mérignacais repris par le salarié. « En janvier je dois rencontrer des interlocuteurs pour installer des corners dans des aires d’autoroutes, confie Ambre Garcia. Je pense que c’est l’année prochaine ou jamais, que je dois développer mon produit. » La jeune femme ne vise pourtant pas la quantité, et préfère posséder moins de distributeurs pour garantir leur fonctionnement. « J’aime le challenge, conclut la fondatrice de Désir d’y Voir. Mais dans tous mes projets, l’objectif est de rester le plus à l’écoute des besoins de nos clients. »

Désir d'y Voir
Bordeaux
1 salariée, 4 franchises
CA : n. c.
www.desirdyvoir.com

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