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Vin : Univitis sécurise la vente de 30 000 hectolitres par an - Premium

Stratégie
lundi 04 octobre 2021

Mikaël Cousinet a été élu le 28 juillet dernier. Crédits : Univitis

La coopérative viticole Univitis vient de signer un contrat avec le groupe Larraqué Vins International, sécurisant 30 000 hectolitres par an. Un partenariat de bon augure pour Mikaël Cousinet, nouveau président d’Univitis, qui veut multiplier les synergies pour booster les ventes de la structure.

L’histoire d’Univitis, coopérative viticole girondine, remonte à 1984. Au départ, elle regroupe cinq coopératives, « toutes issues de l’une des premières crises viticoles en 1935 et 1936 », résume Mikaël Cousinet, président de la coopérative. Depuis 2008, les entités ont fusionné pour n’être qu’une. Aujourd’hui elle compte 165 viticulteurs, 65 salariés et 2 000 hectares de vignes. 20 % de la production se fait en blanc, majoritairement en appellation Bordeaux, avec une petite part de Bergerac.

« Normalement, nous produisons autour de 100 000 hectolitres par an, reprend Mikaël Cousinet. Cette année, on risque d’avoir entre 30 et 35 % de pertes dues au gel, au mildiou et aux mauvaises conditions climatiques pendant les vendanges. » Un tiers des bouteilles sont écoulées par la force commerciale d’Univitis, en France et à l’export ; un autre tiers regroupe de la vente en vrac et de l’embouteillage pour des clients, et enfin le dernier tiers est mis en bouteilles pour Larraqué Vins International (LVI), qui assure une stabilité à la coopérative.

Sécuriser une partie des ventes

C’est justement avec ce groupe, LVI, qu’Univitis a récemment signé un contrat pour cinq ans. Un soulagement pour les viticulteurs adhérents, car il porte sur 30 000 hectolitres vendus par an, à des prix rémunérateurs. « Le précédent accord arrivait à échéance et nous n’en avions pas d’autre pour ce nouveau millésime, récapitule Mikaël Cousinet. Après être entrés en négociations il y a un an, nous avons réussi à conclure ce gros contrat. »

Une signature qui garantit un écoulement des stocks aux viticulteurs, d’autant que ces dernières années n’ont pas été faciles, à en croire le président d’Univitis. D’abord la crise du bordelais en 2019, puis celle du Covid-19 depuis 2020… « Il nous semble qu’on voit enfin les premiers signaux de reprise, mais j’ai une seule peur, que le système se retrouve bridé. On constate des problèmes d’approvisionnement sur le verre, le carton, la hausse des tarifs un peu partout… De plus, même si l’administration Biden a levé les taxes Trump sur le vin, tout n’est pas rentré dans l’ordre. Ce n’est pas parce qu’il n’y a plus de taxes qu’on a repris nos parts de marché », rappelle Mikaël Cousinet.

90 % de certifications HVE d'ici fin 2022

Depuis trois ans, la coopérative met l’accent sur le label HVE, haute valeur environnementale, et incite ses adhérents à se tourner vers cette certification. Le président de la structure, élu le 28 juillet dernier, est lui-même certifié HVE pour ses 30 hectares de vignes. « Maintenant, c’est tous les jours qu’on pense aux efforts environnementaux, martèle-t-il. La viticulture a reçu beaucoup de commentaires négatifs mais on ne fait pas tout mal ! Par exemple dans les AOC on ne peut toujours pas implanter certains cépages résistants, qui nous permettraient pourtant de traiter dix fois mois. Simplement car il n’y a pas encore de réforme européenne de la PAC [ndlr, politique agricole commune] à ce sujet. » Selon lui, les limites économiques se font également sentir. « Aujourd’hui, quand on vend le vin à perte, il est compliqué d’investir massivement dans la transition agro-écologique. »

D’ici un an, 15 % des adhérents d’Univitis seront en conversion bio, et la coopérative espère être à 90 % de certifications HVE d’ici la fin de l’année 2020. Et en tant que nouveau président, Mikaël Cousinet veut mettre l’accent sur ce volet. « Tout n’est pas que contraignant. Il y a des choses plutôt vertueuses, qui redonnent une fierté à exercer ce métier. »

Créer plus de synergies avec LVI

D’autres sujets attendent le président d’Univitis. La transformation numérique en interne notamment, « axe majeur » de développement, pour accroître les forces de vente et la visibilité. Mais également, le renouvellement des générations. « La population adhérente et viticole est aujourd’hui vieillissante, assume Mikaël Cousinet. Elle se démobilise, par le fait de vendre et produire à perte, souvent. On voit des jeunes motivés pour s’installer, mais ils ne sont pas nombreux. Et puis, il ne faut pas que les contraintes les freinent. » Le viticulteur veut travailler sur de nouveaux modèles à inventer, pour aider la nouvelle génération à se lancer dans le métier. « On va travailler avec LVI sur cet axe, car c’est l’enjeu de demain, qui n’est peut-être pas si lointain. »

Des synergies avec Larraqué Vins International, le président de la coopérative veut en créer d’autres. Comme la mutualisation de certains achats de produits œnologiques, de cartons aussi. « Travailler en bonne intelligence » pour diviser le coût, et faire naître une certaine puissance sur les marchés. « Car si le système se grippe, les petits producteurs seront les premiers à être bloqués. » Pour autant lorsqu’on pointe les différents rapprochements avec LVI, Mikaël Cousinet reste clair : « Pour le moment, on a notre activité. En revanche, partout où l’on pourra trouver des synergies intéressantes, on les mettra en place. »

Univitis
Basée à Les Lèves et Thoumeyragues
65 salariés
CA : n. c. 
www.boutique-univitis.fr

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