CHU de Bordeaux (1/4). Entre innovations et rénovations
Premier employeur de Nouvelle-Aquitaine, le CHU de Bordeaux est un acteur incontournable de la filière santé. Entre un besoin d’investissements massifs dans ses propres infrastructures, que ce soit ses bâtiments ou son établissement de données de santé, et son devoir de soutien à l’innovation locale, quelle est la stratégie du centre hospitalo-universitaire ? Cette semaine, Placéco vous propose de plonger au cœur de la machine.
Chaque année, le CHU de Bordeaux accueille et prend en charge près d'un million de patients. Crédits : Fred Encuentra - Barbot Studio
Le CHU de Bordeaux, un des premiers employeurs de la région Nouvelle-Aquitaine, est l’un des centres hospitalo-universitaires les plus en pointe sur la recherche de France. En parallèle, il décroche la triste première place de structure la plus vétuste du pays.
Au CHU de Bordeaux, 15.700 professionnels s’activent jour et nuit dans les différents sites de la structure, dont les quatre principaux : les hôpitaux Saint-André, Pellegrin, Xavier Arnozan et Haut-Lévêque. « Nous sommes l’un des employeurs les plus importants de Nouvelle-Aquitaine », pose d’emblée Vincent-Nicolas Delpech. Celui qui est arrivé il y a un an et trois mois au poste de directeur général du CHU est à la tête de l’un des plus grands établissements du pays. Plus de 3.000 lits et places de jour existent pour près d’un million de patients par an. Montant du budget d’exploitation pour faire tourner la machine : 1,6 milliard d’euros chaque année.
Si 60% de cette somme sont logiquement alloués aux ressources humaines et qu’un tiers revient aux médicaments et à la pharmaceutique, 7% concernent des frais hôteliers et généraux. « 7% de plus d’un milliard, ça commence à peser », note Vincent-Nicolas Delpech. Cent-douze millions d’euros, précisément, qui reviennent à quelque 5.800 fournisseurs dont 3.000 revendiquent une adresse néoaquitaine. « Ce nombre est plutôt positif mais il ne faut pas s’y tromper, lorsqu’on passe un contrat d’énergie avec Dalkia comme nous l'avons récemment fait, ce n’est pas une entreprise locale. Pour autant, ce contrat a nécessité énormément de recrutements de gens qui, eux, travaillent sur notre territoire », commente le directeur général.
Un hôpital moteur pour l’innovation…
Ces liens que le CHU noue avec ses fournisseurs lui servent avant tout à exercer sa mission de service public et à soigner. Mais aussi à faire vivre ses laboratoires, pour nouer des partenariats d’envergure nationale ou européenne, et investir dans l’avenir. Car le centre hospitalo-universitaire de Bordeaux, outre sa forte capacité d’accueil, se positionne comme l’une des figures de proue en matière de recherche et d’innovation. « Sans compter l’AP-HP, l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, nous sommes le seul établissement à compter deux instituts hospitalo-universitaires », souligne ainsi Vincent-Nicolas Delpech. Ces IHU sont de véritables pôles d’excellence de la recherche publique française, émanant de décisions nationales.
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Ainsi, à Bordeaux, le budget dédié annuellement à l’investissement s’élève à 50 millions d’euros. « Nous avons plusieurs axes forts comme la cardiologie, les neurosciences, la santé publique, la chirurgie notamment robotique, et la cancérologie qui représente un tiers de nos séjours », égrène le directeur général.
En septembre dernier, l’Agence régionale de santé (ARS) a présenté au CHU un plan de retour à l’équilibre (PRE). En jeu, selon nos confrères de Sud Ouest : rétablir les finances de l’hôpital bordelais, déficitaire depuis cinq ans et dépassant annuellement les 20 millions d’euros. Ce plan, qui prévoit un retour à l’équilibre d’ici deux ans, entend faire économiser 30 millions d’euros d’ici 2027.
… Mais des besoins immenses de rénovation
Toute chose ayant son paradoxe, le CHU de Bordeaux est à la fois l’un des meilleurs et le plus vétuste de France. D’où la nécessité d’un plan d’investissement décennal, non plus pour rester en pole position mais pour éviter la sortie de route. Montant global prévu : 1,4 milliard d’euros pour moderniser les quatre principaux sites de l’établissement. « Ce sont des schémas d’investissement qui prennent du temps, comme toujours. On a un peu fait glisser le calendrier [ndlr, le plan d’investissement décennal était initialement prévu dès 2021] compte tenu de ces dernières années, notamment du Covid, mais ça y est, on y est, se réjouit Vincent-Nicolas Delpech. Chaque année durant dix ans, il y aura un nouveau bâtiment ou un plan de modernisation, avec une reconfiguration totale du CHU. »
Un objectif d’autant plus important à tenir en période d'instabilité géopolitique. « Nous sommes l’établissement de référence en Nouvelle-Aquitaine pour les risques au sens large. Comme ceux des autres régions, nous sommes obligés de faire le lien directement, en permanence et étroitement avec le service de santé des armées. Nous devons nous organiser pour un soutien en cas de conflit majeur », confirme Vincent-Nicolas Delpech. Qui ne compte pour autant pas lésiner sur les moyens de rester dans la course à l’innovation, notamment dans deux domaines concurrentiels et affichant plein de promesses : l’intelligence artificielle, et les données de santé.
À lire dès demain : CHU de Bordeaux (2/4). Quelle stratégie pour asseoir sa place dans l’innovation française ?
Sommaire
CHU de Bordeaux (1/4). Entre innovations et rénovations
Le CHU de Bordeaux, un des premiers employeurs de la région Nouvelle-Aquitaine, est l’un des centres hospitalo-universitaires les plus en pointe sur la recherche de France. En parallèle, il décroche la triste première place de structure la plus vétuste du pays.
CHU de Bordeaux (2/4). Quelle stratégie pour asseoir sa place dans l’innovation française ?
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