Point sur les marchés financiers : bilan 2025 et perspectives 2026
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Le mois de décembre 2025 a marqué la fin d’une année à nouveau très mouvementée, perturbée par la première année de mandat de Donald Trump qui aura généré une volatilité élevée sur les scénarii économiques, avec notamment la mise en place des droits de douane en avril dernier.
Malgré cela, les économies mondiales auront surpris par leur bonne tenue : le PIB américain aura progressé de 2%, le PIB européen de 1,4%. Même le PIB français étonne, à +0,9%.
Outre la multiplication des secousses géopolitiques, 2025 aura vu un ralentissement progressif de l’inflation permettant un assouplissement des politiques monétaires. Malgré les droits de douane, l’inflation est tombée à 2% en zone euro et bien qu’encore trop élevée aux États Unis, baisse à 2,7. La Réserve Fédérale a ainsi pu à nouveau réduire son taux directeur de 25 points de base, portant la fourchette cible à 3,50 % – 3,75 %. C’est la troisième baisse depuis septembre, reflet d’un infléchissement vers une politique plus neutre, malgré un comité particulièrement divisé (vote 9 3). Ce mouvement a été motivé par un marché du travail en décélération. La banque centrale européenne de son coté ne prévoit pas de mouvements à moyen terme : l’économie tient bien et malgré une inflation à la cible de 2%, certains membres voient encore de hausse, ce à quoi nous ne souscrivons pas.
Les marchés financiers de leur côté ont bénéficié à la fois des baisses de taux d’intérêt directeurs et de la bonne tenue des résultats d’entreprises, tirés aux Etats-Unis par les investissements dans l’intelligence artificielle pendant que les résultats européens souffraient de la forte hausse de l’Euro contre dollar US. La chute de 13% du dollar est clairement un des évènements financiers de l’année et aura surtout affecté la performance des investisseurs européens exposés à la devise. Avec un consensus penchant toujours pour une poursuite de la baisse, le dollar demeurera un élément clé pour les économies et marchés en 2026.
En décembre l’Euro Stoxx 50 progresse de 1,8% alors que le S&P 500 stagne ; l’année se termine donc sur une surperformance de l’Europe à 18% contre 16%. En Euro, la performance de S&P 500 tombe même à un maigre 3%. L’Asie, tirée par la Chine et le Japon, grimpe même de 27% en 2025.
Dans l’ensemble, l’économie mondiale aborde 2026 sur un rythme de croissance modéré, soutenu par des politiques budgétaires expansionnistes dans plusieurs grandes économies, notamment les États Unis, où les effets du budget de réconciliation se feront sentir dès cette année.
Perspectives :
Le scénario économique demeure constructif.
Aux États-Unis, la croissance attendue en 2026 est solide, à +2,1%, mais avec peu de créations d’emplois. Peu d’embauches mais également peu de licenciements permettent aux salaires de poursuivre leur progression. Les salaires réels (hausses de salaires moins inflation) sont positifs et synonymes en moyenne de gains de pouvoir d’achat. La consommation, élément central de la croissance, résiste donc. La situation est certes beaucoup plus difficile pour les bas salaires, particulièrement affectés par l’inflation, notamment alimentaire. Notons que l’économie américaine pourrait être tirée par les promesses électorales à l’approche des élections de mi-mandat en novembre prochain.
En Europe, la croissance avoisinera les 1%. Une légère amélioration de la visibilité pourrait donner un coup de pouce à la consommation alors que les taux d’épargne demeurent très élevés. Les entreprises devraient retrouver de la croissance de bénéfices, modulo l’incertitude planant autour de la parité EUR/dollar.
La géopolitique demeurera clairement omniprésente, dirigée par la course aux matières premières et la prédominance technologique – les deux étant intimement liés. Le monde se dirige vers un partage des pouvoirs entre la zone d’influence américaine (États-Unis et Amérique Latine) et chinoise, qui passera à un moment ou un autre par la prise active ou passive de Taiwan. L’Europe, à moins d’une réaction, verra sa position se dégrader à nouveau. Tant que se partage demeure tacitement accepté, l’économie s’adaptera et les marchés s’en accommoderont même si des a coups de volatilité peuvent apparaitre.
Question :
Quels sont les principaux points de vigilance pour les marchés en 2026 ?
En dehors du risque géopolitique, souvent difficile à anticiper, nous surveillerons l’évolution du marché de l’emploi aux Etats-Unis et les taux d’intérêt qui depuis quelques mois, ne baissent plus, tendus par la multiplication des émissions par les Etats et par les investissements requis dans l’intelligence artificielle. Sur le marché obligataire, les spreads ont poursuivi leur contraction, les amenant à des niveaux très bas. Sur ces niveaux, la sensibilité des titres aux secousses de marché devient plus importante, surtout sur le haut rendement. Les obligations d’émetteurs privés fournissent cependant encore des rendements très satisfaisants, compris entre 3 et 5%.
Enfin, la bonne tenue des titres cotés liés à l’intelligence artificiel sera évidemment capitale pour la bonne tenue des indices. Nous considérons toujours que les valorisations sont conformes à leurs très solides fondamentaux mais il faudra éviter les déceptions sur les plans d’investissement.
Conclusion :
Comme souvent répété ces derniers mois, tant que les entreprises voient leurs bénéfices progresser, les marchés peuvent garder une tendance moyen terme favorable. En 2026, le consensus attend 8% de croissance de bénéfices en Europe et 12% aux US. Les portefeuilles d’investissement peuvent à notre sens encore s’appuyer sur leurs deux jambes, les actions et les obligations. Nous vous remercions pour votre attention et vous donnons rendez-vous le mois prochain pour un nouveau point marchés.