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Municipales 2026 : à Bordeaux, Thomas Cazenave veut être « maire partenaire des entreprises »

Écosystème
lundi 02 mars 2026

Dans le cadre des élections municipales, Placéco interroge les principaux candidats au mandat de maire de Bordeaux.

Municipales 2026 : à Bordeaux, Thomas Cazenave veut être « maire partenaire des entreprises »

Ancien ministre du Budget, Thomas Cazenave vise pour la seconde fois le principal bureau du Palais Rohan. Crédit : Cazenave 2026

Député de la Gironde et élu d'opposition à Bordeaux depuis 2020, Thomas Cazenave est une nouvelle fois sur les rangs pour ces élections municipales. Il nous expose son projet économique pour la prochaine mandature.

Quelles sont les principales mesures de votre programme sur le plan économique ?
Je propose cinq axes majeurs, à commencer par l'instauration d'un pacte de confiance bordelais fondé sur la réciprocité. Je m’engage à une stabilité fiscale totale, sans aucune augmentation d'impôts au niveau local, et à la mise en place d'une préférence aux entreprises locales pour l’achat public. Pour actionner ce levier, il faut s'assurer que l'on informe correctement tout l'écosystème local car, trop souvent, les petites structures ou celles de l'économie sociale et solidaire ne sont pas au fait de ces mécanismes. L'enjeu est de simplifier les cahiers des charges et de travailler avec les consulaires pour accompagner les entreprises locales dans leurs réponses. En échange, nous demandons un engagement concret pour nos jeunes. Je souhaite qu'elles m'aident à défendre Bordeaux et notamment la jeunesse bordelaise, car il est problématique de constater que dans certains quartiers, comme au Lac, seul un tiers des élèves accèdent à un stage de troisième. Je veux devenir le maire partenaire des entreprises afin de créer des emplois et offrir des perspectives à notre jeunesse.
Par ailleurs, nous lancerons la campagne d’attractivité « Je choisis Bordeaux ». L'idée est de ritualiser un grand rendez-vous annuel de dimension internationale, une sorte de « Choose France sauce bordelaise », pour mobiliser tout notre savoir-faire et dire aux investisseurs qu'ils peuvent venir s’installer ici. En parallèle, je mettrai nos 21 jumelages et accords internationaux au service d’une véritable diplomatie commerciale pour aider nos artisans et entreprises à conquérir de nouveaux marchés à l'export, que ce soit dans le vin, le numérique ou la santé. Enfin, nous soutiendrons l’émergence de pôles d’excellence, notamment autour de l’économie de l’eau et de l’intelligence artificielle. Il s'agit de fédérer tous les acteurs de la ville autour de quelques grandes ambitions collectives et économiques.

Comment, en tant que maire, comptez-vous travailler et renforcer le lien avec le tissu économique local ?
On ne fait pas une ville sans y associer pleinement ceux qui la font vivre. Depuis six ans, nos entreprises et nos commerçants ont trop souvent été mis devant le fait accompli. Je pense notamment aux aménagements des Allées de Tourny qui ont dégradé l’accessibilité. Est-ce qu'on fait une étude d'impact économique avant de décider de refaire une place ? Est-ce qu'on a une étude d'impact quand on change les plans de circulation ? Je refuse de procéder ainsi et je veux que le monde économique soit un partenaire au même titre que le monde associatif.
Je propose donc de nouer une relation de confiance fondée sur deux piliers. La coconstruction et la présence humaine. Je créerai un Conseil des Entreprises, instance de dialogue direct réunissant des syndicats professionnels et des chefs d’entreprise, qui sera consultée en amont de tout projet d'aménagement. Nous systématiserons les études d’impact économique pour que la ville facilite l’activité au lieu de l’entraver par des décisions dogmatiques. Mon équipe et moi-même serons des acteurs de terrain, multipliant les rencontres pour apporter des réponses concrètes aux besoins de recrutement, de sécurité et de propreté. Le rôle du maire est aussi de donner de la visibilité sur la commande publique. Mon plan ambitieux de rénovation thermique des 119 écoles et des équipements sportifs constituera une opportunité majeure de chiffre d'affaires pour nos entreprises locales. Cette décarbonation des bâtiments publics est d'ailleurs une manière très concrète de poursuivre la transition écologique sur le plan territorial.

Comment pensez-vous maintenir le tissu économique local (notamment commerce, tourisme, artisanat) dans la course dans un contexte de transition écologique et numérique ?
Nous ne gagnerons pas la bataille climatique en fermant nos frontières, mais en innovant. La transition numérique doit être un levier de performance : nous créerons un pôle d'excellence autour de l'intelligence artificielle pour accompagner nos PME dans leur transformation numérique et optimiser nos services publics, comme la propreté ou les flux de circulation. Comme Bordeaux a su devenir une place forte du numérique il y a quinze ans, elle doit aujourd'hui tirer son épingle du jeu en matière d'IA, notamment dans le secteur de la santé. Concernant l'environnement, je souhaite que Bordeaux devienne une ville pionnière du recyclage de l’eau. Aujourd'hui, nous ne réutilisons que 1% de l'eau retraitée. Demain, nous devons généraliser cet usage pour le nettoyage des rues et l'arrosage. C'est un enjeu de sobriété concret qui peut devenir un moteur de développement économique pour nos entreprises locales innovantes.
Parallèlement, notre plan de décarbonation sera pragmatique. Nous déploierons davantage de bornes de recharge électrique dans l'espace public et soutiendrons la logistique du dernier kilomètre par le fret fluvial pour faciliter les livraisons sans paralyser le centre-ville. Enfin, nous devons protéger nos commerces face à la concurrence en ligne en redonnant l’envie de venir à Bordeaux. Cela passe par l'accessibilité : j'instaurerai un moratoire sur la suppression des places de stationnement et proposerai deux heures de gratuité le week-end pour redonner de l'oxygène aux commerçants du centre-ville. Pour le tourisme, nous assumerons notre statut de métropole internationale en valorisant nos filières traditionnelles et en candidatant pour que Bordeaux devienne Capitale Européenne de la Culture, un projet fédérateur pour tous.

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