Municipales à La Teste-de-Buch. Deux combattants et un arbitre dans le match pour le logement
Thierry Gouaichault, Patrick Davet et Marc Muret ont débattu à fleuret moucheté devant les adhérents de la FFB Gironde. Crédit : FFB
Soutien aux entreprises, logement des salariés, saisonnalité, mobilité… Ce matin, à l’invitation de Placéco et de la FFB de la Gironde, trois visions de candidats aux municipales se sont opposées, parfois avec virulence. Extraits.
Le ton est plusieurs fois monté entre le maire de La Teste-de-Buch et son opposant, ce matin. A l’invitation de Placéco et de la Fédération française du bâtiment (FFB) Gironde, trois candidats déclarés aux élections municipales à La Teste de mars prochain ont débattu sur les principaux enjeux et problèmes locaux de la filière construction. Le maire, Patrick Davet, et son opposant, Marc Muret, ont échangé à fleuret moucheté tandis que Thierry Gouaichault, ancien commandant de la base aérienne de Cazaux, se posait en troisième homme, arbitre, posé, du match se jouant autour des historiques divergences.
Les échanges s'articulent principalement autour de la crise du logement, opposant la nécessité de loger les actifs locaux à l'exigence de préservation environnementale du bassin d'Arcachon, la lutte contre la spéculation qui doit néanmoins prendre en compte la nécessité d'accueillir une économie touristique.
Logement : économie locale contre frein à l'urbanisation
Sur la thématique cruciale du logement, les visions s'opposent radicalement quant au rythme de construction nécessaire pour maintenir l'économie locale. Le maire sortant, Patrick Davet, affirme que « l'économie de notre ville passe inévitablement par le logement », alertant sur le départ des actifs et la perte de « 12 salariés sur 30 » dans certaines entreprises, faute de toit. Il défend une densification maîtrisée. À l'opposé, Marc Muret prône une rupture nette, souhaitant « construire moins et moins vite » face à la saturation des réseaux. Il propose une mesure phare pour contrer la spéculation : instaurer une « servitude de résidence principale » sur tous les futurs logements collectifs. Thierry Gouaichault, quant à lui, fixe un plafond démographique à environ 30.000 habitants et privilégie l'accès à la propriété pour les locaux via le Bail Réel Solidaire (BRS).
Environnement : densification douce ou végétalisation stricte ?
L'adaptation du bâti aux contraintes environnementales et hydrologiques du Bassin cristallise les tensions sur le Plan local d'urbanisme (PLU). Marc Muret qualifie le PLU actuel de « périmé » et propose d'imposer un « coefficient de végétalisation à la parcelle » pour favoriser l'absorption des eaux, refusant de sacrifier les « dernières poches d'espaces verts ».
À lire également - Bordeaux : quatre visions pour les municipales
Patrick Davet défend bec et ongle son bilan tout autant que son PLU en citant l'obligation de « 70% de pleine terre ». Thierry Gouaichault, tout en faisant de l'environnement sa « boussole », s'inquiète du « casse-tête » économique des nouvelles normes, estimant qu'elles engendrent des surcoûts de « 10 à 15% » qui risquent de rendre le logement inabordable.
Soutien aux entreprises et commande publique
Pour soutenir les entreprises locales du bâtiment, les candidats avancent des leviers très différents, allant de la commande publique à la dérégulation. Pour le maire sortant, le levier principal de soutien aux entreprises locales réside dans le carnet de commandes où la commande publique peut imposer un critère de localisation des entreprises dans un périmètre proche pour diminuer l'impact carbone du projet. Il insiste sur l'importance de la communication en amont des appels d'offres pour permettre aux artisans de se préparer.
A lire également : Municipales à Bordeaux. Entre « ville frugale » et « relance de l'offre », le match des candidats sur le logement et la construction
Marc Muret propose un choc de simplification réglementaire immédiat : il juge la durée d'interdiction des travaux bruyants en été (actuellement sept semaines) « excessive et pénalisante » pour l'activité de rénovation. Thierry Gouaichault prône une meilleure fluidification de l'information envers les entreprises afin qu'elles puissent plus facilement répondre aux appels d'offres, et évoque la nécessité de créer des maisons de santé.
Sur le fond, les deux visions du maire sortant et de son opposant au conseil municipal ne se sont pas apaisées, loin de là. Celle de Thierry Gouaichault se pose en troisième voie. Sur la forme, ce dernier peut aisément prendre la place, face au bras de fer de ses deux autres opposants, de la sérénité.