À La Rochelle, l’ESS entre dans la politique économique locale
La stratégie ESS de l'agglomération de La Rochelle repose sur quatre ambitions. Crédits Photo : Mathieu Vouzelaud
Un an après le lancement de sa stratégie ESS, l’Agglomération de La Rochelle affiche ses premiers résultats : 230.000 heures d’insertion réalisées et une forte mobilisation des entreprises locales.
Un an après l’adoption de sa stratégie Économie sociale et solidaire (ESS) 2024-2028, la Communauté d’agglomération de La Rochelle a présenté ses premiers résultats lors des rencontres « ESSentiel et Engagé », organisées le 18 novembre au Bio’Pôle de Léa Nature. La collectivité assume désormais l’ESS comme un véritable outil de politique économique, en s’appuyant sur un levier très opérationnel : la commande publique. Le président Jean-François Fountaine et son conseiller Pascal Sabourin ont souligné la nécessité d’une mobilisation collective pour renforcer l’impact social local. Et les chiffres attestent déjà d’un effet tangible : plus de 230.000 heures d’insertion réalisées en un an sur les marchés clausés, et près de 2 millions d’euros de salaires versés à des personnes éloignées de l’emploi.
Ces résultats ne viennent pas seulement des services de la collectivité. Ils reposent également sur l’implication d’entreprises comme Soprema, Colas, Paprec, IDverde, Suez, le Port Atlantique, ainsi que des bailleurs sociaux et de l’office public de l’habitat. Tous accueillent, forment et, dans certains cas, embauchent des personnes en parcours d’insertion. Lors de ces rencontres, plusieurs acteurs ont décrit une évolution de leurs pratiques. Le Port Atlantique mobilise ainsi les clauses sociales pour préparer ses métiers en tension, tandis que Suez intègre désormais certains salariés en insertion dans ses équipes de production.
Des tensions budgétaires qui mettent l'ESS sous pression
Plusieurs parcours mis en avant lors de la soirée illustrent l’effet concret de cette politique d’achat : Pascal Le Gallais, d’abord intérimaire sur un marché Alstom, travaille désormais dans les cuisines municipales ; Zorhab Kirakosian est passé de l’intérim d’insertion à un CDI chez Colas ; et Daniel Tesfamikael, arrivé en France sans parler français, est aujourd’hui salarié de Paprec après deux ans de montée en compétences. Ces exemples montrent que les clauses sociales ne sont pas uniquement un critère administratif mais peuvent déboucher sur des emplois durables.
En plaçant l’ESS au cœur de sa stratégie économique, l’Agglomération de La Rochelle cherche à articuler développement économique, inclusion et réponse aux besoins en main-d’œuvre. Le principal défi sera de maintenir ce niveau d’ambition dans un contexte de tensions budgétaires.