Portrait - Frédéric Gil, chaudronnier par vocation
Frédéric Gil, Co-gérant d'Aroc aux côtés de Sylvain Meunier. Crédits : Laurie Ferrère
Formé chez les Compagnons du devoir, Frédéric Gil dirige la Aroc en restant fidèle à son identité de chaudronnier, un métier qu’il n’a jamais quitté malgré la casquette de patron.
Entre Noël et le jour de l’An, alors que l’activité ralentit ailleurs, Frédéric Gil enfile le bleu de travail et rejoint un chantier chez l’un de ses clients de La Rochelle. « On avait cinq chantiers et quatre chefs d’équipe. Il fallait bien que quelqu’un y aille. » À 52 ans, le co-gérant d’Aroc n’a pas jamais vraiment quitté l’atelier.
Le métier, il y est entré tôt, presque par imitation. Un grand-père soudeur, un oncle chaudronnier, et l’envie de faire comme eux. Après la troisième, il part en apprentissage à Angers, CAP en poche, puis entame le tour de France des Compagnons du devoir. Huit années à voyager – Grenoble, Bordeaux, Nantes, Toulouse, Paris, Reims – et à se former jusqu’au brevet de maîtrise. « Chez les Compagnons, il faut aimer un métier au point d’en faire une passion. La mienne, c’est la chaudronnerie. »
Une identité qui façonne le modèle
La formation ne se limite pas au geste. Elle impose la vie en communauté, l’exigence technique, le déplacement permanent. « Ça ouvre l’esprit. Ça donne envie d’entreprendre. » Après avoir été formateur à son tour, Frédéric Gil crée Aroc en 2001 avec Sylvain Meunier, rencontré sur les routes du compagnonnage. Tous deux sont chaudronniers. Un détail devenu rare dans l’industrie, où les dirigeants sont souvent issus d’écoles de commerce.
Cette identité façonne son modèle. Refus de segmenter à l’excès, attachement à la polyvalence, présence régulière sur les chantiers. « Les ouvriers savent qu’on est du métier. » Dans son atelier, les machines sont numériques, les plans en 3D, mais la logique reste celle d’un métier complet : concevoir, former, assembler, souder, finir.
À l’heure de préparer sa retraite, il espère transmettre l’entreprise à d’autres chaudronniers. Fidèle à une conviction forgée il y a près de quarante ans, celle d'un métier ne se dirige bien que lorsqu’on l’a exercé.