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Ikos : un terrain nommé désir

Engagement
lundi 21 septembre 2020

Marion Besse et Fabrice Kaid de l'association Ikos - photo MP

Créer dans la métropole un site unique de 17000 m2 qui réunirait les entrepôts de plusieurs acteurs du recyclage, une méga galerie marchande et des ateliers pédagogiques : tel est le projet Ikos porté par un collectif girondin de l’Économie Sociale et Solidaire, toujours en attente de propositions de terrains de la part des collectivités.

Un lieu où chacun pourra déposer, réparer ou acheter des objets recyclés au sein d’une galerie marchande de 2000m². Un lieu avec d’immenses entrepôts qui permettrait aux acteurs métropolitains du recyclage de développer dans de bonnes conditions leur activité. Un lieu aussi de pédagogie où tout un chacun pourrait découvrir les coulisses du recyclage. Tel est le tiers-lieu idéal et inédit que plusieurs acteurs de l’ESS réunis depuis 2018 au sein du collectif Ikos ont imaginé.

« À ce jour, en effet, aucun projet d’une telle envergure n’existe en France. Seule la Suède a d’ores et déjà sauté le pas avec son projet ReTuna, soit la première grande surface de vente de produits de réemploi, un lieu d’une grande qualité avec des commerces traditionnels et un modèle économique basé sur la massification », indique Fabrice Kaïd, co-fondateur de l’association Ikos et directeur de l’Atelier D’Eco Solidaire, dédié au recyclage de mobiliers et d’objets.


A Bordeaux Nord, le dépôt vente de l’Atelier D’Eco Solidaire

Pour cette association comme pour les quatre autres acteurs partie prenante de ce projet (La friperie le Relais Gironde, le réseau de réemploi R3 de collecte des encombrants, le Livre Vert et les Compagnons Bâtisseurs Nouvelle Aquitaine qui développe un projet de vente de matériaux de construction recyclés), la création de ce lieu relève, avant tout, d’une nécessité. « Toutes nos structures ont été rattrapées par un effet de mode qui prône le tri. Désormais les tonnages réceptionnés explosent. Tous nos entrepôts sont pleins et nous manquons de places. Or, de par nos valeurs, nous avons à cœur de traiter ces volumes - qui se traduisent aussi par de la création d’emplois, de l’insertion et du lien social, une réduction du coût pour la collectivité de traitement des déchets, un impact environnemental… », liste Marion Besse, présidente d’Ikos et salariée du Relais, entreprise d’insertion dédiée à la collecte et la revalorisation de vêtements et chaussures.

Passer de 140 à 200 salariés

Avec la création d’un site de 17 000m² et de vastes entrepôts, ces acteurs estiment pouvoir doubler rapidement leur activité, passer de 7000 tonnes de déchets actuellement traités à 14 000 tonnes. « En termes d’emplois, nous pourrions grandir de 140 à 200 salariés », estime Marion Besse, qui annonce par ailleurs la venue au sein d’Ikos de nouveaux acteurs de l’ESS : la Recyclerie Sportive de Bordeaux-Mérignac, Envie et de l’association Échanges Nord-Sud.

« Avec ces nouveaux membres, nous serions en capacité, si nous disposions d’une galerie marchande, de proposer une gamme complète de produits de seconde main à des prix avantageux : vêtements, livres, matériaux, alimentaire, électroménager… Il ne nous manquerait que des acteurs du recyclage de jouets et dans l’électronique », ajoute la présidente d’Ikos, persuadée que proposer un lieu d’achat unique dans la métropole, avec une présentation plus qualitative et attrayante des produits, serait gage de succès. « Ikos, c’est aussi la volonté de faire un modèle économique grâce à une offre ludique par des ateliers de réparation et de sensibilisation, l’accueil d’anniversaires, des activités manuelles et ce, pour répondre à une demande de la population de revenir vers le « faire » et de mieux comprendre comment fonctionnent nos systèmes ».

Ikos sollicité par des collectivités

Pour autant, malgré tous ces arguments et le soutien de la Métropole depuis la création d’Ikos, trouver le terrain d’accueil de ce futur site, dont le coût de construction est estimé à 10 millions d'euros, tarde. Ces différents acteurs étant pour l’essentiel situés vers Bordeaux Nord, de premières pistes d’implantation ont été étudiées, notamment à La Jallère, mais les terrains se sont avérés inconstructibles. La période électorale et la crise liée au Covid ont de même ralenti l’avancée du projet.

Depuis une rencontre avec la nouvelle équipe municipale de Bordeaux a ravivé les espoirs du collectif, qui annonce avoir été sollicité par ailleurs par les Villes de Mérignac et Floirac, Euratlantique et avoir participé à l’AMI Ford sur des terrains non construits à Blanquefort. « Il faudrait cependant qu’un terrain soit trouvé assez rapidement car chacune de nos structures est engorgée et certaines commencent par nécessité à repenser leur stratégie », alerte le collectif.

https://ikos-bordeaux.fr