Placéco Nouvelle-Aquitaine, le média qui fait rayonner l’écosystème

Votre édition locale

Découvrez toute l’actualité autour de chez vous

La coopérative CITBA se structure pour accélérer à l’international

Les SCOP d'Aquitaine
mercredi 25 mars 2026
La coopérative CITBA se structure pour accélérer à l’international

Mickael Holowatenko est dirigeant de CITBA depuis 12 ans. Photo LVG.

PME industrielle basée en Béarn, CITBA se positionne comme un intégrateur de solutions énergétiques et technologiques. Historiquement centrée sur la production, l’entreprise a progressivement enrichi son modèle avec des compétences d’ingénierie et de services, et amorce aujourd’hui un virage stratégique vers l’export pour sécuriser son activité.

Si, à sa fondation dans les années 1970, CITBA, était une PME industrielle de chaudronnerie, l’entreprise sise à Arthez-de-Béarn, et devenue une SCOP en 1975, s’est progressivement transformée. « Si on reste uniquement sur de la production, on meurt contre la concurrence internationale, souligne Mickaël Holowatenko, président du directoire de l’entreprise. Il y a aujourd’hui en Asie des gens qui font aussi bien que nous à des coûts nettement moindres. Si on était restés sur un schéma de volume, il serait arrivé la même chose qu’au textile en France ». CITBA a donc fait évoluer son modèle en développant des compétences en gestion de projet, qualité, sécurité (HSE) et génie des procédés. Aujourd’hui, si la capacité de production demeure, son cœur d’activité repose sur l’intégration de solutions dans les domaines énergétiques et technologiques. « La rentabilité n’est pas tant sur la production que sur les services support que l’on apporte », précise Mickaël Holowatenko. L’entreprise a également intégré des compétences en data analyse, notamment pour produire ses propres bilans carbone.

CITBA intervient sur plusieurs secteurs d’activité : énergie (pétrole et gaz historiquement, aujourd'hui également éolien, hydrogène, hydroélectricité et autres énergies renouvelables), mais aussi captation de CO₂ et, secteur incontournable pour une PME de chaudronnerie béarnaise, la défense. Une règle interne, précise Mickaël Holowatenko : aucun secteur ne doit dépasser 25% du chiffre d’affaires. Une stratégie de diversification destinée à lisser les cycles économiques, mais qui a toutefois montré ses limites en 2025. La conjoncture politique provoque alors un ralentissement tous azimuts de l’activité nationale. « Il ne se passait plus rien, tous les secteurs étaient impactés », décrit-il, évoquant un contexte lié notamment à l’instabilité politique. Un déclencheur pour revoir la stratégie du groupe.

L'export, pour moins dépendre de la France

Jusqu’ici, CITBA reste majoritairement tournée vers le marché français, avec une présence internationale limitée à un bureau de représentation au Congo. Une situation que le groupe souhaite faire évoluer. « Notre taux d’activité à l’export est trop faible par rapport à notre dépendance nationale », estime Mickaël Holowatenko. À l’inverse, sa filiale Infotelec, basée à Montardon, est fortement exposée à l’international, ce qui constitue « une vulnérabilité » dans un contexte géopolitique incertain.

À lire également - Vallée d'Ossau : « le déclin industriel est arrêté et nous sommes en train de remonter »

L’objectif est donc double : rééquilibrer les activités entre national et international au sein du groupe, tout en développant une présence à l'export plus structurée. « On est en train de créer une structure juridique dédiée au développement export », précise le dirigeant. Parallèlement, CITBA engage une réflexion interne avec la structuration de deux départements : un pôle engineering en amont des projets, reposant sur la montée en compétences et le recrutement, et un département export dédié.

Afrique et Moyen-Orient dans le viseur

Sur le plan géographique, l’entreprise ne se fixe pas de limites strictes, mais identifie plusieurs zones prioritaires. « Certains pays d’Afrique de l’Ouest et de l’Est, ainsi que les Émirats Arabes Unis », détaille Mickaël Holowatenko. Ces territoires présentent un potentiel important, notamment dans le domaine énergétique. « Pas uniquement sur les énergies fossiles », précise le dirigeant, en soulignant le développement des énergies renouvelables dans plusieurs pays d’Afrique de l’Est.

La stratégie de CITBA repose sur un positionnement différenciant face à la concurrence internationale, notamment chinoise. « On ne vient pas sur du volume, on en serait incapable », reconnaît Mickaël Holowatenko. L’entreprise mise plutôt sur son expertise technique. « Notre stratégie, c’est d’apporter un “petit truc en plus” », sourit-il. Cela se traduit par la fourniture d’ingénierie, la gestion de projets complexes, mais aussi par un accompagnement local en montée en compétences. Un modèle déjà éprouvé par sa filiale Infotelec, qui « apporte de l’expertise française à l’export », et que CITBA entend désormais étendre à l’ensemble du groupe.

CITBA
Siège social à Arthez-de-Béarn
120 salariés
Chiffre d'affaires : 24 millions d'euros

Sur le même sujet