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Régionales (2/3) : les candidats face aux enjeux de la réindustrialisation

Écosystème
mardi 01 juin 2021

La crise sanitaire a souligné et rappelé l’importance du développement de l’industrie régionale. Comment les candidats aux élections régionales des 20 et 27 juin prochain se positionnent-ils sur cette question épineuse, qui en appelle aux compétences clé de la Région en matière de développement économique ? Retour sur les échanges nourris qui ont animé la deuxième partie du grand débat organisé par Placéco, 20 Minutes et le Populaire du Centre, à revoir en intégralité grâce à la vidéo ci-dessus.

Avec une enveloppe de 689 millions d’euros en 2021, le poste du développement économique représente 21% du budget annuel de la région Nouvelle-Aquitaine. L’orientation que souhaitent donner à ces fonds les candidats aux régionales représente de ce fait l’un des enjeux majeurs de l’élection à venir.

La mesure phare des candidats

Première à s’exprimer, Edwige Diaz, tête de liste du Rassemblement National, affiche comme mesure phare le conditionnement des investissements de la Région au maintien d’un emploi local. Elle prend l’exemple de l’usine BorgWarner d’Eyrein en Corrèze, dont les 360 emplois n’ont pas été sauvés en dépit des aides de l’Etat et des collectivités locales, et défend la vision d’une région stratège, capable de défendre l’ensemble de ses filières et tournée vers la souveraineté économique.

Le Républicain Nicolas Florian avance la création d’un fonds souverain régional, capable de mobiliser à la fois les fonds publics et l’épargne populaire, pour doter les entreprises de fonds propres et ainsi soutenir leur développement, en insistant sur les filières de progrès. Il promet également de travailler sur le volet de la relocalisation, en identifiant des sites susceptibles d’accueillir des activités porteuses, à l’image des anciens terrains de Ford à Blanquefort. Il soutient dans le même temps l’idée d’un fonds régional de soutien aux brevets.

Alain Rousset, président sortant socialiste, aura eu beau jeu de lui rappeler l’existence du fonds régional Aquiti Gestion. Il souligne que la Région accompagne 2600 entreprises par an, toutes méthodes de financement confondues, et œuvre directement à l’émergence de filières d’avenir telles que les batteries lithium-ion. Il réaffirme enfin ses critiques envers le modèle centralisé du développement économique français, appelle au renforcement des capacités de la région pour se rapprocher du modèle allemand, et appelle à prolonger les efforts engagés autour de l’usine du futur, dont les bénéfices contribuent à la compétitivité de la France sur la scène européenne.

L’écologiste Nicolas Thierry, vice-président du Conseil régional, propose la création d’une société régionale d’investissement mêlant public et privé, capable d’orienter des fonds en direction des secteurs d’avenir et de la reconstruction d’une économie régionale adaptée aux enjeux de la transition écologique. Il promet également de mobiliser l’épargne, avec l’objectif affiché de faire de l’écologie le carburant du tissu industriel régional. 

Geneviève Darrieussecq, ministre et tête de liste LREM, prône le renforcement de la souveraineté régionale sur les secteurs les plus stratégiques. Elle préconise par exemple le développement du cluster déjà existant sur la robotique pour en faire une véritable filière à part entière, de la formation initiale au développement des entreprises, de façon à ce que ses bénéfices profitent à l’ensemble du tissu régional, qu’il s’agisse d’usine du futur, mai aussi d’agriculture ou de santé, autour d’une problématique telle que le maintien à domicile des personnes âgées.

Clémence Guetté, tête de liste de la France Insoumise, s’engage quant à elle à une meilleure maîtrise des fonds publics, détournant ces derniers des entreprises ne respectant pas certains engagements sociaux ou écologiques. Elle affirme que la région a la capacité de retrouver une forme de puissance publique en faveur des salariés et illustre les perspectives de reconversion que pourraient offrir des usines sinistrées telles que les fonderies du Poitou ou Verallia, près de Cognac. Elle propose une stratégie d’investissement centrée sur les besoins essentiels, et sur la reconversion des filières menacées vers des secteurs d’avenir.

Retrouvez l’intégralité des échanges, avec quelques débats houleux sur le rôle de l’action publique, le bilan de la précédente mandature, et la place de l’écologie dans la stratégie régionale, dans la séquence vidéo.

Regardez également la première partie du débat, consacrée aux enjeux de la formation professionnelle, en attendant la publication, mercredi matin, du troisième volet dédié aux problématiques de mobilité et d'aménagement du territoire. 

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