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Cession et transmission d'entreprises 5/5. Leire Loyatho, Elizaldia : « On reprenait un navire qui flotte et avance »

Écosystème
jeudi 02 juillet 2026
Cession et transmission d'entreprises 5/5. Leire Loyatho, Elizaldia : « On reprenait un navire qui flotte et avance »

Famille Elizaldia. Crédit photo : carolepro.com

Le cas de la transmission familiale de la ferme Elizaldia est un exemple de succès d’une telle transmission. Les trois enfants du couple fondateur ont repris l’entreprise en 2023, après avoir pris le temps de bien préparer ce passage de relais.

Parmi les exemples de transmissions réussies, on trouve celle de la ferme Elizaldia, entreprise emblématique du Pays basque qui élève des porcs, procède à la salaison et à la vente de jambon et autres produits gastronomiques. D’un petit élevage de cochons lancé par Jean-Baptiste Loyatho en 1983 à Gamarthe, la ferme est devenue en 1995 une véritable entreprise, lorsque celui-ci, diminué par un accident à l’œil, a été rejoint par son épouse, Maïté Charriton, et qu’ils ont commencé à transformer et commercialiser leurs propres produits. « Ensuite, tous les quatre ou cinq ans, ils ont doublé l’atelier et lancé de nouvelles phases d’investissement », explique Leire Loyatho, l’une des filles du couple, qui a récemment repris l’entreprise avec son frère et sa sœur. Aujourd’hui, la ferme Elizaldia élève 250 porcs par semaine, transforme sur place, participe à 13 marchés par semaine et détient six boutiques où sont vendus ses propres produits ainsi que d’autres produits locaux. Entre l’élevage, la production, la vente et la cuisine, la ferme Elizaldia a près de 90 salariés.

Préparer et consolider la reprise

Cette reprise par les enfants des fondateurs a été conclue en 2023. « Nous étions chacun arrivé dans l’entreprise à différents moments », précise Leire Loyatho. Les rôles sont aujourd’hui bien établis : Leire en production, son frère Jon s’occupe de la partie commerciale, financière et RH, et sa sœur Elena, des points de vente, avec son conjoint. « Mon père continue à cadrer la partie élevage dont la transmission n’est pas terminée, et ma mère s’occupe encore de nombreux dossiers chronophages. » Pour le montage de la transmission, la famille a été assistée par des spécialistes (experts comptables, avocats…). « La transmission a été faite par donation et nous avons bénéficié du pacte Dutreil (Le « pacte Dutreil » est un dispositif instauré par la loi du 1er août 2003 pour alléger le coût fiscal de la transmission des entreprises dans un cadre familial, à la suite d’un décès ou à une donation – ndlr), qui diminue la valeur d’imposition de trois quarts. Sans cette loi, rien qu’avec les frais (droits de mutation), la transmission n’aurait pas pu se faire », explique Leire Loyatho.

« La transmission est vraiment une procédure longue, qui s’est faite au fur et à mesure, sur des années. » Pour elle, la confiance est clé. « Une fois que l’on a prouvé que l’on gérait un domaine, nos parents nous ont fait confiance et ont délégué, après une phase de ‘conduite accompagnée’. Dans certaines familles, ce n’est pas forcément le cas. » Si ses parents sont encore impliqués, « c’est parce que ça les intéresse et qu’ils voient qu’ils apportent de la plus-value dans certains domaines, ce qui nous permet de nous concentrer sur notre cœur de métier. »

Construire sur de bonnes bases

Avant, pendant et après la transmission, la famille a fait appel à un consultant pour que tout se passe pour le mieux et communiquer de manière fluide. « Nous avons travaillé la raison d’être de l’entreprise, fait des exercices de développement personnel, des tests de personnalité, de la communication non violente… Cela nous permet d’extérioriser les problématiques, d’améliorer les relations et que chacun trouve sa place », explique la co-gérante. Pour elle, toutefois, reprendre en famille a surtout des avantages. La connaissance de la structure d’abord, et la confiance en une base solide. « On ne reprenait pas une vieille charrette, mais un navire qui flotte et avance, illustre-t-elle. Reprendre c’est difficile, mais créer c’est horrible. Nous (la deuxième génération – ndlr) ne partions pas de zéro. Chacun avait sa place, l’atelier était déjà en marche, nous avions des machines déjà payées, nous avons des réseaux… Pour les machines, je me rends compte que les choix faits par mes parents étaient les bons. Nous bénéficions de tout le passif et de l’expérience de nos parents. »

