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Golfe de Gascogne : la pêche à l’arrêt pour un mois, la filière fragilisée

Écosystème
lundi 26 janvier 2026
Golfe de Gascogne : la pêche à l’arrêt pour un mois, la filière fragilisée

Les bateaux de pêches vont rester une nouvelle fois à quai pendant un mois dans le Golfe de Gascogne. Crédits : Pixabay

La pêche est de nouveau interdite depuis ce 22 janvier et jusqu’au 20 février 2026 dans le golfe de Gascogne afin de limiter les captures accidentelles de dauphins. Reconduite pour la troisième année consécutive, cette fermeture hivernale intervient alors que les derniers bilans scientifiques confirment une baisse marquée de la mortalité des cétacés, au prix d’un impact économique lourd pour la filière.

Depuis le 22 janvier 2026, la pêche professionnelle est de nouveau interdite dans le golfe de Gascogne jusqu’au 20 février 2026 afin de limiter les captures accidentelles de dauphins. Cette mesure, reconduite pour la troisième année consécutive, répond à une injonction du Conseil d’État et concerne principalement les fileyeurs et les chalutiers pélagiques de plus de huit mètres de longueur entre le sud de la Bretagne et la frontière espagnole. L’objectif affiché est de réduire les captures accidentelles de cétacés, particulièrement nombreuses en période hivernale.

Impact économique lourd pour la filière pêche

Pour la filière, cette fermeture constitue un nouveau coup d’arrêt. Lors de l’hiver précédent, près de 300 navires avaient été indemnisés, pour un montant total supérieur à 14 millions d’euros, auxquels s’étaient ajoutées des aides au mareyage. Les pertes économiques totales avaient été évaluées à plusieurs dizaines de millions d’euros, affectant non seulement les armements mais aussi les ports, les criées et le transport, peu ou pas compensés.

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Sur le plan environnemental, les données les plus récentes confirment un recul des captures accidentelles de dauphins. Selon le bilan scientifique de l’hiver 2024-2025, réalisé par l’Observatoire Pelagis pour le compte des pouvoirs publics, les mortalités de dauphins communs par capture sont estimées à environ 1.900 individus sur l’ensemble des côtes françaises, contre une moyenne proche de 4.700 par hiver entre 2017 et 2023. Les auteurs soulignent toutefois que l’évaluation précise de l’efficacité de la fermeture reste délicate, en raison notamment des conditions de dérive des carcasses et des incertitudes sur la date réelle des captures.

Des alternatives à l’arrêt généralisé explorées par la recherche

Ce contexte est au cœur des travaux du projet Delmoges, lancé en 2022 et piloté par Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) avec La Rochelle Université et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Le rapport publié début janvier analyse les causes de la mortalité des dauphins et explore des alternatives à l’arrêt généralisé de la pêche.

Les scientifiques confirment que l’augmentation des captures accidentelles observée depuis 2016 est principalement liée à l’évolution de la répartition des dauphins. Le réchauffement des eaux concentre leurs proies (anchois, sardines et autres poissons pélagiques) près des côtes en hiver, là où l’activité de pêche est la plus intense. Les dauphins sont alors capturés lorsqu’ils chassent activement.

Cartographie des zones à risque et pistes d’adaptation

En croisant les données sur les cétacés, leurs proies et les captures observées, les chercheurs ont identifié des zones où le risque est plus élevé. Cette cartographie pourrait permettre, à terme, de privilégier des fermetures localisées ou des adaptations des pratiques plutôt qu’un arrêt généralisé. Le rapport évoque plusieurs pistes, comme l’utilisation de répulsifs acoustiques, des changements d’engins de pêche ou des dispositifs de contrôle embarqués. Aucune de ces solutions ne fait toutefois consensus à ce stade. Les auteurs rappellent que la fermeture temporaire reste efficace à court terme, tout en appelant à poursuivre le travail collectif pour définir des mesures plus ciblées et opérationnelles pour les prochaines campagnes.

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