Placéco, Le média qui fait rayonner l’écosystème girondin

Régionales (1/3) : quels projets pour la formation professionnelle ?

Écosystème
mardi 01 juin 2021

Ce mardi 1er juin, Placéco, 20 Minutes Bordeaux et Le Populaire du Centre organisaient un grand débat à l’approche des élections municipales. L’économie, au cœur de ce rendez-vous, a été abordée sous l’angle de trois thématiques : la formation professionnelle, la réindustrialisation et la mobilité. Placéco vous propose une session de rattrapage pour tout savoir des propositions des candidats. Premier volet, la formation professionnelle.

Autour de la table pour aborder les enjeux de la formation professionnelle, six des huit candidats aux élections régionales : Alain Rousset (PS, PRG, PCF, Place Publique, Liberté Ecologie Fraternité) le président sortant de la Région Nouvelle-Aquitaine, Nicolas Florian (LR, Nouveau Centre), Geneviève Darrieussecq (LREM, MoDem, UDI), Edwige Diaz (RN), Nicolas Thierry (EELV, Génération.s, Cap 21, Cap Ecologie, parti animaliste, GRS) et Clémence Guetté (LFI, NPA).

La proposition phare de chacun

Pour entamer ce débat, chaque candidat tête de liste a pu présenter la proposition qu’il juge primordiale en matière de formation professionnelle.

Clémence Guetté : La candidate LFI et NPA prône un investissement massif dans la formation professionnelle publique. « Je crois que dans tous les secteurs il y a eu une tendance d'évolution vers des organismes de formation privés. Cela a eu plusieurs conséquences, d’abord sur les contenus qui ont perdu en consistance, mais aussi sur un manque de moyens de manière générale. » Clémence Guetté cite en exemple les formations professionnelles agricoles, « financées allègrement par la FNSEA et tenues par le privé comme les Maisons Rurales ». « On sait que c’est le moment de former une nouvelle génération d’agriculteurs, notamment tournés vers des pratiques plus vertueuses comme la bio, la fin des pesticides. Nous proposons un réinvestissement massif pour maîtriser les techniques que l’on veut demain, et pour maîtriser les défis qui se portent aujourd’hui à notre région Nouvelle-Aquitaine. »

Edwige Diaz : La candidate de Marine Le Pen souhaite revaloriser le travail manuel, mais aussi rendre accessible l’apprentissage à partir de l’âge de 14 ans. « On mesure l’efficacité d’un dispositif à son résultat, or en Nouvelle-Aquitaine le compte n’y est pas, a-t-elle fustigé. Le nombre de demandeurs d’emploi ne baisse pas et la Région dépense environ 500 millions d’euros par an pour la formation professionnelle, sans résultat. » Edwige Diaz propose de conditionner les aides aux entreprises, à partir d’un certain seuil, à l’embauche d’un jeune en contrat d’alternance ou de professionnalisation.

Nicolas Florian : L’ancien édile de Bordeaux porte la création d’un contrat de retour à l’emploi durable, « qui est aujourd’hui un échec, car à peine au-dessus de 20% » selon lui. Il souhaite se reposer sur les acteurs du territoire (filières, fédérations, chambres consulaires) pour établir avec eux un diagnostic des besoins des entreprises, « pour savoir quelles sont les formations du futur ». Nicolas Florian veut des formations dédiées à des personnes « qui retrouveront un emploi », et propose d’obliger les entreprises à rédiger une promesse d’embauche « dès que la Région paiera la formation ». La personne en formation, elle, « ne pourra pas se dérober face à l’offre d’emploi formulée par l’entreprise ».

Alain Rousset : Le président sortant de la Région a, lui, défendu son bilan. « Continuer ce que l’on a expérimenté avec les filières : nous travaillons sur les métiers à pourvoir, sur une meilleure rémunération des stagiaires. » Citant en exemple l’aérocampus de Lastresne mis en place durant sa mandature, Alain Rousset poursuit sur cette voie avec ferrocampus à Saintes « pour inventer le ferroviaire du futur », et un campus sur les filières navales et nautiques entre Rochefort, La Rochelle et Bordeaux. « Là, on est sûr d’avoir les cibles et la mobilisation des entreprises sur la formation. »

Nicolas Thierry : Le candidat EELV veut que la Région lance un nouveau mode d’intervention de proximité : des campus des transitions « qui répondent aux besoins d’emplois des entreprises et aux projets d’avenir des territoires ». « Notre responsabilité est d’avoir une stratégie en matière de formation qui soit cohérente avec les filières actuelles, que nous accompagnerons vers la transition écologique, mais aussi d’avoir une cohérence avec les filières que l’on fera émerger. Par exemple les technologies de rupture autour de l’énergie, ou encore l’agroécologie qui remplacera l’agrochimie. » Nicolas Thierry propose que la Région finance à 100% la formation d’un jeune de moins de 25 ans, lorsqu'elle concerne un métier de la transition écologique et sociale.

Geneviève Darrieussecq : L’actuelle Ministre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens combattants veut une formation agile, qui s’adapte et propose de l’innovation sur chaque territoire. « Sans formation, pas d’économie ni d’emploi. C’est un secteur clef, a-t-elle martelé. Ce qui se passe dans le Poitou-Charentes n’est pas la même chose que dans le Médoc. » Geneviève Darrieussecq propose de mettre en place des campus d’avenir dans chaque département de la Nouvelle-Aquitaine. « Des campus tournés autour de la transition écologique, de ces métiers nouveaux tels que l’agroécologie, le réemploi de matériaux, le numérique, mais aussi des technologies de pointe comme la robotique. »

A lire aussi : Régionales (2/3) - les candidats face aux enjeux de la réindustrialisation

Dans la même série

Débat des régionales 2021