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Vélo : la Nouvelle-Aquitaine veut créer une filière industrielle

Écosystème
mercredi 25 mai 2022

La Région veut se concentrer sur les innovations de rupture et l'industrialisation de la filière. Photo d'illustration : Adobe Stock Wip-Studio

La Région Nouvelle-Aquitaine planche sur un « plan vélo », pour soutenir les acteurs de la filière. Si aucune feuille de route n’est arrêtée pour le moment, plusieurs pistes sont privilégiées telles que les batteries, leur recyclage ou la logistique du dernier kilomètre. Objectif : relocaliser plusieurs activités pour créer une vraie industrie régionale.

Cela fait près d’un an que la Région Nouvelle-Aquitaine a initié une série de rencontres, entre différents acteurs de la filière vélos. Tout est parti d’un constat : durant les confinements, des pénuries de cycles comme de composants se sont fait sentir ; tandis qu’en parallèle, la demande explose. Du côté des entreprises, plusieurs marques ont émergé telles que Jean Fourche, qui a récemment inauguré sa ligne d’assemblage à Bordeaux Euratlantique. Des industries se sont lancées et structurées sur le marché du vélo-cargo, ou de la batterie comme Gouach. « En bref, on a plusieurs forces en présence sur la Nouvelle-Aquitaine, résume Andréa Brouille, vice-présidente chargée du développement économique. Comment accompagner ces segments de marché, et développer la filière en région ? On veut se concentrer sur les innovations de rupture, avoir une vision industrielle pour apporter une valeur ajoutée au territoire. »

L’objectif n’est pas de relocaliser l’ensemble de la chaîne de valeurs. Mais d’identifier l’origine des composants, et voir ce qu’il serait possible de rapatrier. « Certaines pièces sont produites à l’étranger et sont difficilement relocalisables ici, ou sans valeur ajoutée, reprend Andréa Brouille. Nous devons concentrer nos investissements sur ce qui peut avoir un effet levier, ce n’est pas la peine de dépenser de l’argent s’il ne s’agit pas d’innovations qui vont rendre la filière vélo plus industrielle. »

Des batteries à l'insertion professionnelle

La Région veut se tourner, entre autres, vers la logistique du dernier kilomètre, de la gare au domicile. « Mais pas seulement pour les urbains, précise la vice-présidente du Conseil régional. Il faut essayer de trouver des solutions pour irriguer tout le territoire, comme les solutions à assistance électrique par exemple. » La batterie sera ainsi l’un des axes de développement, mais aussi son recyclage. « Nous sommes en train de réaliser une étude sur cette partie logistique, présente Pierre Morette, chargé de mission aux nouvelles mobilités au Conseil régional. Lorsqu'on parle de batteries, on pense plutôt à des modèles pour voitures ou plus grands. Les batteries plus petites sont un peu considérées comme des piles, jetables. » « Il faut travailler là-dessus pour qu’elles soient durables et/ou recyclables, et avoir une vraie plus-value », complète Andréa Brouille.

Mais pour « aller plus loin » sur la filière vélo, il faut aussi prendre en compte la formation et l’emploi. Selon Pierre Morette, en trois ans, le nombre de personnes formées, sur la partie mécanique notamment, a quadruplé. La preuve d’une demande et d’un intérêt croissant, alors que le taux d’insertion n’est que de 53%. « Il y a un vrai travail à faire sur les différentes branches d’activité. La plupart des acteurs sont des TPE et PME en croissance, qui lèvent des fonds et qui veulent embaucher derrière. À la Région, on veut augmenter ce taux d’insertion », affirme le chargé de mission, sans que des pistes précises soient déjà définies.

Produire en local et faire décroître les prix

Pour l’instant, le Conseil régional n’a pas non plus défini de budget ou de feuille de route. Un projet de « plan vélo » est en cours de réalisation, et aura pour but de « structurer la politique régionale à travers le développement économique ». Des études sont également en cours pour obtenir un panorama précis de la filière, et les équipes du Conseil régional affichent d’ores et déjà quelques ambitions. Pour Pierre Morette, « si aujourd’hui on produit plutôt en petite série, dès l’année prochaine on commencera à parler de moyenne série, de quelques milliers de vélos ». « Que ce soient pour les particuliers comme pour les professionnels, il y a un développement naturel de la demande. Plus nos entreprises seront agiles, plus on pourra les rendre indépendantes dans les processus de fabrication, et plus on pourra décroître les prix pour avoir des vélos les plus compétitifs possibles », conclut Pierre Morette.

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