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RTE Sud-Ouest : à l'heure actuelle, des coupures « peu probables » cet hiver

Écosystème
lundi 31 octobre 2022

Les coupures d'électricité d'excèderont pas deux heures. Photo d'illustration : Adobe Stock Egro Elkha

Lors d’une conférence organisée par la CCI Bordeaux Gironde, Jean Paoletti, directeur régional d’Enedis, et Erik Pharabod, délégué régional de RTE, ont présenté les mesures de sauvegarde en cas de tension sur le réseau électrique français. Des précisions qui ont suscité quelques inquiétudes chez les professionnels présents, inquiets pour leur activité.

« Y aura-t-il des coupures d’électricité cet hiver ? » C’est à cette question qu’ont tenté de répondre, il y a peu, Jean Paoletti et Erik Pharabod. Respectivement directeur régional Aquitaine nord d’Enedis, et délégué régional de RTE, les deux hommes étaient invités par la CCI Bordeaux Gironde lors d’une conférence ouverte au public. « Vu d’aujourd’hui, les coupures sont peu probables, rassurons-nous », a affirmé Erik Pharabod en préambule. Depuis plusieurs semaines, le Réseau de Transport d’Électricité suit la situation en temps réel, concernant la production et la consommation françaises. Et un constat s’impose déjà : la consommation d’électricité est légèrement plus faible qu’avant le Covid-19, et a tendance à baisser un peu plus encore ces derniers temps, du fait, probablement, de son prix.

L’objectif, pour les deux acteurs de l’énergie, est de croiser les hypothèses avec les données météo. Plusieurs scénarios ont été pensés selon les températures hivernales probables, et la situation géopolitique. « Dans la grande majorité des cas, si on atteint entre 1 et 5% d’économies d’électricité, on évite les coupures, a poursuivi Erik Pharabod. Le seul cas plus pénalisant serait un hiver très froid, et une situation internationale dégradée, car la baisse de consommation à atteindre pourrait aller de 10 à 15%. »

Plusieurs étapes avant le délestage

Avant une éventuelle coupure d’électricité, plusieurs leviers seront actionnés. D’abord, le dispositif EcoWatt, qui, à l’instar d’une météo, donne quotidiennement l’état du réseau. En cas de très forte tension sur le réseau, EcoWatt appellera « à la volonté choisie des entreprises, des collectivités et des particuliers pour ramener le plus possible la consommation à un niveau plus faible », a expliqué le délégué régional de RTE. Si cela ne suffit pas, le dispositif d’interruptibilité sera mis en œuvre. « Ce sont des contrats passés avec 14 grands sites industriels très énergivores, pas forcément en Nouvelle-Aquitaine d’ailleurs, pour interrompre instantanément la consommation d’un site ». Erik Pharabod s’est voulu apaisant, devant les professionnels présents, précisant que « le délestage n’est pas égal au black-out, incontrôlé. Le délestage serait ciblé, et en dernier recours seulement ».

Des interruptions connues la veille au soir

Ce délestage, entièrement automatisé, se fera sans distinction entre les entreprises, les collectivités et les particuliers. Sept échelons ont été définis, selon un principe de hiérarchisation. Si l’échelon 1 intègre les particuliers et des entreprises comme les commerces, le dernier est dit « prioritaire » et ne pourra pas subir de délestage. « Il s’agit des hôpitaux, des sites militaires stratégiques et de client prioritaires », a détaillé Jean Paoletti. Ces clients prioritaires ne peuvent excéder 38% du réseau d’électricité. Les départements concernés par les éventuelles coupures ne seront connus que la veille du délestage, « dans la soirée », sans préciser les tranches horaires concernées. De quoi interroger les professionnels présents à la conférence, qui ont exprimé leurs inquiétudes quant au manque d'anticipation de ces coupures et les conséquences sur leur activité.

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