L'humilité selon Matthieu Sarrat, directeur général de GT Solutions
Dans ce nouvel épisode de Mindset, le fondateur de Placéco Yann Buanec reçoit le directeur général de GT Solutions, Matthieu Sarrat. À la tête de l’entreprise familiale depuis fin 2019, il a affronté une reprise musclée. Entre crises économiques et transition écologique, il mise sur la proximité et la responsabilisation de ses 2.000 collaborateurs.
Prendre les rênes d'une entreprise familiale n'est pas toujours un long fleuve tranquille. Matthieu Sarrat l'a appris brutalement dès sa prise de fonction en 2019. Alors qu'il savourait un premier mois « très calme », le sol s'est dérobé sous ses pieds : une acquisition majeure a tourné au vinaigre, entraînant la perte de la moitié du fonds de commerce en une semaine. Et le nouveau patron a découvert une arme inattendue : la méditation, pratiquée à même le sol de son salon, qui lui a permis de « recréer la juste distance ». Une épreuve du feu qui a testé son tempérament patient et son goût pour le temps long.
L'humain comme carburant
Chez les Sarrat, le management n'est pas qu'une affaire de chiffres. Fidèle à l'ADN humaniste du groupe de Bassens, Matthieu Sarrat pilote une entreprise où 500 à 600 salariés sont actionnaires. « On peut être un bon salarié sans être actionnaire », tempère-t-il, mais ce modèle crée une communauté unique dans un secteur pourtant marqué par l'autonomie - voire la solitude - des conducteurs. Pour maintenir ce ciment national, il s’appuie sur le « Flash », un bulletin interne papier envoyé directement au domicile des familles depuis les années 70. L’enjeu ? Donner du sens à des métiers ouvriers durs en rappelant que livrer du béton, c’est aider un voisin à réaliser son rêve.
Le défi de la décarbonation
Le futur de GT Solutions s'écrit désormais sans gazole. « C'est le gros sujet du secteur », martèle le dirigeant qui gère une flotte de 1.400 poids lourds. Avec déjà une trentaine de camions électriques en test, le groupe fait figure de pédagogue auprès de clients parfois frileux face à un surcoût d'exploitation de 10 à 15%. Mais pour celui qui se déplace à vélo pour « écraser ses soucis sur les pédales », la trajectoire est claire. Fidèle à la devise de son grand-père, « faire mieux avant de faire plus », il prépare l'entreprise aux enjeux de 2026, entre maintenance prédictive et intégration des contraintes personnelles des salariés.
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