La Rochelle tient sa trajectoire bas carbone et mise sur l’effet levier économique
La Rochelle travaille au captage et à la séquestration de carbone bleu. Crédits : Christophe Bresch.
Avec une baisse de 15% de ses émissions de CO₂ depuis 2019, l’agglomération de La Rochelle revendique une transition climatique compatible avec l’activité économique locale.
Cinq ans après le lancement du programme La Rochelle Territoire Zéro Carbone, le territoire affiche une réduction d’environ 1% de son empreinte carbone. Un premier quart de chemin que le président de la Communauté d’agglomération, Jean-François Fountaine, juge conforme à la trajectoire fixée vers la neutralité en 2040. « Les politiques environnementales sont aujourd’hui des facteurs d’attractivité du territoire, notamment pour recruter des jeunes qui cherchent du sens », souligne-t-il.
L’objectif désormais est -30% d’ici 2030. Une étape qui, selon l’élu, reposera autant sur l’action locale que sur des politiques nationales structurantes, notamment en matière de rénovation énergétique et de mobilité.
Transition et activité : un binôme assumé
La stratégie climatique est pensée comme un levier de développement. La rénovation énergétique, qu’elle concerne le patrimoine public ou les logements privés, alimente l’activité du bâtiment et de l’artisanat. « La rénovation énergétique génère de l’activité et de l’emploi dans le bâtiment et l’artisanat de proximité », insiste Jean-François Fountaine. Il en veut pour preuve, les chiffres. Depuis la création de la plateforme rochelaise de rénovation énergétique, 1,5 million d’euros d’aides publiques ont permis de déclencher 17,3 millions d’euros de travaux sur le territoire, traduisant un effet multiplicateur significatif de l’investissement public.
Pour embarquer les entreprises, l’Agglomération privilégie l’accompagnement à la contrainte réglementaire. Aides financières, ingénierie, coopérative carbone ou partenariats avec la Banque des territoires constituent l’ossature du dispositif. « Les 15% atteints sont le résultat d’une addition de mesures menées par l’ensemble des acteurs du territoire », résume le président, qui assume une logique d’incitation visant l’amélioration progressive des process et des performances énergétiques. La séquestration carbone - zones humides, sols agricoles, friches urbaines - complète la réduction des émissions, sans s’y substituer.
Pour la prochaine décennie, l’enjeu est de maintenir le rythme. « Pour atteindre -30% en 2030, il faudra des politiques nationales cohérentes et un engagement fort des collectivités », prévient Jean-François Fountaine. Positionnée comme territoire démonstrateur, La Rochelle entend désormais transformer l’essai et confirmer que transition climatique et dynamique économique peuvent avancer de concert.