Irouléguy, le petit vignoble de montagne du Pays basque
Plus petit vignoble de montagne de France, l'Irouléguy cultive ses 270 hectares accrochés aux pentes du Pays basque intérieur. Première AOC basque, la production séduit de plus en plus les touristes, mais doit composer avec une consommation de vin en berne, des aléas climatiques à répétition et la question de la transmission des exploitations. Placéco consacre une série à cette appellation singulière.
Il y a le piment d'Espelette, le jambon de Bayonne, connus tous deux bien au-delà des frontières du Pays basque. Et il y a l'Irouléguy, plus confidentiel, mais tout aussi ancré dans le territoire. Implanté dès le XIIe siècle par les moines de l'Abbaye de Ronceveaux pour les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, le vignoble s'étend aujourd'hui sur 270 hectares répartis entre 15 communes, sur des parcelles atteignant jusqu'à 80% de pente. Un travail souvent manuel, imposé par le relief, pour une appellation qui fut la première AOC du Pays basque, obtenue en 1970.
Mais derrière ce décor de carte postale, la filière avance sur une ligne de crête. La consommation de vin a chuté de plus de 60% dans l'Hexagone entre 1960 et 2022, selon FranceAgriMer, et les jeunes générations boudent la bouteille. Pour rebondir, les vignerons misent sur l'œnotourisme : sentiers balisés dans les vignes, ateliers de dégustation, promenades en trottinette électrique, guinguettes estivales… La boutique de Saint-Étienne-de-Baïgorry accueille désormais 30.000 visiteurs par an. « Il se passe quelque chose, la mayonnaise a pris », résume Olivier Martin, ancien président de la coopérative, déjà interrogé par Placéco sur les stratégies œnotouristiques de l'Irouléguy et du Jurançon.
L'autre grand enjeu est climatique. Grêle, mildiou, sécheresse : les trois dernières récoltes ont été chahutées, comme l'avait détaillé l'ancien président lors du bilan des vendanges 2025. Face à ces aléas, la coopérative a fait appel à un agronome conseil et refondu son système de rémunération pour mieux valoriser le travail que le volume produit — un chantier porté par le nouveau président Mattin Etcheverria, installé en 2020. Reste enfin la question de la transmission : si le Pays basque affiche l'un des meilleurs taux de reprise d'Europe, la relève des exploitations demeure une préoccupation constante.
Sommaire
1/5 Irouléguy. Quel est le poids de la filière en 2026 ?
Moins connue en dehors des frontières du Pays basque que celle du piment d’Espelette, la production des vins d’Irouléguy est pourtant bien ancrée sur le territoire. Dès le XIIe siècle, les moines de l’Abbaye de Roncevaux ont implanté un vignoble pour les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle. À partir du XVIe siècle, le vignoble s’est fortement développé.
2/5 Mattin Etcheverria, président de la Cave d’Irouléguy : « On est solidaires les uns des autres »
Parmi les viticulteurs de l’AOP Irouléguy, 28 sont aujourd’hui regroupés au sein d’une coopérative, La Cave d’Irouléguy. Mattin Etcheverria, vigneron et président, argumente en faveur de ce modèle qui permet aux vignerons de faire face aux changements, notamment climatique.
3/5 Irouléguy : « Les bons terroirs d'aujourd'hui ne seront pas nécessairement ceux de demain»
Face aux difficultés climatiques, la Cave d’Irouléguy, fait appel à Lionel Burosse, agronome conseil, pour adapter leurs pratiques. Un vrai challenge pour le futur.
4/5 Irouléguy. Comment l’œnotourisme gagne du terrain
Depuis plusieurs années, l’œnotourisme fait partie du quotidien de nombreux vignerons du Pays basque. Randonnées balisées, trottinettes électriques, guinguettes estivales dans les vignes : les vignerons d’Irouléguy multiplient les rendez-vous.
5/5 Irouléguy. Comment assurer la relève
Pérenniser la culture des vignes en Irouléguy passe par la reprise anticipée des exploitations. Face à la disparition des fermes, la question de la transmission est essentielle.