Dominique Batard, l’homme qui fait mousser La Cervoiserie
Dominique Batard à l’occasion d’une table ronde au Pallice Palace sur la cession et la reprise d’entreprise. Crédit photo : PallicePalaceClub_BastienHebras.
Parti d’une intuition et d’un parcours autodidacte, l’entrepreneur rochelais Dominique Batard a transformé un concept hybride en réseau national. Vingt ans après la création de La Cervoiserie, il espère porter son entreprise à la première place du marché français.
Ancien salarié dans le secteur de la bière, puis gérant d’une pizzeria saisonnière, Dominique Batard a toujours avancé par opportunité. Pour son projet d’entreprise La Cervoiserie, située dans la zone industrielle de Beaulieu, il a réuni en un seul lieu ce qu’il a observé lors de ses voyages en Belgique et en Allemagne, une cave à bières d’un côté, un bar de l’autre. En 2010, il structure son développement en franchise. Le modèle séduit, notamment en zones commerciales, où l’enseigne s’installe exclusivement. Vingt ans plus tard, La Cervoiserie compte 38 points de vente et s’appuie sur un réseau qui, selon son fondateur, constitue sa « plus grande richesse ».
Une nouvelle étape avec C10
Le véritable tournant intervient en 2023. Après la crise sanitaire, Dominique Batard prend du recul et amorce une réflexion sur l’avenir de son entreprise. La décision de céder s’impose progressivement, avec une idée en tête « sécuriser et accélérer le développement ». Le groupe C10, leader national de la distribution de boissons auprès des professionnels, apparaît comme le partenaire idéal. « Le groupe avait l’expertise du B2B, il lui manquait le B2C. Nous avons mutualisé nos forces », explique-t-il. L’opération, accompagnée par plusieurs cabinets spécialisés, marque un changement de dimension. Ressources humaines, contrôle de gestion, structuration, La Cervoiserie bénéficie désormais d’un appui solide. Dominique Batard, lui, reste aux commandes en tant que directeur général : « Dans l’opérationnel, rien n’a vraiment changé, mais la pression financière est plus apaisée ».
Fort de cette nouvelle assise, le réseau accélère. Plusieurs ouvertures sont déjà programmées, notamment à Clermont-Ferrand et Châtellerault, tandis qu’une dizaine de projets supplémentaires sont envisagés à moyen terme. L’objectif est de dépasser la cinquantaine de franchises et viser, à horizon dix ans, la première place sur le marché français. Une ambition assumée, mais conditionnée à une capacité d’innovation constante. « On ne peut pas devenir leader sans se réinventer », conclut-il.