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Développement économique : la Nouvelle-Aquitaine vote son schéma directeur

Écosystème
mercredi 22 juin 2022

Alain Rousset et Andréa Brouille présentaient en février dernier les grandes lignes du nouveau SRDEII, voté le 20 juin en séance plénière - crédit AL

Réuni en séance plénière, le conseil régional a adopté lundi à Bordeaux son nouveau schéma de développement économique et industriel, qui trace les grandes orientations stratégiques de la collectivité en matière de soutien aux entreprises et d’attractivité territoriale. Articulé autour de trois priorités, il ambitionne de faire de la Nouvelle Aquitaine « la première région éco-responsable de France en 2030 ».

SRDEII saison 2, épisode 1. La Nouvelle Aquitaine a voté lundi son nouveau schéma régional de développement économique, d'innovation et d'internationalisation. Portant sur la période 2022 – 2028, le texte se veut à la fois moins technique, plus accessible et inscrit dans le prolongement du précédent, avec une stratégie recentrée sur trois objectifs principaux.

D’abord, « accélérer les transitions au service de la compétitivité économique et de l’emploi », en adéquation avec la feuille de route Néo Terra. « L’idée est d’accompagner les entreprises dans la réduction de leurs consommations ou dans leur stratégie de mix énergétique, à l’image de ce que nous faisons avec Calcia ou Smurfit Kappa, qui figurent parmi les entreprises les plus énergivores de la région, mais aussi de travailler sur les enjeux de transmission, pour maintenir des emplois pérennes sur le territoire, ou de faire évoluer les achats vers des pratiques plus responsables », a expliqué vendredi Andréa Brouille, lors d’un point presse organisé en amont du conseil. Vice-présidente de la région en charge du développement économique, c’est elle qui a porté la conception du texte et sa phase de concertation préalable.

Le deuxième objectif s’attache quant à lui au renforcement de la souveraineté régionale par l’innovation, avec la volonté affichée de faire émerger ou de conforter, au sein des grandes filières régionales, des chaînes de valeur complètes, renforçant la réindustrialisation et limitant la dépendance aux importations. « Cet objectif englobe déjà ce que nous faisons avec le programme Usine du Futur, avec le club des ETI, ou avec Propuls. Il s’agit de faire de nos PME les ETI de demain, de travailler la structuration des filières pour les sauts technologiques, et de s’appuyer sur des projets phare qui sont souvent les vitrines de nos filières, à l’instar du Ferrocampus de Saintes », indique Andréa Brouille.

De plus en plus de dossiers à « grande valeur écologique »

Dernier objectif affiché : « placer l’humain et l’équilibre des territoires au cœur du développement ». Ici, les différents chantiers prévoient, entre autres de travailler sur l’attractivité des métiers, des entreprises, mais aussi des territoires. « Pour accueillir une entreprise, il ne suffit pas d’avoir du foncier et des bâtiments, il faut des services, des écoles, des médecins, etc. C’est un chantier transversal qu’il faut conduire avec tous les acteurs du territoire », rappelle la vice-présidente. Le développement de l’agroécologie – qui fera l’objet d’une feuille de route dédiée d’ici quelques mois, le soutien à l’ESS ou le renforcement des pratiques RSE figurent également au programme du texte, qui dans son ensemble, ambitionne de faire de la Nouvelle-Aquitaine la première région éco-responsable de France en 2030. « Je sens au niveau des entreprises un appétit important pour tous les sujets liés à l’économie circulaire, au recyclage ou aux économies d’eau », commente Alain Rousset, président du conseil régional, selon qui les services n’ont jamais reçu autant de dossiers à « grande valeur écologique ».

Le président de région a profité, vendredi, de la présence de la presse, pour appeler le gouvernement et sa Première ministre, Elisabeth Borne, à s’inspirer de la stratégie portée par ce nouveau SRDEII, pour travailler à la mise en œuvre de « contrats d’objectifs et des moyens pour accélérer et détecter ses trajectoires industrielles indispensables », sans considérer les régions comme de simples « sous-traitants » de la politique nationale. Il invite par ailleurs à transformer les PGE en fonds propres, « là où il y en a besoin », pour renforcer les entreprises et les aider à continuer leur développement face aux surcoûts liés à la crise. « Il est impératif que la France se dote de ce type d’intervention, qui ne peut être fait que par banque publique régionale », estime Alain Rousset.