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Votelab met la blockchain au service de la démocratie participative

Demain
lundi 13 décembre 2021

Christophe Camborde et Jean-Sébastien Suze, sont respectivement président et directeur général de Votelab - crédit Votelab

Basée à Bordeaux et adossée à l’association Civicpower, la « civictech » Votelab ambitionne d’accompagner les acteurs publics ou privés dans l’organisation de votes dématérialisés, sécurisés grâce à la blockchain. Pour financer son développement, elle émet sa propre cryptomonnaie, le $POWER, dont l’introduction sur les marchés vient d’être médiatisée par une campagne de pub TV. Une première dans le monde des crypto !

Début septembre, la ville de Bruges a organisé une consultation citoyenne au sujet de ses futurs équipements sportifs. Avertis par courrier postal, les habitants ont reçu un QR Code leur permettant de se connecter à une plateforme en ligne et de répondre, en quelques minutes, aux questions posées par la municipalité. « La consultation n’est pas un phénomène nouveau en soi, on connait par exemple les réunions de quartier, mais il n’y a souvent que peu de participants. Tout l’enjeu de la démocratie participative consiste à ouvrir la consultation au plus grand nombre, et pour ça, il n’y pas mieux que le numérique », introduit Jean-Sébastien Suze.

Ancien directeur général d’Ezakus, puis de NP6 - racheté en début d’année par le parisien Chapsvision - ce spécialiste du marketing numérique supervise aujourd’hui le développement de Votelab, une jeune startup qui développe et commercialise ces services de consultation citoyenne en direction de collectivités locales, mais aussi d’associations ou d’organismes privés, pour gérer par exemple le vote lors d’une assemblée générale.

Cloud et blockchain au service du vote

Pour organiser ses consultations, Votelab exploite les outils numériques développés par Civicpower, une association engagée en faveur des nouvelles formes de participation citoyenne, avec le concours de la technologie blockchain développée par une autre startup bordelaise, Inblocks. Les trois entités sont d’ailleurs présidées par la même personne, l’entrepreneur Christophe Camborde. La blockchain promet dans ce contexte une gestion à la fois décentralisée et sécurisée des votes, avec des garanties techniques en matière de transparence et d’immuabilité des données. « Le processus est le même que quand on enregistre une transaction en bitcoin. Chaque vote fait l’objet d’un enregistrement anonymisé dans la blockchain, ce qui permet à tous ceux qui la consultent de vérifier que le vote a bien été pris en compte », illustre Jean-Sébastien Suze.

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Si l’objectif affiché à long terme est de contribuer à l’avènement du vote électronique pour les grands rendez-vous électoraux, Civicpower et Votelab ont conscience que le sujet soulève des enjeux complexes, qui dépassent la simple question de la sécurité. En attendant, les deux entités appellent les élus à s’appuyer sur leurs outils pour impliquer les citoyens dans la vie démocratique au-delà des phases de campagnes électorales. « On ne dit pas qu’il faut demander un avis sur tout, mais la consultation citoyenne est un moyen de faire émerger un avis susceptible d’éclairer les décisions politiques », commente le directeur général de Votelab. Hasard du calendrier : Civicpower, qui permet aussi au grand public de créer des consultations, hébergeait récemment un sondage dédié au choix de Pierre Hurmic de faire édifier un sapin de verre et d’acier, en lieu et place de « l’arbre mort » qui avait fait couler tant d’encre fin 2020. « C’est typiquement un sujet sur lequel une consultation aurait eu du sens », sourit Jean-Sébastien Suze.

Le token $POWER pour financer le développement

Le projet mobilise actuellement 15 personnes, auxquels s’ajoutent l’équivalent de 7 équivalents temps plein en sous-traitance, pour développer les outils techniques permettant de gérer l’authentification sécurisée (via France Connect par exemple), le back-office dédié à la création des consultations, et la vitrine publique que représente la plateforme Civicpower. L’équipe travaille par ailleurs à la création d’une blockchain privée, amenée à prendre le relais de la blockchain Ethereum, utilisée aujourd’hui.

Pour financer l’ensemble, Votelab a délaissé les circuits traditionnels au profit des mécaniques en vogue dans le monde des cryptomonnaies, avec l’émission d’un « token » baptisé $POWER. Lancé au printemps sous forme d’une ICO (Initial Coin Offering), il a permis à l’entreprise de réunir 3,5 millions de dollars contre l’émission d’une dette en cryptomonnaie auprès d’une communauté d’amateurs. Début décembre, elle a enclenché l’étape suivante de sa collecte de fonds, en permettant l’échange de son token sur des places de marché décentralisées (IDO, pour Initial Dex Offering). Cette introduction a été annoncée et médiatisée par le biais d’une campagne TV sur des chaînes d’information en continu. Une première, pas forcément évidente à orchestrer, dans la mesure où les cryptoactifs sont toujours précédés d’une réputation sulfureuse. « Tout a été fait dans les règles et avec l’accord de l’ARPP (Autorité de régulation professionnelle de la publicité) », précise Votelab, qui compte sur la valorisation de son token pour développer ses activités à l’échelle européenne, et peut-être, permettre l’avènement d’un outil de vote électronique capable de faire consensus.

Votelab 
Créée en octobre 2020
15 collaborateurs
CA : n.c.