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Kedge Business School investira 45M€ d'ici 2025

Stratégie
jeudi 01 avril 2021

Alexandre de Navailles - Crédits Kedge BS

Créée il y a 150 ans, Kedge Business School (anciennement Bordeaux école de management) est une institution dans le port de la lune. L’école de commerce accueille chaque année 14.800 étudiants, dans ses huit campus français et internationaux. Après une année 2020 sans grand impact sur son volume d’activité, la structure a récemment dévoilé son nouveau plan stratégique. Objectif affiché : faire évoluer le chiffre d’affaires de 120 millions d’euros actuellement, à 170M€ d’ici 2025. Explications avec Alexandre de Navailles, directeur général de Kedge BS.

Vous avez annoncé investir 45 millions d’euros dans les prochaines années pour assurer une croissance de votre chiffre d’affaires de 40% d’ici 5 ans. Cette montée en puissance est-elle nécessaire aujourd'hui ?
L’école s’est beaucoup développée ces dernières années. Depuis sa fusion avec Euromed Management il y a huit ans, Kedge BS a vu son chiffre d’affaires multiplié par 1,5 ce qui est déjà une belle croissance. Ensuite, il y a une demande qui s’étoffe, se différencie. Ce n’est pas de la croissance pour la croissance, c’est une réponse au marché actuel et aux besoins des étudiants, pour les rassurer et leur assurer une employabilité une fois diplômés.

Quels projets seront menés avec cette somme ?
Nous allons principalement agrandir notre campus parisien. Aujourd’hui il est de 3.000 m² et accueille 700 étudiants, à terme la superficie sera doublée avec un potentiel d’accueil réhaussé à 2.000 étudiants. Celui de Marseille sera également agrandi de 6.000 m² avec 1.000 places supplémentaires. Ensuite nous constatons que la demande pour la formation continue est bien réelle, prégnante, et l’on doit y répondre. Nous allons donc doubler cette activité en investissant énormément sur le numérique et la digitalisation de certains cursus et diplômes. Également, la marque Kedge à l’international est un vrai sujet et un enjeu sur lequel nous allons travailler. Pour augmenter la part des étudiants internationaux dans nos rangs, qui est aujourd’hui de 23%.

Objectifs monde et numérisation

Cela signifie-t-il que vous ouvrirez de nouveaux campus à l’étranger, autre qu’à Abidjan (Côte d’Ivoire), Shangaï et Suzhou (Chine), ou Dakar (Sénégal) ?
Je ne sais pas encore quelle forme cette stratégie prendra. Cela peut être avec un campus partenaire, l’ouverture d’un campus en propre, ou la promotion de nos programmes via un partenariat… Aujourd’hui nous pensons que des opportunités existent encore en Afrique, pourquoi pas au Maghreb, mais aussi en Asie du Sud-Est où l’enseignement français est présent mais où il reste une place à prendre, et aussi en Inde. Nous regardons aussi les possibilités en Europe car hormis la France nous n’avons pas de réelle présence sur le continent. Pourquoi pas nous tourner vers les pays anglo-saxons ?

Vous n’avez pas fait mention du campus de Bordeaux dans les futurs investissements. Qu’en est-il ?
Je dirais qu’il a atteint un bon degré de maturité. Il a été entièrement reconstruit il y a une dizaine d’années, et il n’a pas vocation à s’agrandir aujourd’hui, d’un point de vue strictement immobilier. Maintenant les investissements sur nos campus se poursuivront sur le volet digital. C’est notre priorité depuis ce début d’année et jusqu’à septembre 2021 : la totalité de nos 130 salles de cours seront digitalisées. C’est un pan important des 45M€ d’investissements. Les professeurs pourront faire cours de manière totalement transparente, non plus en Teams ou Zoom mais avec des équipements bien plus performants.

Rester attentif à l'employabilité des étudiants

Lors de la présentation de ce plan stratégique vous avez mentionné « Kedge as a service », une nouvelle offre que vous proposerez. Qu’est-ce-que c’est ?
C’est l’idée de dire que l’on a un savoir-faire en matière de recherche et d’enseignement, d’accompagnement de nos étudiants. Nous pensons que nous sommes capables d’exporter ce savoir-faire, et nous sommes en train de mûrir le projet pour le développer, puis commercialiser des offres aussi bien en France qu’à l’étranger. Au-delà de cette nouvelle offre, nous avons une pédagogie très expérientielle avec nos étudiants, que nous allons continuer de développer. Nous sommes très attachés à l’apprentissage avec plus de 2.000 apprentis soit 20% de nos effectifs.

Vous parliez de l’employabilité de vos étudiants, mais il y a aussi les recherches de stages au sein d’entreprises. Avec la crise actuelle, est-ce une préoccupation majeure pour Kedge BS ?
Absolument. Pour les stages d’abord, en 2021 nous avons signé à date autant voire plus de conventions que l’an dernier au même moment. Nous avons redoublé d’efforts pour cela, et concentré les équipes sur cette activité importante. Sur l’apprentissage nous comptons 30% d’apprentis en plus cette année scolaire, car nous avons cherché pour eux des solutions d’apprentissage signées avec les entreprises. Enfin dernier sujet, sans doute le plus important, le taux d’emploi en sortie d’école. Nous commençons à avoir une meilleure visibilité maintenant, six mois après l'obtention du diplome, et à ce stade nous sommes à peu près dans les mêmes chiffres que l’an dernier c’est-à-dire environ 95% d'étudiants qui trouvent un emploi dans les quatre mois suivant la fin de leur cursus. C’est rassurant car l’enjeu de l’employabilité existe en cette période, mais nos efforts sont pour l’instant payants.

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