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UIMM Adour Atlantique : « attirer plus de femmes dans les métiers de la métallurgie »

Écosystème
mercredi 24 janvier 2024

Sandrine Cointe, directrice emploi, recrutement et certifications au sein de l'UIMM. Crédits : UIMM

Du Béarn, en passant par la Soule et le Seignanx, l'UIMM Adour Atlantique accompagne les entreprises du secteur de la métallurgie, sur des questions juridiques, sociales ou encore économiques. C'est en tout cas les missions qu'évoque Sandrine Cointe, directrice emploi, recrutement et certifications. Selon elle, le syndicat patronal travaille actuellement sur plusieurs axes et notamment, le recrutement des femmes dans le secteur de la métallurgie.

Il y a quelques semaines, l'Union des Industries et Métiers de la Métallurgie organisait des journées portes ouvertes au sein de ses pôles formation : dans les Landes, le Béarn, mais également les Hautes-Pyrénées. L'occasion pour le syndicat patronal d'intéresser des salariés jeunes et moins jeunes, aux métiers de la métallurgie, un secteur d'activité très présent sur ces départements mais qui manque parfois de visibilité.

« Nous avons souvent des difficultés d'attractivité sur cette filière qu'est la métallurgie. C'est un secteur peu connu et dont certains ignorent la diversité. C'est pour cette raison que sur Tarnos, nous avons mis en place une journée "vis ma vie", en proposant à deux salariés ou chefs d'entreprise, d'échanger leurs rôles le temps d'une journée. Nous proposons par exemple à un proviseur de venir travailler avec un responsable d'industrie. L'objectif est de découvrir le métier de l'autre et de pouvoir en parler par la suite, en connaissance de cause », explique Sandrine Cointe, directrice emploi, recrutement et certifications au sein de l'UIMM. « L'idée, à travers ces actions, est également d'ouvrir le champ des possibles à certains publics et nous essayons notamment d'attirer plus de femmes dans ces métiers. » C'est, selon elle, l'un des grands axes de travail de l'UIMM Adour Atlantique pour cette année 2024, avec, en parallèle, l'accompagnement des entreprises adhérentes sur le développement de leur RSE.

Quelque 300 offres d'emploi à pourvoir

« C'est un réseau créé pour et par les chefs d'entreprise. » Pour Sandrine Cointe, l'UIMM Adour Atlantique, en tant que syndicat patronal, a d'abord pour vocation d'accompagner et de représenter les entreprises du secteur de la métallurgie. « Nous avons quelque 180 entreprises adhérentes sur ce bassin, ce qui représente pas loin de 90% des effectifs salariés de la métallurgie, en comptant ceux qui travaillent dans la fabrication, l'électronique ou encore l'usinage. En tout, ce sont plus de 21.000 salariés qui ont rejoint le réseau au cours des années précédentes. », estime Sandrine Cointe. « Parmi ces entreprises adhérentes, 79% ont un effectif de moins de 50 salariés. Nous les accompagnons au quotidien puisque nous avons d'abord un rôle de représentation de ces sociétés, un rôle aussi de négociation avec les représentants de salariés au niveau national et territorial ; mais également un rôle de défense des intérêts des industriels, en matière de lobbying notamment. Nous les guidons également en matière de conseil juridique et social, mais aussi d'emploi et de recrutement et enfin de développement industriel », détaille la directrice emploi, recrutement et certifications.

Parmi les entreprises adhérentes, des TPE et PME qui sont implantées sur le département des Landes mais également sur les départements voisins, et qui ont parfois des difficultés à se rendre attractives. « Nous avons aujourd'hui près de 300 offres à pourvoir et pour lesquelles nous cherchons à recruter des personnes sur des métiers d'ajusteurs-monteurs, tourneurs, fraiseurs, rectifieurs ou encore maintenanciers. » Des secteurs en difficulté pour certains, mais qui sont contrebalancés, selon elle, par la belle dynamique que connaît la filière aéronautique. « Nous avons beaucoup d'entreprises qui travaillent en sous-traitance d'Airbus ou de Safran et produisent des pièces qui vont équiper ces aéronefs. Parmi elles, on a aujourd'hui une projection de commandes à 10 ans. »

« Un taux d'insertion de 93% à six mois »

Ainsi, c'est pour répondre aux demandes de recrutement de ces différents secteurs que l'UIMM s'est dotée de plusieurs sites de formation. « Nous avons  sur le territoire, plusieurs pôles qui permettent de former les apprentis mais aussi les salariés et les demandeurs d'emploi des entreprises de la métallurgie.  A Tarnos, nous proposons des cursus pour les métiers de l'usinage, du pilotage de ligne ou encore de la chaudronnerie, notamment pour les étudiants en apprentissage. Nous accompagnons également les salariés en reconversion ou les salariés en poste qui viennent consolider ou valider leurs acquis », explique Sandrine Cointe. « Notre objectif est ainsi d'adapter nos formules en fonction des publics que nous avons en face. Nous recevons également des CV de personnes en situation de handicap qui sont elles aussi éligibles à l'apprentissage. Pour les personnes en reconversion, nous avons un parcours plus court, qui permet de valider des qualifications de branches et les compétences déjà détenues. »

Au total, ce sont près de « 700 apprentis qui sont formés chaque année au sein de ces pôles », estime Sandrine Cointe. « Derrière, nous avons un taux d'insertion de près de 93% à six mois, avec quelque 500 entreprises partenaires, et près de 90% de taux de réussite au diplôme. » Des résultats encourageants, sur des profils d'apprentis qui sont aujourd'hui très masculins. « L'idée désormais est d'ouvrir le champ des possibles à un public jeune mais aussi en constante mutation. C'est pour cette raison que nous essayons d'attirer plus de femmes dans ces métiers. Nous avons des entreprises, parmi nos adhérents, qui ont des objectifs de 30% de féminisation de leurs effectifs. C'est un des axes forts de travail pour nous », affirme Sandrine Cointe. Autre axe de travail pour l'UIMM Adour Atlantique : la RSE. « Nous avons accompagné 30 TPE et PME dans le cadre d'un diagnostic en matière RSE en 2023. Nous souhaitons poursuivre cette année dans cette voie avec 40 accompagnements, notamment au niveau de la décarbonation et du développement d'industries plus vertes. »

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