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Keenat recycle le chewing-gum et va lancer son unité de production

Engagement
mardi 09 mars 2021

20 bornes ont été installées à Bassens, Lormont, Cenon et Floirac - Photo Keenat

L’entreprise Keenat vient d’installer 20 bornes de collecte de chewing-gum sur les villes de Lormont, Bassens, Cenon et Floirac. Objectif : sensibiliser les citoyens à l'impact environnemental de ce produit, tout en initiant un travail de recyclage pour donner une seconde vie aux déchets.

Peut-être connaissez-vous Keenat pour sa première activité développée depuis plusieurs années, écoMégot. Cette société basée à Villenave-d’Ornon et agrémentée ESUS (entreprise solidaire à utilité sociale) se donne pour mission, depuis 2019, de collecter et recycler les déchets dont personne ne s’occupe, tout en sensibilisant les citoyens.

Après les mégots de cigarette, Keenat a lancé l’année dernière R’Masque pour collecter les masques chirurgicaux, et récemment, Freegum. « Nous avons commencé à travailler sur le sujet des chewing-gums en 2020 mais avec la pandémie ce n’était pas le bon moment, explique la directrice générale, Sandrine Poilpré. Nous avons finalement décidé de lancer notre solution en ce début d'année. »

Sensibiliser et collecter…

Il y a deux semaines, l’entreprise a déployé vingt bornes de collecte Freegum sur quatre villes de la Métropole, grâce à un partenariat avec Grand Projet des Villes Rive Droite. Un groupement d’intérêt public des communes de Bassens, Lormont, Cenon et Floirac. Durant six mois la solution sera expérimentée, avec des actions de sensibilisation menées à destination des habitants.

« Beaucoup de personnes pensent qu’il y a de moins en moins de consommateurs de chewing-gums, reprend Sandrine Poilpré. En réalité il s’agit du deuxième déchet le plus produit au monde, et la France est le deuxième pays consommateur. Sur le sol un chewing-gum met entre trois et dix ans à se dégrader, et 25 ans dans l’océan. Surtout ce n’est pas une matière biodégradable et elle pollue son environnement. »

…Mais pour quoi faire ?

La collecte des déchets est effectuée à vélo, puis envoyée dans un laboratoire avec lequel travaille Keenat. « Derrière la sensibilisation nous voulons donner une seconde vie aux déchets en créant une nouvelle matière, explique la directrice. Par exemple nous avons collecté plus de 10 tonnes de mégots en 2 ans et demi, et notre premier brevet a été déposé l’année dernière. Grâce au laboratoire bordelais avec lequel nous travaillons nous avons trouvé une solution pour transformer les mégots et plastique, sans utiliser d’eau ni de solvant. »

Si l’entreprise ne sait pas encore ce que deviendront les chewing-gums, Sandrine Poilpré en a déjà une petite idée. Selon elle ces déchets peuvent être transformés en une forme de plastique, et après les avoir traités (nettoyés de la salive et d’éléments chimiques nocifs), la matière pourrait être utilisée pour faire des semelles.

Une entreprise « à l’équilibre »

Pour être pérenne, Keenat propose ses trois solutions aux collectivités et structures en tous genres comme les festivals. « Nous vendons nos différentes actions, précise Sandrine Poilpré. L'installation des bornes, la sensibilisation, les collectes… » Pour aller plus loin dans son agrément ESUS, Keenat met un point d’honneur à créer de l’emploi localement. L’entreprise déploie ses solutions aux quatre coins de la France et travaille avec des structures de l’économie sociale et solidaire comme des associations de réinsertion. « Nous ne sommes pas une pompe à fric, lâche la directrice générale. Nous avons 15 salariés basés à Bordeaux et Lyon, et dans les autres villes nous essayons de mener une vraie réflexion sur le développement local. »

Une fois les déchets recyclés, la matière obtenue n’est pas vendue. Keenat souhaite que les industriels la prennent et se l’approprient, pour ne pas avoir à sourcer de nouvelles matières. Un modèle qui porte ses fruits car Sandrine Poilpré l’assure, « nous sommes à l’équilibre. » 400 structures sont clientes de Keenat, « et il n’y a presque pas assez de flux pour répondre à la demande de matières recyclées », confie notre interlocutrice.

En 2021, une première unité de transformation

D’ici juin prochain, l’entreprise inaugurera sa première usine à Villenave-d’Ornon. Environ 500.000 euros ont été investis, et Keenat a reçu le soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine. « Nous aurons enfin notre propre unité de transformation en local, se réjouit la directrice générale. Jusqu’à maintenant nous sous-traitons la production de matière, là nous pourrons le faire nous-même. »

Pour autant des réflexions sont en cours quant au transport des déchets jusqu’au site, et l’impact carbone. « Nous essayons de les valoriser localement. Par exemple dans le nord de la France les déchets sont envoyés dans une structure pour alimenter des combustibles ! Nous sommes en train de déterminer une distance maximale autour de Bordeaux pour rapatrier ces déchets. » L’entreprise souhaiterait également recruter cette année, et poursuivre le développement de son activité.

Keenat
Basée à VIllenave-d'Ornon
15 salariés
CA : n. c.
www.keenat.com

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