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Éric Sainclair, l’actionnariat salarié au-delà du symbole

Inspiration
lundi 20 avril 2026
Éric Sainclair, l’actionnariat salarié au-delà du symbole

Eric Sainclair est également associé Team for the Planet, président de la plate-forme régionale Propuls et vice-président du Club des ETI Nouvelle-Aquitaine. Crédit : Andqo

À la tête du groupe girondin Andqo (Aqmo, Semso, Praqtis…), Éric Sainclair pilote un modèle singulier où le capital appartient exclusivement à ceux qui font battre le cœur de l’entreprise.

Pour Éric Sainclair, l’actionnariat salarié est un héritage du fondateur - Bertrand Save - qu’il a fallu adapter à la croissance du groupe, mais dont la philosophie reste immuable. « L’idée est de perpétuer cette culture d’une entreprise détenue par les gens qui bossent dedans. Ceux qui possèdent le capital connaissent leur outil de travail. Ils transpirent tous les jours pour faire tourner la boîte et en retirent les fruits », explique-t-il.

Pour orchestrer ce partage, Éric Sainclair s’appuie sur deux leviers. Un cercle restreint de cadres détient 5% des filiales, tandis qu’un emprunt obligataire « maison » est ouvert à tous les salariés pour placer leur intéressement. Ce système, qu’il qualifie d’artisanal, a nécessité de l’astuce : « La recette n’était pas sur l’étagère, il a fallu utiliser les ingrédients à notre disposition pour que le mécanisme ne nous coûte pas trop cher. » Ce dispositif est strictement lié au contrat de travail, excluant tout « actionnaire dormant ».

Un regard lucide

Plus qu’un outil financier, c’est un vecteur d’acculturation économique. En confiant leur épargne à l’entreprise, les collaborateurs changent de regard sur celle-ci : « Cela amène les salariés à se poser les bonnes questions : qu’est-ce qui fait la santé financière d’une boîte, sa pérennité ? Pourquoi distribue-t-on, ou non, des dividendes ? » Cette démarche impose au dirigeant une transparence totale : « Le fait que les gens nous confient leur épargne m’oblige à communiquer sur la santé financière. Cela permet d’avoir un niveau de compréhension, pour ceux que ça intéresse, qu’on n’aurait pas eu sinon. »

Éric Sainclair garde un regard lucide sur les limites de l’exercice. Il refuse d’y voir un remède contre le turnover : « On ne transforme pas un salarié en actionnaire simplement en lui donnant des actions. C’est un levier qui valorise l’attachement et la fidélité dans la durée, mais si ça ne “matche” pas entre l’entreprise et le salarié, l’actionnariat ne le fera pas rester. » Pour lui, l’essentiel réside dans cette « relation intime » créée entre le salarié et son entreprise, où chacun, du majoritaire au nouvel arrivant, devient un véritable acteur du projet entrepreneurial.

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