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Le parcours glacé de Denis Lavaud, fondateur de L’Angélys

Inspiration
vendredi 24 avril 2026
Le parcours glacé de Denis Lavaud, fondateur de L’Angélys

Denis Lavaud a récemment fêté les 30 ans de son entreprise. Crédit photo : VN

Parti de rien, Denis Lavaud a bâti la société L'Angélys à force de résilience, d’audace et de convictions. Entre succès en grande distribution et combat pour transmettre son entreprise familiale, retour sur son interview à l'occasion de notre évènement mensuel qui a réuni 65 adhérents.

À quel moment vous vous êtes dit : je vais faire des glaces ?
Mes parents n’avaient pas beaucoup de moyens. Je coupais des fraises et des citrons dans la cuisine et en échange on m’offrait une glace. Petit à petit, j’y ai pris goût. Ensuite, j’ai commencé à ramasser des escargots dans le jardin de mes parents, à les vendre aux voisins, puis en porte-à-porte, jusqu’à fournir des restaurants. À 9 ans, j’avais tellement de demandes que je faisais travailler mes copains. Je leur achetais les escargots 10 francs et je les revendais 20. Quand je frappais aux portes les gens n’osaient pas ouvrir. Alors je leur proposais d’installer un judas. Mon père me prêtait sa perceuse et je faisais ça moi-même. Je gagnais 50 francs d’un coup. Mais à côté, c’était plutôt l’échec scolaire.

Comment est née la société L’Angélys ?
Le «L», c’est Lavaud, et « Angélys », c’est pour ma fille Angélique. Sarah, ma deuxième fille, aime dire que le « S » c’est pour elle ! Très jeune, je disais déjà que je voulais être patron. Je voulais écrire ma vie et embarquer du monde dans cette aventure.

Comment se passent les débuts, quel a été le déclic ?
À 27 ans, j’étais responsable de l’atelier pilote mondial crème glacée chez Nestlé. Ensuite, j’ai travaillé deux ans avec un dirigeant en Île-de-France avant de créer mon entreprise à 33 ans. Je suis revenu dans ma ville natale avec un petit chariot, un canotier et peu d’argent. Je faisais les brocantes, les marchés mais ce n’était pas facile. On me repoussait souvent. J’ai dû me battre pour exister. Quand je n’arrivais plus à nourrir mes enfants, j’ai poussé les portes des grandes surfaces. Un jour, dans un Leclerc, une responsable ne voulait pas de mes glaces. Puis elle les a goûtées et elle a décidé de les référencer dans ses magasins. Ça s’est joué à rien. Au début, ce n’est pas un boom, c’est un petit démarrage. Je faisais déguster partout, même l’hiver. Aujourd’hui, 98% de notre chiffre d’affaires se fait en grande distribution.

Une commande qui change un parcours

Vous avez connu des moments très difficiles…
Oui. J’ai perdu ma maison à cause d’une caution bancaire. En 2008, j’ai vécu une période encore plus dure. J’ai même pensé au pire. Ce qui m’a aidé, c’est quelqu’un qui m’a simplement écouté, sans me juger. Ça m’a fait énormément de bien.

Comment avez-vous réussi à vous relever ?
Grâce à une commande de 100.000 euros passée par une centrale Leclerc. À l’époque, je faisais 137.000 euros de chiffre d’affaires à l’année. Cette commande a sauvé l’entreprise et les emplois. Et puis je n’ai jamais lâché. J’ai une vraie résilience.

Où en est L’Angélys aujourd’hui ?
Nous sommes 72 salariés. On propose plus de 170 parfums. Et la croissance est forte, entre 15 et 20% par an. En grande distribution, on représente 98% du chiffre d’affaires. Mes filles travaillent avec moi. Angélique est directrice artistique, Sarah directrice générale. Elle gère tout l’opérationnel. Elles apportent beaucoup, notamment sur l’environnement et le bien-être.

Et après ?
Pour leur transmettre mon entreprise, mes filles devraient payer environ 25 millions d’euros. C’est un vrai problème en France. Je me bats sur ce sujet. Quant à la retraite, je suis hyperactif, donc jamais vraiment. Mais j’ai un rêve, être assis sur un banc à Tokyo et voir des gens sortir d'une boutique avec une glace L’Angélys.

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