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Les étapes de vie d'une entreprise 3/4. Comment la voile propulse le chantier de l’Arsenal

Inspiration
mercredi 22 avril 2026

Dans la vie d’une entreprise, chaque étape est décisive. De l’idée initiale à la transmission, en passant par la création, le développement et les moments de transition, le parcours entrepreneurial est jalonné de choix stratégiques, de défis humains et d’opportunités. À travers cette série d’articles, nous vous proposons d’explorer les grandes phases de ce cycle de vie, d’en décrypter les enjeux et de donner la parole à celles et ceux qui les vivent au quotidien.

Les étapes de vie d'une entreprise 3/4. Comment la voile propulse le chantier de l’Arsenal

Laurent Da Rold, fondateur et dirigeant du Chantier de l’Arsenal, dans son nouvel atelier qui prend ses quartiers dans un bâtiment écologique et passif. Crédits : LF

À La Rochelle, le chantier de l’Arsenal accélère son développement. Portée par la demande de bateaux à faible émission, l’entreprise investit massivement pour changer de dimension sans quitter son positionnement de niche.

À peine livré, le nouveau bâtiment bas carbone de 4.000 m² des Chantiers de l’Arsenal est déjà agrémenté d’un second hall de 3.000 m², qui sort de terre. Initialement prévue dans trois à quatre ans, cette extension a été avancée sous l’effet d’une croissance soutenue et d’une opportunité venue d’un acteur bien installé du secteur, Fountaine Pajot, qui occupera temporairement les lieux. « Très honnêtement, on n’aurait pas lancé la construction tout de suite. Il faut rester prudent quand on enchaîne une forte croissance et des investissements lourds », confie son fondateur, Laurent Da Rold. Mais la dynamique est là, et difficile à ignorer.

De l’atelier externalisé à l’outil industriel

Créé en 2015, le chantier démarre sans usine ni salariés. Pendant cinq ans, un seul bateau est produit chaque année, entièrement sous-traité. « On était une structure juridique, sans outil industriel. La fabrication était réalisée par des partenaires locaux », retrace le dirigeant. Le basculement intervient en 2020. Face à une demande en hausse et à des capacités de sous-traitance saturées, l’entreprise décide d’internaliser. Cinq ans plus tard, elle produit six unités par an, pour un chiffre d’affaires passé de 2 à 14 millions d’euros. Les effectifs suivent la même trajectoire, de six à 80 salariés. « On a connu une croissance extrêmement forte, presque violente. Aujourd’hui, on est dans une phase où on absorbe cette croissance avant de repartir », explique Laurent Da Rold.

Ce changement d’échelle s’accompagne d’un effort d’investissement conséquent. Le premier bâtiment représente près de 10 millions d’euros, financés via un montage associant fonds propres, banques (Crédit Mutuel et Crédit Agricole) et BPI. Le second ajoute 6 millions d’euros supplémentaires. « Passer d’une entreprise à petits enjeux à un projet à 10 millions d’euros, ce n’est pas la même histoire. Il faut se projeter financièrement et stratégiquement », souligne le dirigeant. L’intervention de Fountaine Pajot, qui louera le futur hall pendant deux à trois ans, a permis d’accélérer le calendrier. Une manière de sécuriser l’investissement, tout en préparant la montée en puissance.

La voile comme moteur de croissance

Si le chantier se développe, c’est aussi parce que son marché évolue. Spécialisé dans les catamarans de promenade, le Chantier de l’Arsenal se positionne sur un segment encore étroit, mais en mutation. « C’est un marché microscopique, avec peu d’acteurs, mais en croissance », résume Laurent Da Rold. Le principal moteur ? La décarbonation. « Nos bateaux sont majoritairement à voile, avec des émissions bien plus faibles que les bateaux à moteur. Aujourd’hui, des opérateurs viennent nous voir pour basculer vers ce type de solution. »

Mais l’argument environnemental ne suffit pas. « Il y a aussi tout l’imaginaire. Sur un quai, un catamaran à voile ne raconte pas la même histoire qu’un bateau à moteur. On vend aussi une expérience. » Résultat : après une phase 100% export, puis un recentrage sur le marché français pendant le Covid, l’activité se stabilise aujourd’hui à moitié en France, moitié à l’international, principalement en Europe et aux Antilles.

Anticiper les usages de demain

Au-delà de la balade touristique, le chantier explore de nouveaux débouchés. Avec sa gamme « Day One Shuttle », le chnatier naval veut se positionner sur le transport de passagers à voile. « C’est un marché encore très petit, mais on y croit fortement. » Deux bateaux sont déjà en service en Bretagne. D’autres projets sont à l’étude, dont une liaison vers la Corse. « Là, on change d’échelle. On passe de la sortie à la journée à des traversées de nuit. » Une évolution qui illustre l’ambition de l’entreprise, celle d’accompagner, voire d’anticiper une transformation plus large du transport maritime.

Reste que ce développement s’accompagne de tensions. Le recrutement, d’abord. « C’est une lutte permanente. On manque de candidats, et on dépend encore trop de l’intérim. » La capacité industrielle, ensuite, avec un site déjà utilisé à 80%. À plus long terme, l’enjeu sera aussi commercial. « Le marché n’est pas extensible à l’infini. Il faut continuer à signer. » D’ici trois à quatre ans, le chantier vise une production de dix bateaux par an et un chiffre d’affaires proche de 20 millions d’euros. Avec, en ligne de mire, un positionnement renforcé sur la voile. « Notre objectif, c’est de faire de ces catamarans à voile une référence, que ce soit pour la balade ou le transport. »

Cet article et ceux de cette série sont soutenus par un partenaire qui y appose un mot ou son expertise à la suite, sans pour autant avoir droit de regard sur l'article.

L'œil de notre partenaire expert :

Une fois une entreprise installée, il est important de réfléchir à sa pérennité dans les premières années, souvent déterminantes, et de penser aussi à son développement. Le dirigeant doit anticiper les besoins de son entreprise et assumer des choix stratégiques pour assurer sa croissance. Investir dans de nouveaux équipements, développer des produits ou services, ou encore conquérir de nouveaux marchés sont autant de chances à saisir. Au Crédit Mutuel Océan, nos conseillers professionnels analysent les besoins des entrepreneurs, de l’entreprise à son dirigeant sur l’aspect patrimonial, et formulent des propositions personnalisées selon les besoins de l’activité. Ils aident également à optimiser la gestion financière, à améliorer la rentabilité et à anticiper les risques. Grâce à notre connaissance approfondie du tissu économique local, nous mettons aussi les dirigeants en relation avec nos experts ou partenaires stratégiques pour leur développement. Avec nos conseils, les entrepreneurs ont les clés en main pour faire croître leur entreprise et faciliter son développement.

Jean-Luc BOIZARD, Responsable Expertises Opérationnelles et Hugues CHAIGNEPAIN, Responsable Crédit Mutuel Entreprises – Crédit Mutuel Océan

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