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Attractivité : en 2022, Invest in Bordeaux apparaît apaisé

Écosystème
mardi 31 mai 2022

Invest in Bordeaux a tenu son assemblée générale à la Cité du Vin. Crédits : MB

Invest in Bordeaux a accompagné en 2021, 78 dossiers d’entreprises. Un nombre en hausse, qui permet à l’agence de développement économique de retrouver des niveaux d’avant-crise, après une année 2020 marquée par la crise sanitaire – et par des dissensions entre la Ville de Bordeaux et la CCI Bordeaux Gironde.

Un an et demi après avoir failli disparaître, l’agence de développement économique Invest in Bordeaux va mieux. Et a présenté, ce mardi 31 mai, ses résultats et perspectives à venir. Après cette crise importante au dernier trimestre 2020, qui a conduit l’ancien président de la structure Lionel Lepouder à démissionner, « il a fallu maintenir l’activité, repositionner Invest in Bordeaux dans la mosaïque de ceux qui font du développement économique et de l’attractivité sur le territoire », rappelle Gérard Frut, président actuel de la structure. « Les enjeux environnementaux, sociétaux, sont devenus plus prégnants, et l’attractivité elle-même telle qu’elle était conçue jusqu’alors a été remise en question. Il était nécessaire de réinterroger le modèle de l’agence, et 2021 a été le point de départ de cette réorientation vers un développement équilibré et raisonné de l’ensemble du territoire », poursuit-il.

50% des dossiers concernent Bordeaux

Depuis un an, la priorité est ainsi donnée au développement durable et aux projets situés en dehors de la métropole bordelaise. En 2021, Invest in Bordeaux a accompagné 78 dossiers d’investissement, de l’implantation à la relocalisation, pour 2.286 emplois engendrés dans les trois ans à venir. Une activité soutenue, sur le podium des trois meilleures années depuis la création de l’agence, après 2018 et 2019. « Il y a un invariant, c’est que 50% des projets et des emplois se font dans Bordeaux intra-muros, présente William Ballue, directeur général de la structure. Avec un tropisme très tertiaire et numérique, des secteurs très pourvoyeurs d’emplois qui trouvent leur terrain de jeux dans le centre-ville. » Pour autant, l’année dernière, « l’étau s’est un peu desserré ». Ainsi, plus d’un-quart des projets concernent la Gironde, hors territoire métropolitain. « On a une vraie diversité d’activités avec des projets dans l’industrie, les biotech, l’hôtellerie, reflet d’un tissu économique diversifié », poursuit William Ballue. En termes de secteurs d’activité, le numérique a concerné un tiers des décisions prises en 2021, suivi par l’industrie-tertiaire, et la santé. « Si on décortique l’industrie, le premier secteur a été l’automobile. Cela s’explique par plusieurs projets dans le domaine des batteries, ou encore l’implantation de l’usine de Symbiose à Pugnac. » Les services ont représenté 28% des emplois, suivis de la santé et du commerce connecté.

Globalement, ce sont les PME qui ont tiré l’activité, représentant plus de 60% des dossiers accompagnés et 67% des emplois. La majeure partie des décisions ont concerné des structures de moins de 20 emplois (56%), un tiers des dossiers ont concerné des entreprises de 20 à 49 emplois, les structures de plus de 50 emplois restant minoritaires. « Dans le tertiaire, cela a été essentiellement un marché de 200 à 500 m², reprend le directeur général. Il y a eu assez peu de transactions supérieures à 1.000 m² et on le retrouve dans notre activité, car on constate une raréfaction des projets que l’on qualifie de "massivement créateurs d’emplois". » Conséquence, sans doute, de la pérennisation du télétravail, venu « brouiller les radars », notamment dans les grands groupes.

Une « prouesse » financière

Côté finances, 2021 est apparue comme une année de stabilité. Avec un budget de 1,5 million d’euros financés en grande majorité par Bordeaux Métropole (564.000 euros), par la Région Nouvelle-Aquitaine (255.000 euros), par la Ville de Bordeaux (131.000 euros), par la CCI Bordeaux Gironde (76.000 euros), et par le fonds européen Feder (374.000 euros). Invest in Bordeaux a pu bénéficier l’année dernière de 152.000 euros de recettes provenant de ses 227 entreprises adhérentes. Le résultat comptable est ainsi de 147.000 euros, « une prouesse, selon le président de la CCI Bordeaux Gironde Patrick Seguin, avec un budget très restreint et une période compliquée ». « Les chicayas que nous avons eu à une époque ont permis de mettre les choses à plat, et de décider de chasser en meute, reprend-il. Il faut qu’on y aille ensemble et non les uns contre les autres […], car nous sommes en concurrence permanente avec Nantes, Montpellier et Marseille. » Le budget prévisionnel de 2022 s’annonce ainsi identique à 2021, et Invest in Bordeaux gardera comme fils directeurs le développement économique des territoires girondins, ainsi que le développement durable. « Nous proposerons, l’année prochaine, deux nouveaux indicateurs de performance de l’agence », précise William Ballue.

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