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Geev a franchi la barre des 5 millions de dons

Engagement
mercredi 25 novembre 2020

Hakim Baka et Florian Blanc, cofondateurs de la startup - Photo Geev

En trois ans d’existence, l’application Geev a permis de sauver 5 millions de produits de la poubelle. Pour ses fondateurs, l’objectif des prochains mois est de fidéliser les utilisateurs de la plateforme, tout en augmentant le nombre d’abonnements payants. Pour cela, ils travaillent au développement de partenariats avec des grands noms du e-commerce, pour valoriser la « seconde main ».

Pour Florian Blanc et Hakim Baka, l’aventure du don a démarré en 2016. A l’époque, les associés créent un groupe sur Facebook baptisé « Adopte un objet ». « C’était un groupe pour les parisiens car nous y habitions, se remémore Florian Blanc. Le principe était déjà le même que Geev : donner pour éviter qu’un objet ne finisse à la poubelle, alors qu’il peut encore servir. »

Une communauté se crée autour de ce groupe, et très vite, le binôme réfléchit à une application. « Geev a été lancée en 2017 à Bordeaux, reprend Florian Blanc. Nous avons eu un démarrage assez rapide, car une large partie de notre communauté nous a suivis. »

Un modèle freemium

Le concept de la startup bordelaise est simple. Pour adopter un objet, il faut des crédits. Ces derniers s’obtiennent en parrainant un ami ou en donnant soi-même quelque chose. Mais aussi, en prenant un abonnement « Geev + », à 4 euros par mois ou 25 euros à l’année. « Nous avons besoin de ressources pour pérenniser notre projet, et la monétisation de services est une bonne solution. Nous comptons aujourd’hui plus de 2 millions d’utilisateurs, et 1% est en premium. C’est assez courant sur les modèles de freemium, même si nous souhaitons forcément augmenter notre part d’abonnés. »

Si la jeune pousse n’est pas encore rentable, elle est aujourd’hui financée via un fonds d’investissement. Il y a deux ans elle a également bouclé une levée de fonds de 3 millions d’euros grâce, entre autres, au fonds d'investissement Daphni, ce qui lui a permis de construire et stabiliser une équipe. « Nous sommes aujourd’hui une quinzaine dans l’entreprise, détaille Florian Blanc. Et l’année dernière nous avons ajouté une section nourriture à Geev. Les utilisateurs déposaient déjà des annonces de biens périssables, nous les avons simplement écoutés en créant une vraie rubrique. »

Des partenariats pour se faire connaître

En 2019, la startup s’est alliée au géant girondin Cdiscount. « Nous sommes partis du constat que lorsque l’on achète un objet neuf, une fois sur deux c’est pour en remplacer un existant. Les grands acteurs du e-commerce prennent conscience qu’ils doivent proposer des solutions pour répondre aux problématiques de seconde main. Aujourd’hui par exemple, pour tout achat de gros électroménager, l’acheteur est déjà en droit de demander une solution de reprise de son ancien appareil. »

Cdiscount, avec le slogan « Ne jetez pas, donnez », propose ainsi à ses clients d’utiliser Geev. Ce partenariat aurait permis à la jeune plateforme d’acquérir 100.000 utilisateurs en plus. « Nous sommes en discussion avec d’autres noms de la grande distribution, du e-commerce ou du retail pour mettre en place de nouveaux partenariats », confie Florian Blanc.

Objectif 5 millions d’annonces en 12 mois

Depuis sa création il y a trois ans, la startup a contribué au don de plus de 5 millions de produits. Un nombre dont les cofondateurs sont fiers, même si pour 2021, ils placent la barre encore plus haut. « Notre objectif est d’avoir 5 millions d’annonces dans les 12 mois à venir, lâche Florian Blanc. Nous voulons renforcer notre position sur le marché et capitaliser sur notre croissance. Surtout, on sait qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir dans la réutilisation des objets ! Selon l’ADEME, 10 millions de tonnes d’objets qui auraient pu servir sont jetés chaque année en France. C’est énorme ! »

Dans les prochains mois Geev proposera une nouvelle présentation pour les abonnements, et s’apprête à rééditer son « Geev Friday ». « Nous faisons gagner via un tirage au sort des produits dont des entreprises partenaires veulent se débarrasser. » A long terme la startup voudrait aussi s’étendre à l’international, même si elle est déjà présente au Canada, en Suisse et en Belgique.

Geev
Bordeaux
15 salariés
CA : n. c.
www.geev.com

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