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Conjoncture économique : en Charente-Maritime, la restauration souffre

Écosystème
jeudi 30 avril 2026
Conjoncture économique : en Charente-Maritime, la restauration souffre

Gilles Desmouliers, président du Tribunal de commerce de La Rochelle et Philippe Pétorin, président de la CCI 17 à l'occasion de la restitution du bilan économique 2025 de la Charente-Maritime. Crédit photo : Camille Lecestre

Philippe Pétorin, président de la CCI de Charente-Maritime, a dressé un bilan 2025 contrasté de l'économie. Si la confiance des entreprises recule, la dynamique locale demeure globalement plus solide qu’au niveau national.

Entre janvier 2025 et janvier 2026, la confiance des chefs d'entreprise dans l’économie française a chuté de 10%. Sur le territoire rochelais, la baisse est plus contenue, autour de 2%. Un écart qui traduit une certaine résilience locale, malgré un contexte économique incertain.

Le tissu économique du territoire se caractérise par une forte domination du secteur tertiaire, qui représente près de 45% des emplois. La structure des entreprises confirme cette tendance, moins de 40% des établissements sont employeurs et une majorité d’entre eux sont de très petites entreprises, dont le nombre continue de progresser chaque année. Selon les territoires, les équilibres sectoriels diffèrent. Sur l’Île-de-Ré, le commerce domine largement (46,7%), suivi des services (39,4%) et de l’industrie (13,9%). À l’inverse, la Communauté d’agglomération de La Rochelle affiche une répartition plus équilibrée avec une prédominance des services (44,5%), devant le commerce (28,9%) et une part industrielle plus marquée (26,6%).

Des créations d’entreprises soutenues

L’année 2025 confirme une dynamique entrepreneuriale importante. On compte 1.838 créations d’établissements à La Rochelle, 213 en Aunis et 227 sur l’Île-de-Ré et 5.701 créations enregistrées au global en Charente-Maritime. 

Le revers de cette dynamique est une augmentation des difficultés des entreprises. En 2025, les procédures collectives sont en hausse : 15 sauvegardes (contre 8 en 2024) 98 redressements judiciaires (contre 89 en 2024) 203 liquidations (contre 189 en 2024).  Le président du tribunal de commerce évoque une « grosse année », marquée par une forte progression des procédures. Toutefois, le début de l’année 2026 apporte une note plus positive : quatre entreprises ont été reprises, deux ont bénéficié de plans de continuation, permettant de sauvegarder près de 200 emplois.

Par ailleurs, trois secteurs concentrent particulièrement les difficultés : l’immobilier, le commerce de détail et surtout la restauration. Ce dernier connaît une hausse inédite des défaillances au premier trimestre 2026. Face à ces tensions, les dispositifs de prévention se développent. En 2025, 200 entretiens confidentiels ont été réalisés avec des chefs d’entreprise en difficulté. Dans certains cas, ces échanges ont permis d’identifier des solutions concrètes. Parallèlement, les procédures amiables progressent. 

Autre point d’attention, le vieillissement des dirigeants. Près de 34,4% des chefs d’entreprise ont plus de 54 ans, posant la question stratégique de la transmission des entreprises dans les années à venir.

À lire également : Transmission d'entreprises, le CRA, un réseau discret qui veille sur l'emploi local

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