L'UPPA tire la sonnette d'alarme sur sa situation financière
L'Etat ne compense que 0,68 millions d'euros sur 2,4 millions de charges nouvelles. Photo : LVG
L'université de Pau et des Pays de l'Adour alerte sur un déficit à venir en 2026, en raison, affirme son conseil d'administration, de décisions nationales.
Face à des charges en hausse et des compensations insuffisantes de la part de l’État, l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA) alerte sur une dégradation rapide de sa situation budgétaire. Le 7 novembre, son conseil d’administration a adopté une motion dénonçant les conséquences des décisions nationales non financées.
« Le cumul de transferts de charges estimé à 3,8 millions d’euros pour l’année 2026 compromet l’équilibre financier de l’établissement », stipule le texte, qui dénonce un non-respect « du principe "décideur-payeur", selon lequel toute mesure décidée par l’État doit être accompagnée de son financement intégral ». Parmi les nouveaux surcoûts identifiés : l’augmentation de la contribution au CAS Pensions et la participation à la protection sociale complémentaire des agents publics. Or, la compensation prévue par l’État reste partielle : seulement 0,68 million d’euros sur 2,4 millions.
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Déjà en juin, l’université avait adopté un Plan de stabilisation financière et des emplois pour anticiper d’éventuelles sanctions ministérielles. « La situation reste préoccupante, mais nous ne sommes pas les seuls », confiait en septembre le président Laurent Bordes, pointant une hausse continue des charges de personnel.
Déficit provisionnel de 3,8 millions d'euros
Avec un déficit prévisionnel de 3,8 millions d’euros en 2026, la motion votée évoque des conséquences directes : « ralentissement du renouvellement des emplois, contraction des moyens de fonctionnement courant et réduction des investissements », autant d’éléments susceptibles d’affecter « la qualité des formations, la dynamique recherche, [...] et les conditions de travail des personnels ».
Dans ce contexte, le conseil d'administration de l'UPPA demande « que le projet de loi de finances 2026 prévoie les crédits nécessaires à la couverture intégrale des mesures Guérini, de la hausse du CAS pensions et de la PSC », « rappelle que l’autonomie des universités ne peut être pas utilisée comme motif pour transférer à leur charge exclusive des dépenses décidées au niveau national » et « affirme son plein soutien à la position exprimée par France Universités et par les organisations syndicales représentatives des personnels, qui appellent à un sursaut politique et budgétaire en faveur du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche ».