TotalEnergies : des chiffres 2025 en léger repli, mais une rentabilité toujours élevée
Le centre scientifique de TotalEnergies emploie plusieurs milliers de personnes à Pau. Photo TotalEnergies.
Les résultats 2025 du groupe mettent en avant une rentabilité toujours élevée malgré la baisse des cours des hydrocarbures.
TotalEnergies a dévoilé le 11 février ses résultats annuels 2025. Malgré un recul par rapport à 2024, l’entreprise continue d’afficher des niveaux de profit très élevés. En 2025, le groupe affiche un résultat net ajusté de 15,6 milliards de dollars et un résultat net IFRS de 13,1 milliards de dollars. Il génère encore 27,8 milliards de dollars de cash-flow opérationnel (CFFO) sur l’année. Une phase de normalisation après les années exceptionnelles 2022-2023, mais TotalEnergies reste extrêmement rentable à l’échelle mondiale.
La tendance annuelle est cependant clairement orientée à la baisse. Le résultat net ajusté recule de 15 %, le résultat net IFRS de 17%, et l’EBITDA ajusté de 6%. En cause, la baisse du prix du pétrole : le Brent moyen tombe à 69,1 $/baril en 2025, contre 80,5 $ en 2024 (-14%). La performance du groupe reste solide en valeur absolue, mais le cycle pétrolier redevient moins porteur, ce qui pèse mécaniquement sur la rentabilité.
Le point fort de l’exercice 2025 est la relative résistance de la génération de trésorerie. Le CFFO ne recule que de 7 %, à 27,8 milliards de dollars, soit une baisse nettement moins marquée que celle du résultat net. Au quatrième trimestre, le groupe génère encore 7,2 milliards de dollars de CFFO, en légère progression séquentielle. Cette résilience s’explique par la hausse des volumes d’hydrocarbures (+4% sur l’année) et par la bonne tenue de certaines activités. La capacité du groupe à générer du cash reste donc robuste, malgré des prix moins favorables.
Les énergies renouvelables encore trop limitées
Principal voyant à l’orange, la dette nette de TotalEnergies atteint 20,2 milliards de dollars fin 2025, contre 10,9 milliards un an plus tôt Le gearing passe de 8,3 % à 14,7 %. Le niveau reste confortable pour une major, mais la trajectoire se dégrade dans un contexte de résultats en baisse et de retour élevé aux actionnaires (TotalEnergies annonce des dividendes de 3,40 euros par action, en hausse de 5,6% par rapport à l’année 2024.
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Les activités dites « aval » ont joué un rôle d’amortisseur majeur en 2025. La marge de raffinage européenne (ERM) bondit de 35% sur l’année, à 7,1 $/baril, et le segment « Raffinage-Chimie » voit son résultat opérationnel net ajusté progresser de 10%, à 2,38 milliards de dollars. Sans ce soutien, la baisse des résultats du groupe aurait été plus marquée, car le cœur historique du groupe est en retrait en rentabilité. Le résultat opérationnel net ajusté de la branche « Exploration-Production » chute de 16% à 8,4 milliards de dollars, et celui de la branche « Integrated LNG » recule aussi de 16% à 4,1 milliards. Pourtant, la production progresse (2,53 milliards de barils par jour en 2025, +4%), ce qui montre bien que le problème vient des prix et des marges, pas des volumes, dont la croissance ne suffit plus à compenser la baisse des prix.
La branche « Integrated Power », consacrée à la production d'électricité, continue de croître modestement, avec un résultat opérationnel net ajusté en hausse de 2 % à 2,2 milliards de dollars et un cash-flow d’environ 2,6 milliards. Le segment apporte de la stabilité au portefeuille, mais son poids reste encore trop limité pour compenser les variations du pétrole et du gaz. En termes de rentabilité du capital, l’activité électrique (ROACE ~9,7 %) reste en dessous de l’amont. Autrement dit, la diversification progresse, mais le groupe reste très dépendant des hydrocarbures.