Placéco, Le média qui fait rayonner l’écosystème girondin

Seaturns veut lever des fonds pour récupérer l'énergie des vagues

Demain
vendredi 25 septembre 2020

Vincent Tournerie et Gabriel Canteins sont les cofondateurs de Seaturns - Photo MB

L’entreprise bordelaise Seaturns, lancée en 2017, développe un cylindre flottant permettant de produire de l’électricité ou de dessaler de l’eau de mer. Encore en phase de recherche et développement, elle a lancé avant le confinement une levée de fonds pour permettre la création d’un prototype grandeur nature.

Depuis trois ans, Vincent Tournerie et Gabriel Canteins, cofondateurs de Seaturns, travaillent au développement de leur projet. Un système capable de récupérer l’énergie des vagues, pour produire de l’électricité ou permettre de dessaler de l’eau de mer. « J’ai imaginé ce flotteur cylindrique en 2017, se remémore Vincent Tournerie. Depuis une dizaine d’années je travaille sur les énergies marines et houlomotrices, et je me demandais pourquoi aucun système ne fonctionnait. » Pour ce scientifique, la réponse est simple : soit ces systèmes ne sont pas rentables, soit ils sont trop fragiles. « Là, notre cylindre est très robuste car après l’œuf, il s’agit de la forme la plus résistante. »

Il imagine alors un grand flotteur de 6 mètres de diamètre par 9 mètres de longueur, capable d’utiliser la houle pour fonctionner.

Deux utilités pour un même principe

« Pour fonctionner, ce flotteur est fixé à une ligne d’amarrage, explique le cofondateur de Seaturns. Il contient de l’eau placée dans deux chambres remplies d’air, séparées par une cloison. Avec la houle, un peu comme un yo-yo, l’eau va se déplacer et créer des cycles de compression et dépression dans ces chambres. Cela génère un flux d’air, qui actionne une turbine. » Ensuite soit la turbine est reliée à un alternateur pour produire de l’électricité, soit elle fait fonctionner une pompe pour dessaler de l’eau de mer. Un câble relie le flotteur à la terre ferme, pour y envoyer la production.

Ce système pourra être individuel et servir d’alimentation ponctuelle, pour un hôtel par exemple, ou être mis dans une ferme pour une production à grande échelle. En théorie, un flotteur pourra produire de 100 à 200 kW en moyenne par jour. Concernant le dessalage, dans le golf de Gascogne par exemple, 250 mètres cube d’eau douce seront produits par jour.


Le cylindre mesurera 6 mètres de diamètre par 9 mètres de longueur - Photo MB 

Une importante phase de R&D

En trois ans, Seaturns a remporté plusieurs appels à projets permettant de réaliser des essais dans des bassins à houle. Le binôme est notamment allé au Danemark. « L’avantage de ces bassins, c’est que l’on peut simuler plusieurs types de houle, reprend Vincent Tournerie. Nous avons testé notre maquette sur des vagues jusqu’à trois fois plus grandes que notre système. »

D’autres appels à projets ont permis à l’entreprise de financer ses études, et la Région Nouvelle-Aquitaine a d’ailleurs financé près de 90 000 euros de R&D. « C’est une phase qui prend énormément de temps dans ce genre de projet. On doit y aller étape par étape. » Début novembre, le binôme doit aller faire de nouveaux essais à Porto, pour approfondir ses recherches.

Peu de temps avant le confinement Seaturns a lancé une levée de fonds, dans l’objectif de collecter 400 000 euros. « Nous sommes en discussion avec des business angels, détaille le cofondateur. Nous espérons avoir réuni cette somme en début d'année prochaine, car cela nous permettra de financer un prototype d’essai en mer. »

Seaturns vise le marché en B2B

Si tout se déroule comme prévu, le prototype sera testé dans l’océan à l’été 2022. Ensuite, Vincent Tournerie et Gabriel Canteins espèrent lancer la phase de pré commercialisation en 2023 ou 2024. « Nous visons de grosses entreprises comme clients, détaille Vincent Tournerie. Soit des producteurs d’énergie, soit de grosses industries. » Il imagine travailler directement à l’international, dans les endroits où les vagues sont les plus importantes. « Il y a un vrai potentiel dans l’industrie touristique comme aux Seychelles par exemple. »

La durée de vie d’une unité sera d’environ 20 ans, et Seaturns la fournira, tout en assurant ensuite le service après-vente. Une « vraie alternative pérenne » aux énergies classiques pour son cofondateur, mais qui nécessite encore 18 mois de R&D. 

Seaturns
Bordeaux
www.seaturns.com

Sur le même sujet