Sur ces bases solides, les nouveaux gérants ont pu continuer à développer l’entreprise : agrandir les ateliers, ouvrir une nouvelle boutique à Saint-Jean-de-Luz, refondre le site internet ou encore développer l’activité cuisine pour proposer de nombreux plats aux clients. Les ingrédients de la réussite sont aussi, selon Leire Loyatho, les mêmes que pour une entreprise classique : « Il faut s’associer avec des gens compétents. Si cela fonctionne avec mon frère, ma sœur et son mari, c’est parce-que nous sommes tous bosseurs et avons tous différentes compétences et qualités. »

Le mot de notre expert partenaire :
La transmission familiale est souvent perçue à travers le seul prisme fiscal, notamment grâce au Pacte Dutreil transmission qui permet, sous certaines conditions, de réduire très significativement le coût de transmission de l’entreprise. Cet outil constitue un levier précieux pour préserver l’intégrité du patrimoine professionnel et faciliter le passage de relais entre générations. Toutefois, la réussite d’une transmission familiale ne se résume jamais à un avantage fiscal. Une transmission réussie est celle qui prépare à la fois l’entreprise, la famille et les futurs dirigeants. L’exemple d’Elizaldia illustre parfaitement cette réalité : au-delà du bénéfice du Pacte Dutreil, la réussite de la transmission repose sur une préparation engagée de longue date, une répartition claire des responsabilités entre les membres de la nouvelle génération et une confiance progressivement construite entre cédants et repreneurs. La fiscalité doit alors être considérée comme un facilitateur au service d’un projet économique et humain cohérent, et non comme sa seule justification. Le Groupe IDOANE veille ainsi à inscrire les outils fiscaux au sein d’une ingénierie de transmission au sens large, qui ne se limite pas forcément à l’entreprise, mais englobe le cas échéant l’immobilier patrimonial, afin de préserver l’équilibre familial.
Nicole Legrand & Isabelle Ollivier - Avocats Associés - Cabinet IDOANE

Sommaire

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Cession et transmission d'entreprises 1/5. Les enjeux de la transmission d'entreprise en chiffres

Vient un temps où un chef d’entreprise doit ou souhaite cesser son activité. C’est le cas au moment de la retraite, mais cela peut également arriver tout au long de la vie de l’entreprise. La question de la transmission se pose alors. Elle peut être réalisée avec un repreneur externe, en famille ou revêtir des formes originales (transmission à des salariés comme l’a fait Emac, voire via un montage plus complexe, à l'instar d'Artzainak.

Cession et transmission d'entreprises 1/5. Les enjeux de la transmission d'entreprise en chiffres
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Cession et transmission d'entreprises 3/5. Emac, une entreprise entre les mains de ses salariés

Fin 2025, Emac, entreprise industrielle basée en périphérie de Mauléon, a été transmise par ses dirigeants à cinq de ses salariés. Une opération qui n’est pas une première pour l’entreprise déjà transmise en interne près de 20 ans auparavant.

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Cession et transmission d'entreprises 2/5. Ugo de Pellegrini, CCI Bayonne-Pays basque : « Une reprise bien réussie est une reprise bien préparée »

Lorsqu’un entrepreneur souhaite transmettre son entreprise, différentes solutions peuvent être envisagées. La CCI peut accompagner les cessionnaires ainsi que les repreneurs pour maximiser les chances de réussite de leurs projets. Le point sur ce sujet avec Ugo de Pellegrini, conseiller en financement et transmission d’entreprise à la CCI Bayonne-Pays basque.

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Cession et transmission d'entreprises 4/5. Artzainak : « Nous voulons être là dans 50 ans et dans 100 ans »

En 2025, le groupe industriel Artzainak dont le siège est situé à Mauléon a vécu une transmission particulière. Le fondateur et actionnaire majoritaire, Michel Etchebest, a fait don de ses actions à une fondation reconnue d’utilité publique. L’objectif principal : garantir la pérennité de l’entreprise sur le territoire.

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