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Dassault Aviation accélère en 2025 : activité en forte hausse et carnet de commandes record

Écosystème
mercredi 04 mars 2026
Dassault Aviation accélère en 2025 : activité en forte hausse et carnet de commandes record

Le 4 mars 2026, Éric Trappier, Président-directeur général de Dassault Aviation a présenté les résultats annuels 2025. Crédits : Dassault Aviation

Porté par les livraisons de Rafale et la reprise de l’aviation d’affaires, Dassault Aviation publie des résultats 2025 en nette progression. Le groupe voit son activité fortement augmenter et dispose désormais d’un carnet de commandes record, qui sécurise plusieurs années de production pour sa chaîne industrielle, dont les sites d'Anglet et Mérignac.

Dassault Aviation poursuit sa montée en cadence. Le groupe industriel vient en effet de publier ses résultats financiers pour l’année 2025. Le constructeur français a enregistré un chiffre d’affaires de 7,42 milliards d’euros, contre 6,23 milliards en 2024, soit une progression d’environ 19 %. Une croissance qui s’appuie notamment sur l’augmentation des livraisons d’avions, à la fois dans le militaire et dans l’aviation d’affaires.

Le groupe a livré 26 avions de combat Rafale, contre 21 l’année précédente. Dans le même temps, 37 jets Falcon ont été remis à leurs clients, contre 31 en 2024. L’activité défense représente la plus grande part du chiffre d’affaires, avec 4,65 milliards d’euros, tandis que les Falcon génèrent 2,77 milliards d’euros.

La dynamique commerciale reste solide. Les prises de commandes atteignent 10,94 milliards d’euros, un niveau proche de celui enregistré en 2024. Le carnet de commandes du groupe s’établit désormais à 46,6 milliards d’euros, soit plus de six années d’activité au rythme actuel. Il comprend notamment 220 Rafale et 73 Falcon encore à produire.

Un carnet de commandes qui sécurise plusieurs années d’activité

Cette activité repose largement sur l’international. En 2025, 77 % du chiffre d’affaires et 89 % des commandes proviennent de l’export, tirés notamment par les contrats militaires.

L’Inde a ainsi commandé 26 Rafale destinés à sa marine, confirmant la place centrale de ce programme dans la stratégie du groupe.

La rentabilité progresse également, mais plus modestement. Le résultat opérationnel atteint 635 millions d’euros, en hausse de 22 %. La marge opérationnelle s’établit à 8,6 %, contre 8,3 % un an plus tôt.

Une situation financière solide pour soutenir la montée en cadence

La marge nette recule toutefois à 14,3 %, notamment en raison d’une surtaxe exceptionnelle sur l’impôt sur les sociétés en France.

La situation financière du groupe reste néanmoins très solide. La trésorerie disponible atteint 9,4 milliards d’euros, alimentée notamment par les acomptes versés dans le cadre des contrats Rafale à l’export.

Pour l’ensemble de la filière industrielle, ces perspectives offrent une visibilité rare. Avec plus de 15.000 salariés dans le monde, Dassault Aviation a recruté 1.579 personnes en 2025 pour accompagner la montée en cadence de ses programmes.

Des retombées pour la chaîne industrielle, dont les sites néo-aquitains

Ces perspectives concernent également les différents sites de production du groupe, dont celui d'Anglet ou Mérignac, intégrés à la chaîne industrielle de Dassault Aviation.

Pour 2026, le constructeur anticipe une nouvelle progression de son activité, avec un chiffre d’affaires attendu autour de 8,5 milliards d’euros. Cette croissance devrait être portée par la livraison de 28 Rafale et de 40 Falcon.

Ces résultats interviennent toutefois dans un contexte de tensions autour du Système de combat aérien du futur (SCAF), programme franco-germano-espagnol destiné à développer l’avion de combat européen de nouvelle génération. Lors de la présentation des résultats, le PDG de Dassault Aviation Éric Trappier a publiquement accusé Airbus de remettre en cause l’équilibre industriel du projet, estimant que « si Airbus maintient la probabilité de ne pas travailler avec Dassault, le projet est mort ». Les deux industriels s’opposent depuis plusieurs mois sur le pilotage du programme. Alors que certains évoquent désormais l’hypothèse de deux avions distincts, Emmanuel Macron continue de défendre l’idée d’un appareil commun au niveau européen. Le programme, lancé en 2017 par la France et l’Allemagne, est considéré comme l’un des projets industriels de défense les plus structurants pour les décennies à venir.

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