Pétrole, gaz, trading : pourquoi TotalEnergies démarre 2026 en très forte hausse
TotalEnergies a produit environ 2,55 millions de barils équivalent pétrole par jour. Photo TotalEnergies.
Porté par la hausse des prix de l’énergie et une forte activité de négoce, TotalEnergies affiche des résultats en nette progression au premier trimestre 2026. Un début d’année solide, mais étroitement lié à un contexte géopolitique incertain.
TotalEnergies démarre l’année 2026 sur un rythme soutenu. Le groupe pétrolier et gazier a publié, mercredi 29 avril, des résultats trimestriels en forte hausse, avec un résultat net ajusté de 5,4 milliards de dollars et un cash-flow de 8,6 milliards de dollars, en progression respectivement de 41 % et 20 % par rapport au trimestre précédent. Cette performance s’inscrit dans un contexte de prix élevés des hydrocarbures, alimenté notamment par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, et par une forte volatilité des marchés, dont le groupe a su tirer parti.
Des résultats portés par les prix… et le trading
Dans le détail, la progression des résultats repose avant tout sur l’environnement de marché. Le prix du Brent s’est établi à plus de 80 dollars le baril sur le trimestre, en forte hausse par rapport à la fin de l’année 2025. Cette hausse bénéficie directement aux activités d’exploration-production, dont le résultat opérationnel progresse de plus de 40 % sur le trimestre. Mais ce sont surtout les activités de négoce, pétrole comme gaz naturel liquéfié (GNL), qui tirent leur épingle du jeu dans un contexte de marchés instables. Le segment Integrated LNG, qui regroupe les activités liées au gaz naturel liquéfié, affiche ainsi une croissance de 43 % de son résultat opérationnel, portée à la fois par une hausse des volumes et par des opportunités de trading.
Autre moteur du trimestre : l’aval. Les activités de raffinage et de chimie enregistrent une forte progression, avec un résultat opérationnel multiplié par plus de cinq sur un an. En cause, un retour à un haut niveau d’utilisation des raffineries, mais aussi des marges particulièrement élevées en mars, dans un contexte de tensions sur les approvisionnements. Là encore, les activités de négoce ont contribué à la performance.
La production d’hydrocarbures du groupe reste globalement stable sur un an, à environ 2,55 millions de barils équivalent pétrole par jour. Sans l’impact du conflit au Moyen-Orient, elle aurait même progressé d’environ 4 %, grâce à la montée en puissance de nouveaux projets, notamment au Brésil et en Libye. À l’inverse, certaines interruptions de production dans la région ont pesé sur les volumes.
Du côté de l’électricité, le groupe poursuit le développement de ses capacités renouvelables, avec près de 8 gigawatts supplémentaires mis en service sur un an. Mais cette activité reste encore limitée en termes de contribution financière : le segment Integrated Power génère un résultat opérationnel d’environ 0,5 milliard de dollars sur le trimestre, bien en deçà des activités historiques.
Fort de cette performance, TotalEnergies a décidé d’augmenter de 5,9 % son premier acompte sur dividende, à 0,90 euro par action. Le groupe poursuit également ses rachats d’actions et confirme son objectif de redistribution supérieur à 40 % de ses résultats.
Une performance solide… mais dépendante du contexte
Si ces résultats confirment la robustesse du modèle intégré de TotalEnergies, ils soulignent aussi sa dépendance à l’environnement énergétique. La hausse des prix du pétrole et du gaz, ainsi que la volatilité des marchés, ont joué un rôle déterminant dans la performance du trimestre. À l’inverse, une détente des cours pourrait rapidement peser sur les résultats. Dans ses perspectives, le groupe anticipe d’ailleurs le maintien de prix élevés au deuxième trimestre, dans un contexte de tensions persistantes et de stocks mondiaux contraints.