Salon International de l’Agriculture : face aux crises, la Nouvelle-Aquitaine fait front
Contribuant au succès populaire de l'évènement, les bovins seront absents cette année, en raison de la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC). Crédit : Salon agriculture de Nouvelle-Aquitaine
À l'approche du Salon International de l’Agriculture (SIA) de Paris, du 21 février au 1er mars prochains, la Nouvelle-Aquitaine, première région agricole d’Europe, se mobilise. Entre crises sanitaires et conjoncture économique difficile, le Conseil régional réaffirme son soutien indéfectible à une filière en pleine mutation.
Le secteur agricole fait face à des crises que le président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset, qualifie de « systémiques ». Au-delà des enjeux climatiques, c'est l'instabilité géopolitique qui pèse désormais sur les exportations régionales, notamment pour le vin et le cognac, avec le retour de Donald Trump aux États-Unis. Pour Alain Rousset, cette incertitude est un frein majeur : « Un acteur économique a besoin de stabilité pour se projeter. Or, nous traversons actuellement une période d'instabilité concernant les règles de la concurrence. » Dans ce climat, la présence régionale au Salon international de l’agriculture dans quelques jours à Paris est plus que symbolique. « Venir au salon, c'est aussi soutenir l'agriculture », martèle le président de Région.
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Sanitaire et climat : le double défi du terrain
L'actualité sanitaire frappe aussi la Nouvelle-Aquitaine. Si la région a été épargnée par certains foyers directs, elle subit les conséquences économiques des restrictions, à l'image du hall d'élevage du salon qui sera privé de ses bovins emblématiques (limousine, blonde d’Aquitaine, bazadaise et parthenaise) en raison de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). À ces crises sanitaires s'ajoutent les effets visibles du dérèglement climatique. Jean-Pierre Raynaud, vice-président de la Région en charge de l’Agriculture, de la transition agroécologique et de l’Agroalimentaire, note une fracture géographique inquiétante : « On observe une véritable rupture. Au sud de la Loire, il y a un réel décrochage en termes de rendement, lié au changement climatique et à ses conséquences. »
Budget contraint et priorités préservées
Sur le plan financier, la Région Nouvelle-Aquitaine n'est pas épargnée par l'austérité nationale et, depuis deux ans, les arbitrages se tendent quant aux crédits affectés à la filière agricole. Pour sa participation au SIA, la collectivité engage 262.000 euros de subventions directes sur un budget total de 712.000 euros. Pourtant, l'exécutif refuse de sacrifier le renouvellement des générations. « Malgré les difficultés, l'agriculture reste une priorité pour la Région. Nous avons préservé nos capacités d'intervention auprès des agriculteurs et des entreprises de Nouvelle-Aquitaine », souligne Jean-Pierre Raynaud. En deux ans, 1.604 installations de jeunes agriculteurs ont été accompagnées. De même, le plan de modernisation des élevages a été porté de 30 à 40 millions d'euros pour répondre à l'afflux des demandes.
Think tank : préparer l'agriculture de 2040
Pour sortir de la gestion de crise immédiate, la Région a lancé en 2025 un think tank dédié aux modèles de rémunération et de durabilité à l'horizon de 15 ans. Ce groupe de réflexion se concentre actuellement sur deux filières clés : la viticulture, en pleine restructuration, et la volaille, qui présente des perspectives de croissance. Un comité de pilotage se réunira d'ailleurs sur le stand de la Région le mardi 24 février pour faire avancer ces travaux prospectifs.
Au total, la Nouvelle-Aquitaine déploiera plus de 1.500m² sur le salon, entre le hall 1 (ovins, caprins, porcins) et le Hall 7, où l’ensemble des départements néo-aquitains seront représentés, pour valoriser les 311 produits sous signes officiels de qualité qui font la force économique du territoire.
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