La médiation maritime, un levier de compétitivité pour les acteurs rochelais
« La médiation transforme le conflit en méthode de travail », résume un intervenant. Crédits Photo : Adobestock
Le cabinet Fidal et le Centre de Médiation de la Mer ont réuni les acteurs du maritime à la CCI de La Rochelle pour évoquer les atouts de la médiation, un outil de plus en plus prisé pour prévenir les litiges et préserver les relations d’affaires.
Comment désamorcer les tensions sans compromettre les affaires ? C’est la question au cœur de la table ronde organisée vendredi dernier à la CCI de La Rochelle par le cabinet Fidal et le Centre de Médiation de la Mer (CMM). L’événement, destiné aux professionnels du maritime et du nautisme, a mis en lumière les atouts de la médiation comme outil de gestion du risque et de compétitivité.
Depuis la pandémie et la crise du fret maritime, les litiges se sont multipliés entre transporteurs, chantiers, affréteurs et clients. Délai de livraison, hausses de coûts, responsabilité en cas d’avarie : autant de sujets qui fragilisent les relations commerciales. « Dans un secteur interdépendant, la rupture coûte souvent plus cher que le désaccord lui-même », a résumé Jonathan Rouxel, avocat du cabinet Fidal.
Un secteur soumis à de fortes tensions
La médiation, processus confidentiel et volontaire, permet d’éviter l’escalade judiciaire. Elle offre aux entreprises la possibilité de construire des solutions sur mesure, plus rapides et moins coûteuses qu’un procès. « L’idée n’est pas de désigner un coupable, mais de trouver une issue commune, en préservant les liens économiques », a rappelé, Sophie Henry du CMM.
Le Centre de Médiation de la Mer, basé à La Rochelle, s’appuie sur un réseau de médiateurs connaissant les réalités du terrain : chantiers navals, ports, entreprises de maintenance, pêche ou énergies marines. Cette expertise « métier » permet d’aller plus vite dans la compréhension des enjeux techniques et humains. Plusieurs cas concrets ont été évoqués lors de la table ronde : un chantier naval et son bureau d’études ayant redéfini leur mode de communication après un différend, ou encore un fournisseur nautique et son client parvenus à clarifier le périmètre d’une prestation litigieuse. « La médiation transforme le conflit en méthode de travail », résume un intervenant.
Des solutions concrètes et sectorielles
Au-delà des relations commerciales, la médiation trouve aussi sa place dans les conflits d’usage en mer : pêche, transport, défense, énergies renouvelables ou biodiversité. Les participants ont rappelé les deux faces de cette réalité. D’un côté, l’échec des discussions sur les captures de dauphins, qui a conduit à un arrêté du Conseil d’État imposant des fermetures de zones, et de l’autre, la réussite de la concertation sur la pêche à la sole à la senne, après quatre ans de discussions entre professionnels européens. « Le maritime est un monde d’équilibres fragiles. La médiation est une façon moderne de gérer les désaccords, sans bloquer l’activité », a souligné un représentant du CMM.
À l’issue de la rencontre, les intervenants ont appelé les entreprises du secteur à intégrer la médiation dans leurs contrats et leurs pratiques quotidiennes. En préservant les relations commerciales et en réduisant les coûts de contentieux, elle s’impose comme un levier de compétitivité. En conclusion, « la médiation ne remplace pas le droit, elle le complète. C’est une culture de la discussion qui peut faire gagner du temps, de l’argent… et de la confiance ».